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Meurtre de Tina Fontaine : des enregistrements sonores seront soumis comme preuves

Le visage, en gros plan, d'un homme aux cheveux grisonnants mi-longs.

La police de Winnipeg a prélevé en avril un deuxième échantillon d'ADN sur Raymond Cormier, accusé du meurtre de Tina Fontaine, une adolescente trouvée sans vie dans la rivière Rouge en août 2014.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'homme accusé d'avoir tué Tina Fontaine envisageait d'avoir une relation sexuelle avec l'Autochtone de 15 ans, quelques jours avant que le corps de l'adolescente ne soit retrouvé dans la rivière Rouge, a appris un tribunal de Winnipeg, lundi.

Dans son allocution d’ouverture du procès très attendu, le procureur de la Couronne, James Ross, a indiqué à un jury de quatre hommes et de huit femmes qu’ils entendront des enregistrements soumis comme preuves impliquant Raymond Cormier comme responsable du meurtre de Tina Fontaine, qui remonte à 2014.

La découverte du corps de Tina Fontaine a choqué toute la communauté autochtone. Elle a attiré l’attention nationale et a mené au déclenchement de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.

Bien qu’il soit originaire du Nouveau-Brunswick, l’homme de 55 ans a vécu quelques années à Winnipeg. Il a été arrêté par la police de Vancouver en décembre 2015 et accusé du meurtre au second degré de l'adolescente plus d’un an plus tard.

Le procureur Ross a informé les jurés qu’ils écouteront, au cours du procès de cinq semaines, un appel téléphonique où Raymond Cormier est censé avoir dit qu’il espérait coucher avec la jeune Autochtone durant une soirée, mais qu’elle s’était présentée avec son petit ami.

L’accusé aurait dit que l'adolescente est morte parce que quelqu’un ne voulait pas qu'on dise de lui qu'il était un pédophile, a affirmé le procureur à propos de l’un des éléments de preuve sonores.

« Tina Fontaine a été tuée parce que, nous... j’ai découvert, qu’elle avait 15 ans », a déclaré James Ross, en lisant d’une transcription de l’enregistrement téléphonique en question.

Des preuves circonstancielles

La Couronne a également fait entendre au jury un appel, fait au service 911, le 6 août 2014, soit deux jours avant la disparition de l’adolescente. Sur l’enregistrement sonore, on entend la voix de Tina qui tente de signaler le vol d’un camion par son ami, « Sebastian », soit l’un des noms d'emprunt utilisés par Raymond Cormier, selon James Ross.

« C’est mon ami et c’est lui qui l’a volé plus tôt aujourd’hui », dit la jeune voix au répartiteur, qui lui conseille de communiquer avec le service de police régulier et non avec les services d’urgence.

M. Ross a informé le tribunal que, lors de sa découverte, le corps de Tina Fontaine était enveloppé dans une housse de couette qui avait été vendue à une centaine d'exemplaires à Winnipeg. Une enquête menée par la police a déterminé que Tina Fontaine et l'accusé avaient tous deux une housse de ce type.

Le corps de l’adolescente a aussi été transporté dans un véhicule qui avait été volé par M. Cormier, selon le procureur.

Dans son discours d’ouverture, James Ross a toutefois dit aux membres du jury qu’il n’y avait pas de témoin direct de l’acte criminel, ni de preuve génétique liant directement Raymond Cormier à la mort de Tina Fontaine.

Pour sa part, M. Cormier maintient qu'il est innocent.

Fragilité de l’adolescente

Au moment de sa mort, Tina Fontaine était sous la protection des Services à l'enfance et à la famille du Manitoba.

Elle s’était enfuie de chez elle, dans la Première Nation de Sagkeeng, le 1er juillet 2014, pour se rendre à Winnipeg.

Alors que l’adolescente était sous la responsabilité de l’État, elle a été placée à l’hôtel Best Western Charterhouse, au centre-ville, avant de quitter l’immeuble le 9 août. Son corps sans vie a été retrouvé huit jours plus tard.

Le visage, en gros plan, d'une adolescente. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le corps de Tina Fontaine a été trouvé dans la rivière Rouge enveloppé dans une housse de couette en août 2014.

Photo : Radio-Canada

« C’est une petite fille, elle venait d’avoir 15 ans et elle s'est retrouvée dans la ville », a déclaré le sergent John O’Donovan, du Service de police de Winnipeg lors d’une conférence de presse en 2014.

« Nous savons qu’elle était prise en charge et qu’elle se rebellait, a-t-il ajouté. À 15 ans, je suis certain qu’elle ne réalisait pas le danger dans lequel elle se mettait. »

Pour la députée néo-démocrate de St. Johns, Nahanni Fontaine, les propos du sergent O’Donovan ont démontré une rupture avec la perception négative que les gens ont des femmes et des filles autochtones.

« En temps normal, on entendrait des gens dire : ''Elles se sont mises en danger ou encore ce sont des travailleuses du sexe ou même d’autres réponses insignifiantes qui n’ont rien à voir avec le fait que quelqu’un a disparu'' », croit la députée.

« M. O’Donovan a défendu la cause des Autochtones et a permis au public de considérer Tina comme si elle était leur propre fille », ajoute Nahanni Fontaine.

Changements depuis la mort de Tina Fontaine

La mort de Tina Fontaine a suscité des actions locales pour prévenir des décès similaires et résoudre d'anciens cas de personnes disparues.

Le groupe de citoyens Bear Clan Patrol a, par exemple, a été relancé en février 2015.

Sa mort a également déclenché une révision du programme de logement d'urgence du Service à l'enfance et à la famille pour les jeunes à risque. Ce dernier permettait l’installation de jeunes dans des hôtels lorsqu’il n’y avait plus de place dans des foyers d'accueil.

« À l’époque, comme la plupart des gens s’en souviendront, une enquête nationale n’était même pas à l’ordre du jour. Il y a donc eu des changements », soutient Nahinni Fontaine.

Elle rappelle toutefois qu’il y a un grand nombre de cas de femmes et de filles autochtones disparues et assassinées qui ne sont toujours pas résolus.

Enquête nationale sur les femmes autochtones disparues et assassinées

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