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Après un cancer, les patients laissés seuls avec leurs souffrances

Une patiente souffrant du cancer se repose après un traitement de chimiothérapie.

Les patients ne parlent pas tous avec leur médecin de famille de leurs souffrances après un traitement de chimiothérapie.

Photo : iStock

Radio-Canada avec La Presse canadienne

Les effets secondaires physiques et psychologiques des personnes malades du cancer ne sont pas traités de façon adéquate, en particulier après la fin des traitements contre la maladie elle-même, déplore un rapport publié lundi par un organisme national de lutte contre le cancer.

Une réalité difficile qu’a connue l’Albertaine Charlotte Kessler, qui a subi son dernier traitement de chimiothérapie en novembre 2015, pour un cancer du cerveau, diagnostiqué quand elle avait 32 ans.

Aussi surprenant que ça puisse sembler, le plus dur, ça a été après le traitement.

Charlotte Kessler, survivante du cancer

Le traitement a eu un effet néfaste sur sa santé physique et mentale, ce qui l’a rendue incapable de reprendre son travail. « Il y a des jours où je suis trop fatiguée pour faire les choses que je pense que je devrais faire pour ma famille ou pour moi », raconte-t-elle. « Mais je ne peux pas. »

Charlotte Kessler dit qu’il lui a fallu plus de huit mois pour rencontrer un psychologue au centre de cancérologie Tom Baker Cancer, de Calgary.

« Nous faisons de grands progrès pour traiter la maladie, avoir les bons médicaments, les bons tests. On s’améliore sans cesse, mais on doit apprendre à traiter les patients comme des personnes », estime-t-elle.

C'est la conclusion à laquelle est aussi parvenu le Partenariat canadien contre le cancer, qui estime que le cancer lui-même est bien soigné au Canada.

Peur de la récidive

Toutefois, son rapport ajoute que sept patients sur dix ont indiqué avoir éprouvé des difficultés psychologiques après la fin du traitement, ressentant surtout la peur d’une récidive et de la dépression.

Huit patients sur dix ont indiqué avoir éprouvé des difficultés physiques après la fin du traitement. La fatigue accrue, des changements relatifs à l’activité sexuelle et des répercussions sur la fertilité étaient leurs plus grandes préoccupations.

Plus du tiers des patients qui ont consulté pour répondre à leurs plus grandes préoccupations expliquent avoir attendu trop longtemps avant de recevoir de l’aide, ou ne pas en avoir obtenu.

Un patient sur quatre a indiqué ne pas être satisfait du soutien psychologique reçu pendant les soins ambulatoires en oncologie.

Manque de discussions

Le rapport signale que jusqu’à un patient atteint de cancer sur cinq a mentionné que personne n’avait discuté avec lui des différentes options de traitement pour son cancer.

De plus, selon jusqu’à un patient sur quatre a signalé que ses fournisseurs de soins n’ont pas pris en compte ses préoccupations liées aux déplacements pendant la planification du traitement.

Le Partenariat canadien contre le cancer appelle à plus de collaboration entre les gouvernements provinciaux, les organismes et programmes de lutte contre le cancer et d’autres secteurs de la santé pour établir des outils qui permettront aux patients de signaler à leur médecin, en temps réel, les détails de leurs symptômes.

Les médecins pourront ensuite se servir de cette information pour orienter rapidement les patients vers des thérapeutes ou d’autres services où leurs symptômes pourront être pris en charge.

Alberta

Cancer