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Après 32 ans de service, une famille d'accueil de Victoriaville jette l'éponge

Nicole Chandonnet et Pierre Allard dans leur salle à manger.

En 32 ans, Nicole Chandonnet et Pierre Allard ont accueilli chez eux 32 jeunes.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Après avoir accueilli chez eux 133 enfants en 32 ans, un couple de Victoriaville a cessé d'offrir ses services de famille d'accueil en 2017. Épuisés, ils déplorent les relations difficiles avec la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) de la Mauricie-Centre-du-Québec.

Au cours des cinq dernières années, Nicole Chandonnet et Pierre Allard disent avoir vu se multiplier des notes à leur dossier et racontent qu'ils ont fait face à des paroles blessantes de la part de représentants de la DPJ, ce qui n'avait jamais été le cas. Ils ont senti qu'on s'acharnait sur eux.

Dans la foulée de l’annonce d’une enquête systémique menée en ce moment à la Direction de la protection de la jeunesse Mauricie-Centre-du-Québec, et un jugement blâmant l'organisation, le couple de Victoriaville sentait le besoin de raconter son histoire.

Une source de stress

Nicole Chandonnet se souvient de rencontres avec des intervenantes qui l’ont particulièrement blessée.

« C’est pour nous dire, par exemple : " Mme Chandonnet, vous n’aimez pas les enfants, vous faites ça pour l’argent ". Pendant 32 ans et demi, j’ai fait ça pour l’argent? »

Elle affirme que le stress de ces événements l'a rendue malade. Elle a fait deux embolies pulmonaires en peu de temps. Le doute, le stress et les remises questions ont alors pris toute la place.

« Tu te dis " est-ce que je continue dans ce domaine-là pour toujours me faire rentrer dedans? " »

— Une citation de  Nicole Chandonnet
Nicole Chandonnet de la journaliste Marie-Pier Bouchard.
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En 2013, Nicole Chandonnet faisait visiter sa maison et parlait de son rôle de famille d'accueil avec enthousiasme.

Photo : Radio-Canada

« Tu ne sais jamais ce qui va se passer. Est-ce qu’ils vont te punir? C’est un stress. »

— Une citation de  Pierre Allard, conjoint de Nicole Chandonnet

Une décision de la DPJ incomprise

À la suite de ses problèmes de santé, Nicole Chandonnet a demandé une pause de trois mois, mais s'engageait à garder les enfants d'une fratrie jusqu'à la fin de l'année scolaire pour bien préparer leur transition. La demande a été refusée et les trois enfants ont été retirés de la famille.

C'est la goutte qui a fait déborder le vase pour Nicole et Pierre, qui n'ont pas compris cette décision. D'ailleurs, le juge Jacques Rioux blâme la DPJ régionale dans un jugement rendu le 31 août.

« Une personne de la Direction de la protection de la jeunesse a décidé unilatéralement de sortir un enfant d'une famille d'accueil dans laquelle elle vivait depuis environ neuf ans et sans même consulter l'enfant. »

— Une citation de  extrait du jugement

La directrice du programme jeunesse-famille au CIUSSS-MCQ, Nathalie Garon, admet que les familles d'accueil ont pu constater que leur rôle s'est transformé.

« Au cours des dernières années, on a revu certaines façons de fonctionner pour l'ensemble du Québec sur nos exigences. Ça peut amener certaines familles d'accueil à trouver leur rôle un peu plus difficile dans ce contexte-là. »

— Une citation de  Nathalie Garon, directrice du programme jeunesse-famille, CIUSSS-MCQ
Nathalie Garon, directrice du programme jeunesse-famille au CIUSSS-MCQ
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Nathalie Garon, directrice du programme jeunesse-famille au CIUSSS-MCQ

Photo : Radio-Canada

Elle assure cependant que le CIUSSS travaille en collaboration avec les 560 familles d'accueil qui hébergent quelque 900 enfants dans la Mauricie et dans le Centre-du-Québec.

Une autre critique

La présidente de la Fédération des familles d'accueil et ressources intermédiaires du Québec, Geneviève Rioux, déplore elle aussi les façons de faire de la DPJ Mauricie-Centre-du-Québec.

« On ouvre notre cœur, notre maison, notre famille à ces enfants-là dont le quotidien n’est pas facile. On a quelqu’un qui se permet de venir chez nous pour nous dire qu’on ne fait pas bien ça, mais " je ne te donnerai pas des outils pour améliorer, je vais te taper sur la tête pour être sûr que moi, de mon côté, je ne me fasse pas taper sur la tête "... C’est ça actuellement qui se passe. »

Geneviève Rioux en entrevue chez Nicole Chandonnet et Pierre Allard
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La présidente de la Fédération des familles d'accueil du Québec, Geneviève Rioux

Photo : Radio-Canada

Selon le reportage de Marie-Pier Bouchard

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