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Controverse autour d'un questionnaire d'embauche à l'Université Laval

Le reportage d’Olivier Lemieux
Radio-Canada

Une ancienne employée de l'Université Laval dénonce un questionnaire d'embauche qu'elle qualifie d'« invasif ». Le questionnaire contient entre autres des questions sur la santé sexuelle des candidats, sur leurs antécédents médicaux ou encore sur leur consommation de drogue ou d'alcool.

Un texte de Camille Simard

L'ex-employée, qui a requis l'anonymat, a dû remplir le questionnaire en 2007 alors qu'elle venait d'obtenir un poste de conseillère en communication dans un institut de recherche lié à l'Université Laval.

Comme il a été révélé dans Le Journal de Québec vendredi matin, le questionnaire de l'agence Medisys demande aux candidats des précisions sur des traitements médicaux. On demande, par exemple, à quand remonte le dernier examen gynécologique ou encore si le candidat a passé un test de VIH.

« Il y avait beaucoup de questions qui demandaient si on avait été malade dans le passé. Avez-vous eu des arrêts de travail? Avez-vous des troubles de santé mentale? Avez-vous fait des dépressions? Des choses comme ça », explique l'ex-employée.

Selon elle, le test va trop loin dans ses questions.

J'ai tellement fait le saut. J'ai trouvé ça très invasif. Je me sentais mal de répondre à ça.

Une ex-employée de l'Université Laval

L'ex-employée affirme qu'elle a été obligée de nuancer certaines réponses afin de remplir les exigences de l'employeur.

« Il y a des choses sur lesquelles j'ai nuancé, car je ne me sentais pas à l'aise [...] c'était du domaine de ma vie privée », estime-t-elle.

« Scandaleux », selon le syndicat

Informé de la situation, le syndicat des employés de soutien de l'Université Laval qualifie le questionnaire de « discriminatoire ». Selon le conseiller syndical, le document va à l'encontre de la Charte des droits et libertés de la personne.

Le syndicat ajoute que les questions posées n'ont pas de lien avec les emplois proposés. « Si on a le diabète, bonne chance! On pose aux femmes la question : "Est-ce que vous avez subi un avortement?" [...] On s'en va où? » se questionne le conseiller Éric-Jan Zubrzycki.

La direction se défend

La direction de l'Université Laval a précisé avoir retiré le questionnaire le 10 janvier dernier. L'établissement reconnaît que « plusieurs questions étaient inadéquates et contrevenaient aux valeurs » de l'Université.

La direction assure que les renseignements recueillis étaient traités de manière confidentielle. « Nous comprenons l'inconfort dans lequel ont pu se trouver les candidates et les candidats et en sommes désolés », a précisé Lyne Bouchard, la vice-rectrice aux ressources humaines, dans un communiqué de presse.

La ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, Hélène David, a aussi réagi par l'entremise de son compte Twitter.

« Le caractère intrusif d'un tel questionnaire est inacceptable dans le contexte rapporté », a-t-elle écrit.

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