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Les appels à réappropriation des traditions juridiques autochtones se multiplient à la commission Viens

Lisa Qiluqqi Koperqualuk a témoigné vendredi à la commission Viens.

Lisa Qiluqqi Koperqualuk a témoigné vendredi à la commission Viens.

Photo : Capture d'écran/Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics

Radio-Canada

L'anthropologue Lisa Qiluqqi Koperqualuk estime qu'il est impératif de revitaliser certains aspects des traditions juridiques inuites. C'est ce qu'elle a déclaré lors de son témoignage, vendredi, à la Commission d'enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics.

Avec les informations de Thomas Deshaies

Lisa Qiluqqi Koperqualuk a effectué de nombreuses entrevues auprès d'aînés afin de reconstituer le mode de vie des Inuits avant la colonisation.

Lors de son témoignage, elle a expliqué que les codes sociaux étaient parfois diamétralement opposés à ceux du colonisateur.

Elle a fait état du mécanisme de gestion de conflits inuits, où le criminel était d'abord suivi par un membre de la communauté dans une perspective de réhabilitation. « L'encourager, faire des activités avec lui, sortir faire la chasse, faire des choses pour qu'il réalise lui-même qu'il a une responsabilité de s'améliorer soi-même, a-t-elle expliqué. En opposé, c'est le système juridique aujourd'hui qui veut détenir, punir, sans toujours offrir les moyens de s'améliorer. »

Dans les cas plus graves et à la suite d'une consultation de la communauté, le contrevenant pouvait être exclu ou même exécuté.

L'arrivée des missionnaires et des agents de la Gendarmerie royale du Canada a toutefois chamboulé ce mode de résolution de conflits.

Certains Inuits qui ne faisaient qu'appliquer la loi traditionnelle ont même été criminalisés. « La GRC ont pris deux hommes qui avaient tué un homme (à la suite d'un jugement traditionnel inuit) puis les ont mis en cour, les ont reconnus coupables, et là, ils ont été condamnés à mort à l'époque. Il y a effectivement eu de la criminalisation des Inuits », explique Lisa Qiluqqi Koperqualuk.

Le système de justice canadien : un échec

L'anthropologue souhaite une réappropriation de certaines traditions juridiques inuites. « Moi, je veux voir une meilleure collaboration et implication des Inuits sur des décisions faites, sur des personnes qui seront détenues. Donner des conditions, demander une implication des Inuits », a-t-elle affirmé.

« Maintenant, beaucoup d'Inuits s'attendent à ce que les travailleuses sociales ou que la loi va nous aider à régler le problème. La vérité, c'est que cela n'aide pas du tout. La vérité, c'est que la tradition inuite aiderait, mais pas la loi », a déclaré l'anthropologue devant la commission.

Comme plusieurs témoins qui se sont exprimés lors des audiences de la commission, elle a rappelé l'échec du système de justice canadien envers les Autochtones.

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Abitibi–Témiscamingue

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