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À bientôt 350 ans, l'Opéra de Paris fait valoir sa modernité

Des gens sont assis sur les marches de l'Opéra Garnier, à Paris, en novembre 2015.

L'Opéra Garnier, à Paris

Photo : AFP / Adrien Morlent

Agence France-Presse

Le prestigieux Opéra de Paris fête la saison prochaine ses 350 ans avec un hommage marqué au grand répertoire français, de Rameau à Berlioz, sans renoncer à porter un regard « moderne » sur les œuvres. Pour son directeur Stéphane Lissner, il s'agit d'« une vitalité nécessaire ».

« Il faut être capable de rapprocher ces deux extrêmes que sont le contemporain et la tradition », souligne l'ancien patron de La Scala de Milan, autre temple de l'opéra. Stéphane Lissner annonce lundi, lors d'une soirée exceptionnelle, sa quatrième saison.

Elle sera marquée par un double anniversaire : l'ouverture de la salle Bastille il y a 30 ans (1989) et la fondation par Louis XIV en 1669 du premier opéra permanent au monde, l'Académie royale de musique, à Paris.

En 2017, après deux années plus difficiles, marquées par les attentats à Paris et les grèves liées à la Loi travail, « les voyants sont au vert », constate Stéphane Lissner.

Records en 2017

Les deux salles du Palais Garnier (2105 places) et de l'Opéra Bastille (2745 places) ont attiré durant la saison 2016-2017 plus de 859 000 spectateurs (+7 %), dont un taux record de 23 % d'étrangers.

« On a battu en 2017 un record absolu de recettes de billetterie, avec 73 millions d'euros contre 69 millions et on devrait équilibrer le budget, voire dégager un bénéfice, en dépit de la baisse de la subvention publique. »

La baisse d'environ 10 millions d'euros en 10 ans de l'apport de l'État (45 % du budget) a été plus que compensée par la hausse du mécénat, qui a atteint 15,7 millions (hors taxes) en 2017.

Pour attirer le mécénat, il faut créer l'événement. C'est pourquoi Stéphane Lissner annonce dès à présent les festivités des 350 ans de cet opéra, qui déborderont sur la saison d'automne 2019, avec plusieurs grandes expositions, dont l'une au musée d'Orsay, Degas à l'Opéra (qui voyagera à Washington), et une autre sur l'Opéra au XXe et au XXIe siècles au Centre Pompidou-Metz.

Des classiques français

Au programme de cette saison d'anniversaire, trois fleurons du répertoire français : Les huguenots, de Meyerbeer, programmé lors de l'ouverture du Palais Garnier en 1875, Les Troyens, opéra présenté pour l'inauguration de la salle Bastille en 1989, et Les Indes galantes, de Rameau, mis en scène par l'artiste contemporain Clément Cogitore.

Celui-ci devrait provoquer un électrochoc : l'an dernier, Cogitore a obtenu un grand succès sur le site Internet de l'opéra avec un film où la musique de Rameau se mariait formidablement à une danse urbaine, le krump, né dans les ghettos de Los Angeles.

Romeo Castellucci, dont le Moïse et Aaron visionnaire avait marqué le début du mandat de Lissner en 2015, s'attaquera en 2019 au meurtre de Caïn et Abel avec le très rare Primo omicidio (Le premier meurtre), de Scarlatti, dirigé par le Belge René Jacobs.

Le trublion russe Dmitri Tcherniakov s'attaquera quant à lui aux Troyens, dirigé par Philippe Jordan, et un autre enfant terrible de l'opéra, le Polonais Warlikowski, montera Lady Macbeth, de Mzensk.

On propose aussi un nouveau Don Giovanni (confié au Flamand Ivo van Hove) et une nouvelle version de La traviata, mise en scène par l'Australien Simon Stone, réputé pour ses relectures stupéfiantes de Médée ou des Trois sœurs au théâtre.

La création mondiale Bérénice, d'après Racine, sera présentée dans le cycle consacré à la littérature française, avant Le soulier de satin, de Claudel, en 2021.

Côté danse, on guettera le retour du grand chorégraphe suédois Mats Ek, qui avait juré qu'il quittait la scène, avec deux créations, dont une sur le Boléro, de Ravel.

« Chapeau, mademoiselle Dupont », lance Stéphane Lissner à sa directrice de la danse, nommée après le départ spectaculaire de Benjamin Millepied, en 2016.

Retour de la Canadienne Crystal Pite

Aurélie Dupont a relancé la tradition de présenter trois grands ballets par saison (Cendrillon, La dame aux camélias et Le lac des cygnes en 18-19) tout en invitant de nouveaux chorégraphes à collaborer, comme la Canadienne Crystal Pite, qui avait séduit le public la saison dernière avec The Season's Canon et revient la saison prochaine.

Le prestigieux Palais Garnier abritera aussi pour la première fois (le 26 décembre 2019) une bataille de hip-hop, conçue en collaboration avec la plus grande compétition internationale organisée en France, le Juste debout.

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