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Les conséquences de la forte densité des orignaux sur la forêt au cœur d'une étude

Un orignal dans la forêt.

Un orignal à l'orée du bois

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le Collectif régional pour le développement (CRD) du Bas-Saint-Laurent tentera de mieux connaître les effets de la forte densité des orignaux au cours des prochains mois.

Un texte de Joane Bérubé

Le CDR a reçu une subvention de 75 000 $ pour cette étude de la densité des orignaux sur la régénération des forêts.

Des observations sur le terrain permettent de penser que la forte population d’orignaux dans certains secteurs des zones de chasse 1 et 2 (Gaspésie et Bas-Saint-Laurent) pourrait avoir des répercussions sur l’habitat de l’orignal et sur la santé future des forêts. C’est dans ces zones qu’on recense certaines des plus fortes densités d'orignaux au Québec.

Biologiste de formation, le conseiller scientifique du CRD, Laurent Gagné, explique que cette recherche permettra de mieux connaître l’alimentation de l’orignal durant la période hivernale.

L’animal est surtout friand de feuillus, mais l’hiver, lorsqu'il y a de la neige, l’orignal se tourne vers les pousses de conifères, notamment celles du sapin baumier. « Le sapin est une essence forestière très, très importante au Bas-Saint-Laurent, souligne Laurent Gagné. C’est une essence que l’industrie forestière utilise beaucoup et c’est là qu’on s’interroge sur l’importance de l’impact sur cette essence-là. »

Zones de recherche

La recherche se déroulera sur les territoires de la pourvoirie Le Chasseur, de la ZEC du Bas-Saint-Laurent, et des réserves fauniques de Rimouski et Duchénier.

Ce sont des endroits où il y a de très fortes densités d’orignaux, mais aussi avec des secteurs où il y en a moins, souligne Laurent Gagné. « Pour avoir des comparatifs, on prépare actuellement des cartes, ou une méthode d’inventaire pour cibler des secteurs à très haute densité et à moins forte densité d’orignaux », précise M. Gagné.

Un orignal femelle et son veau

Un orignal femelle et son veau

Photo : Radio-Canada / Jillian Coubrough

Les biologistes comptent ainsi plus de 30 orignaux aux 10 km carrés dans les réserves de Dunière et Matane. Selon le plan de gestion de l’orignal 2012-2019, un inventaire de la réserve faunique des Chic-Chocs à l’hiver 2010 a permis d’estimer la densité moyenne à 11 orignaux aux 10 km carrés.

Le plan souligne toutefois que les populations d’orignaux dans les réserves fauniques présentent généralement des densités supérieures au reste de la zone.

Dans le territoire de recherche, la pourvoirie Le Chasseur rapporte une densité de près de 30 orignaux aux 10 km carrés.

Diminution des peuplements favorables à l’orignal

Des recherches antérieures ont démontré que l’aménagement forestier des 40 et même des 50 dernières années a été très bénéfique pour l’orignal.

« Pour toutes sortes de raisons - la tordeuse dans les années 70-80 - il y a eu beaucoup de récoltes de bois qui ont généré beaucoup de jeunes forêts. L’orignal recherche de jeunes forêts, mais ces forêts vieillissent. Il a besoin de ces forêts-là, mais n’y trouve pas beaucoup de nourriture », explique Laurent Gagné.

Un orignal lèche le sel des voitures

Un orignal lèche le sel des voitures au parc provincial de Peter Lougheed, dans les secteurs de Chester Lake et de Burstall Pass.

Photo : CBC

Le biologiste soupçonne qu’il y aurait donc une baisse de disponibilité de nourriture et que l’animal aurait de plus en plus de difficulté à se nourrir l’hiver. « S’il y a plus d’orignaux, moins de nourriture, il y a quelque chose quelque part qui risque de sauter. Si l’orignal surbroute la régénération naturelle qui est favorable aux forêts futures, lui-même va détruire son propre habitat. », poursuit M. Gagné.

À la recherche d'un équilibre

Le chercheur explique qu’à terme, l’objectif est d’aménager la forêt pour que tout le monde puisse y trouver son compte. « L’orignal, commente le biologiste, aime les jeunes forêts où poussent beaucoup de feuillus mélangés avec du résineux. L’industrie aime les forêts matures avec des arbres plus gros. »

Il faut trouver un équilibre pour que l’orignal puisse vivre et avoir un impact économique dans la région et en ayant à la fois des retombées économiques pour la forêt aussi.

Laurent Gagné, conseiller scientifique du CRD

L’étude se déroulera au printemps, dès la fonte des neiges, jusqu’à la fin juin. Le rapport de recherche devrait être déposé à la fin 2018 ou au début 2019.

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