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  • Archives
  • Mois de l’histoire des Noirs : quelques portraits tirés de nos archives

    Boucar Diouf, à contre-jour, regardant l'horizon sur le bord du fleuve
    Boucar Diouf, se promenant sur le bord du fleuve St-Laurent, à Rimouski, dans un reportage réalisé en 2004 Photo: Radio-Canada

    « S'unir pour bâtir ensemble », c'est le thème du Mois de l'histoire des Noirs cette année. Suivant ce fil conducteur, nous avons recueilli dans nos archives quelques témoignages d'Afro-Québécois sur leur intégration dans différentes régions de la province.

    Chaque immigrant a une histoire à raconter sur son arrivée au Canada et l’accueil qu’il a reçu. Certaines ont été immortalisées à la télévision de Radio Canada. Tirés de nos archives, voici les portraits d'Amadou Cissé, Carlo Jean-Louis, Jean Alfred et Boucar Diouf.

    Amadou Cissé, du Mali au Saguenay

    Reflets d'un pays, 29 juillet 1983

    Le choc du froid revient souvent dans les témoignages d’immigrants africains. Pour Amadou Cissé, arrivé au Québec à l’automne 1974, le froid a même été source d’anxiété. Le Saguenéen d’origine malienne est interviewé dans le cadre de l’émission Reflets d’un pays du 29 juillet 1983. Il confie que s’il est maintenant habitué au climat hivernal, ses parents restés au Mali demeurent incrédules lorsqu’il leur décrit la glace sur le sol.

    Personnellement, je n’ai rencontré que des amis qui m’ont beaucoup aidé et qui ont beaucoup facilité mon intégration dans la région.

    Amadou Cissé

    Installé au Saguenay depuis près de 10 ans, Amadou Cissé a la conviction de participer à l’avancement de la région sur les plans culturel, économique et intellectuel. C’est pourquoi il a choisi d’y rester.

    Carlo Jean-Louis, d’Haïti à Sainte-Anne-des-Monts

    Le Point, 22 juin 1993

    L’émission Le Point du 22 juin 1993 s’intéresse aux enjeux des hôpitaux régionaux. Le Dr Carlo Jean-Louis, d’origine haïtienne, fait partie des médecins qui ont accepté de poursuivre leur pratique en région éloignée.

    Ce médecin-là, qu’il soit communiste, socialiste, noir, martien ou n’importe quoi, quand il arrive, s’il se comporte bien et que sa carte de visite est bonne, il est plus choyé qu’un Québécois.

    Dr Carlo Jean-Louis

    Il ne tarit pas d’éloges sur l’accueil qu’il a reçu à Sainte-Anne-des-Monts. Si les Gaspésiens sont généreux avec lui, Carlo Jean-Louis s’implique en retour beaucoup dans la communauté. Il a fondé une première équipe de soccer, dont il est le coach.

    Les jeunes gaspésiens absorbent le choc culturel avec le plus grand aplomb et beaucoup d’enthousiasme, observe le journaliste Raymond Saint-Pierre sur le terrain.

    Jean Alfred, d’Haïti à Gatineau

    Reportage du 17 décembre 1976

    Dans un reportage du 17 décembre 1976, la journaliste Raymonde Provencher s’intéresse aux événements marquants des dernières élections au Québec. L’élection de Jean Alfred dans le comté de Papineau en fait partie.

    Pierre Allard, du journal Le Droit décrit le parcours de Jean Alfred, établi depuis plus de 10 ans en Outaouais, comme celui d’un gagnant.

    D’origine haïtienne, Jean Alfred a décroché un poste d’enseignant au lendemain de son arrivée au Québec. Puis, la politique lui a souri.

    Au niveau municipal, je me suis présenté, j’ai gagné. Je me suis présenté à la convention du Parti québécois, j’ai gagné. Je me suis présenté pour le Parti québécois dans la région outaouaise et là je n’ai pas gagné, nous avons gagné.

    Jean Alfred

    Le 15 novembre 1976, Jean Alfred devient le premier Noir élu à l’Assemblée nationale du Québec.

    Boucar Diouf, du Sénégal à Rimouski

    Le territoire de l'autre, 11 septembre 2004

    Boucar Diouf est sans doute le plus célèbre des Québécois d’origine africaine!

    Dans cette entrevue tirée de l’émission Le territoire de l’autre du 11 septembre 2004, il n’est toutefois pas encore un humoriste et animateur bien connu. Il enseigne plutôt la biologie à l’Université du Québec à Rimouski et termine sa thèse sur l’adaptation de l’éperlan au froid.

    Je n’avais jamais vu autant de Blancs, raconte-t-il sur son arrivée à Rimouski. Venu directement du Sénégal, Boucar Diouf se dit heureux de s’être établi au Bas-Saint-Laurent plutôt que dans la région montréalaise. Un choix qui lui permet de s’imprégner plus en profondeur de la culture québécoise, tout en partageant la sienne.

    Tout ce que je fais à Rimouski est destiné à une chose, c’est de sentir l’Africain dans les Rimouskois tout comme je sens le Rimouskois en moi.

    Boucar Diouf

    Au moment de réaliser le reportage, Boucar Diouf entreprend ses premiers pas comme humoriste et conteur. Ce sont ses étudiants qui l’ont encouragé à participer aux auditions de Juste pour rire. Il confie sa peur de devoir tout recommencer à zéro à Montréal, alors que ses amis et sources d’inspiration sont à Rimouski.

    Ma définition de l’intégration, c’est de semer dans le milieu où on est. Et à un moment donné, la tendance va donner quelque chose d’hybride parce que c’est ça qu’on est, des hybrides culturels.

    Boucar Diouf
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