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Les chiens du Yukon Quest sont-ils mal traités?

Un attelage de chiens en mouvement.

En tout, 26 équipes doivent prendre le départ de la 35e course Yukon Quest.

Photo : PC-AP/Sam Harrel

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La célèbre course de traîneaux à chiens Yukon Quest prendra son départ samedi, à Fairbanks, en Alaska, à l'heure où le sport fait l'objet de vives critiques relatives au traitement des chiens.
 (Nouvelle fenêtre)

Un documentaire controversé lancé l'hiver dernier sur les soins que reçoivent les chiens de traîneaux et des accusations de dopage d'une équipe de champions de la course Iditarod ont soulevé des doutes que doivent lever les organisateurs et les participants du Yukon Quest, même si l'industrie veut uniformiser les soins.

« Un traitement inhumain »

La poète pj johnson (qui écrit son nom en minuscules) tente par les médias sociaux de faire part de ses préoccupations au sujet de l'utilisation de chiens dans les courses de longue distance. D'après elle, une industrie qui entrave des chiens entraîne des souffrances inutiles. Elle donne à titre d'exemple le fait que les chiens sont attachés au bout d'une chaîne toute la journée à côté d'un bol d'eau gelée.

Une femme portant un manteau d'hiver et un chapeau de cow-boy.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La poète lauréate du Yukon, pj johnson (en minuscules), affirme avoir des préoccupations entourant les courses de traîneaux à chiens et non le mode de transport.

Photo : pj johnson

Elle affirme avoir l'appui de certains qui préfèrent se tairepour éviter les critiques d'autres Yukonnais qui considèrent le Yukon Quest comme une institution. « Je n'ai pas de problème avec le traîneau à chiens. Ma mère avait une concession de piégeage. Le traîneau à chiens est une chose, ceci est une course. »

Ces chiens ne choisissent pas de courir 1600 kilomètres. Que cette course se déroule depuis de nombreuses années ne la rend pas morale pour autant.

Une citation de : pj johnson

Des éclats sur la course

Certains activistes se sont faits plus visibles que d'autres au fil des ans. L'an dernier, au point de contrôle de Carmacks, sur la piste du Yukon Quest, Luc Tweddell, alors juge, affirme avoir été témoin d'altercations entre un activiste anti-chiens de traîneaux et des officiels de l'événement.

Il y a une personne qui est entrée au checkpoint [poste de contrôle] de Carmacks qui était vraiment anti-course, anti-chiens, puis ça s'est quand même assez mal terminé. Il a commencé à bousculer des juges, puis il a insulté les participants. Il s'est fait sortir du checkpoint finalement.

Une citation de : Luc Tweddell

Luc Tweddell, qui, cette année, participe à la course à titre de compétiteur, affirme que c'est le genre d'opposition à laquelle il s'attend : « Ça fait partie du jeu, je pense. »

« Je pense que les gens ne comprennent pas que les chiens de traîneaux, c'est ça qu'ils veulent faire. On accouple les chiens qui ont un background génétique fait pour tirer les traîneaux et s'ils ne le font pas, ils sont malheureux, affirme M. Tweddell. Leur comportement va changer et ils peuvent devenir agressifs. »

Il croit tout de même que certaines mesures pourraient être prises pour s'assurer davantage de ne pas laisser passer d'irrégularités comme dans le cas du dopage durant la course alaskienne Iditarod : « Il devrait y avoir plus de tests tout au long de la course [et] des tests de sang. »

Les règles changent chaque année

La directrice du Yukon Quest, Nathalie Haltrich, qui en est à sa troisième année à la tête du bureau yukonnais de la course, affirme que les règles sont révisées chaque année.

On a une responsabilité, au Yukon, d'être mieux que le statu quo, de réviser nos règles chaque année, avec l'intérêt des chiens en priorité. Il faut qu'on apprenne des histoires comme ça, qu'on ne les répète pas.

Une citation de : Nathalie Haltrich, directrice du Yukon, Yukon Quest

Parmi les changements de cette année figure l'examen vétérinaire des chiens dans tous les points de contrôle plutôt qu'aux seuls points de contrôle obligatoires.

L'équipe vétérinaire compte 18 membres, dont des vétérinaires, des assistants et des étudiants. Nathalie Haltrich explique qu'il s'agit d'un ratio de près de un à un parce que chaque équipe entame la course avec un maximum de 14 chiens et doit terminer le parcours avec un minimum de 9 chiens. Les chiens abandonnés pendant la course pour des blessures comme des entorses doivent obtenir un examen complet par un vétérinaire.

Chaque année toutefois, des chiens meurent durant la course. Au cours des 10 dernières années, 9 chiens ont péri pour diverses raisons comme des hémorragies, des malformations cardiaques ou des problèmes intestinaux. Certains se sont également étouffés avec de la nourriture ou de l'équipement comme des bottines. Des examens post-mortem sont effectués sur chaque cas.

Cette année, 26 équipes prendront le départ de Fairbanks, en Alaska, samedi 3 février, en direction de Whitehorse, soit 1600 kilomètres plus loin. En tout, 364 chiens seront sur la ligne de départ.

Avec les informations de Philippe Morin/CBC et Claudiane Samson/Radio-Canada

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