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Des Scènes fortuites qui forment un film inégal

Les comédiens Guillaume Lambert et Valérie Cadieux dans <em>Les scènes fortuites</em>

Guillaume Lambert et Valérie Cadieux dans le film Les scènes fortuites

Photo : Entract Films

Radio-Canada

Pour son premier film en tant que réalisateur, l'acteur et scénariste Guillaume Lambert place Les scènes fortuites, sorti vendredi, dans la lignée de sa websérie douce-amère L'âge adulte. Néanmoins, ce qui fonctionne bien dans le format court a plus de mal à briller dans le long, selon nos critiques.

Sans conteste, Guillaume Lambert est l’un des artistes québécois qui montent. Après des succès remarqués en tant que scénariste (et acteur) pour le court métrage Toutes des connes et sa websérie L’âge adulte, sans oublier ses rôles dans Like-moi, voilà qu'il se présente à nous en tant que réalisateur d’un long métrage, dans lequel il tient aussi le rôle principal.

Pendant environ 1 h 20, on y suit les déambulations quelque peu moroses de Damien Nadeau-Daneau, réalisateur qui n’arrive pas à finir son film. Son insatisfaction professionnelle se double d’un ennui au quotidien, bien qu’il soit entouré de sa sœur et de ses amis.

On retrouve ici l'antihéros, émouvant dans ses errements et qui a fait le sel des précédentes créations de Guillaume Lambert. Ce dernier se décrit lui-même comme un clown triste.

« J’ai essayé de faire quelque chose de touchant, d’intime. J’ai besoin de la fiction pour fuir certaines affaires », a-t-il expliqué à l’émission Tout le monde en parle.

« Il y a un ton, un regard, une belle mélancolie, quelque chose d’aigre-doux qui est assez unique », s’est d’ailleurs réjoui Georges Privet à Médium large diffusée vendredi sur ICI Radio-Canada Première.

« Plus un sprinter qu’un marathonien »

Néanmoins, aux yeux du critique, ces qualités ne parviennent pas à faire des Scènes fortuites un bon film dans l’ensemble. Celui-ci manque de liant : Guillaume Lambert « a une difficulté à tenir la route, c’est plus un sprinter qu’un marathonien ».

Sa collègue Helen Faradji abonde dans le même sens, parlant d'un film inabouti. La spontanéité et l’énergie découvertes dans Toutes des connes et L’âge adulte s’avèrent cette fois moins percutantes, selon elle. Peut-être parce que les références aux inspirations de Guillaume Lambert (Woody Allen, Greta Gerwig, Master of None) se voient un peu trop, « comme s'il n’osait pas totalement se détacher des influences pour avoir une vraie personnalité ».

De son côté, Katherine Verebely, intervenue vendredi à l'émission Gravel le matin, avoue avoir eu du mal à comprendre l’objectif de ces scènes mises bout à bout, comme un collage. Certaines sont sorties des tiroirs de Guillaume Lambert après avoir été tournées voilà plusieurs années sans être destinées à ce film en particulier.

C’est après avoir vu une deuxième fois Les scènes fortuites que la critique dit avoir été séduite par Damien Nadeau-Daneau et par l’esprit absurde qui règne dans ce long métrage à très petit budget (150 000 $). « C’est un film imparfait avec beaucoup de beauté », a finalement conclu Katherine Verebely.

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