•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Peace Arch : la porte d’entrée des réfugiés en C.-B.

Des voitures font la file au poste frontalier de Peace Arch
Le poste frontalier de Peace Arch en Colombie-Britannique Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Selon un organisme d'établissement des immigrants de la Colombie-Britannique, 1277 demandeurs d'asile sont arrivés au Canada des États-Unis en traversant la frontière britanno-colombienne, en 2017.

Un texte de Noémie Moukanda

Parmi les 1277 personnes qui ont demandé le statut de réfugiés en Colombie-Britannique en 2017, 90 % sont traversé la frontière par le parc du poste frontalier Peace Arch sans visiter les douaniers. Ce qui représente une augmentation de 76 % par rapport à 2016.

Cette année là, ils étaient 725 immigrants à traverser la frontière qui sépare la Colombie-Britannique des États-Unis pour demander l’asile au Canada, selon ISS of BC, un organisme de services d’immigration et d’établissement.

L’organisme indique aussi le pays d’origine des demandeurs d’asile. Ces derniers proviennent majoritairement de l’Afghanistan, de l’Irak, du Mexique, de l’Iran et de la Colombie. Toutefois, les demandeurs d’asile sont originaires d’environ 29 pays, précise Chris Friesen, directeur d'établissement à ISS of BC. Mais pour être passés par le parc frontalier de Peace Arch, tous sont venus des États-Unis.

Chris Friesen dans le bureaux d'ISS of BC.Chris Friesen, directeur d'établissenent à ISS of BC Photo : Radio-Canada

M. Friesen ajoute aussi que « pour des raisons qu’ils n’ont pas encore déterminées, les immigrants provenant d’Irak et d’Afghanistan ont eu accès à des visas de visiteurs émis par les États-Unis ».

Pour la première fois, les États-Unis sont devenus le point de transition vers le Canada pour ces immigrants [venus d’Irak et d’Afghanistan].

Chris Friesen, directeur d'établissement, ISS of BC

L’entente sur les tiers pays sûrs

Autant ISS of BC que les experts en matière de réfugiés, tous expliquent cette hausse de demandes d’asile par l’entente qui existe entre le Canada et les États-Unis sur les tiers pays sûrs. Pour Peter Edelmann, avocat en droit d’immigration et des réfugiés, « c’est un accord problématique avec les États-Unis dans le sens où on reconnaît les États-Unis comme un pays sûr quand ils ne le sont pas pour le moment pour beaucoup de personnes ».

Par conséquent, toute personne qui rentre au Canada par un bureau des services frontaliers court le risque de se voir soit déportée des États-Unis soit tout simplement renvoyée dans le pays, rappellent les experts.

On voit de plus en plus de personnes qui montent des États-Unis à cause de la situation. Elles se sentent précaires aux États-Unis. C'est ça qui motive les personnes. Elles ont peur et essaient de trouver la sécurité.

Peter Edelmann, avocat spécialisé en droit d'immigration et des réfugiés
Peter Edelmann assis à son bureauPeter Edelmann, avocat spécialisé en droit d'immigration et des réfugiés Photo : Radio-Canada

« Le Canada pourrait suspendre aujourd'hui l'accord avec les États-Unis », suggère Peter Edelmann, et « les personnes pourraient passer par les portes d'entrée désignées ».

Si l'on veut garder la fiction que [les États-Unis sont] un tiers pays sûr, alors on dit [aux demandeurs d’asile] “ne venez pas à la porte d'entrée désignée, venez à côté, vous êtes éligibles pour faire la demande, mais il faut le faire à côté!”.

Peter Edelmann, avocat spécialisé en droit d'immigration et des réfugiés

L’avocat estime cette situation « ridicule », car il croit en effet que si les États-Unis, avec sa politique d’immigration plus stricte, étaient reconnus comme une menace pour les demandeurs d’asile, ces derniers pousseraient la porte d’entrée désignée sans hésitation et ne se faufileraient pas par les champs qui entourent la zone frontalière de Peace Arch.

Au vu du durcissement des politiques d’immigration américaine, ISS of BC s’attend à ce que les chiffres de 2018 soient encore plus élevés. Et dans ce contexte, Peter Edelmann ne s'étonne pas que, « légitimes ou illégitimes, ces immigrants tirent avantage des avenues de fuite qui sont disponibles pour essayer de trouver la sécurité pour eux ainsi que pour leur famille ».

Colombie-Britannique et Yukon

Nouveaux arrivants