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Mieux connaître les réalités immigrantes pour mieux gérer des conflits

Un enfant se bouche les oreilles pendant que des adultes se disputent derrière lui.

Il est important pour les parents d'éviter les conflits ou les discussions animées en présence de leurs enfants.

Photo : iStock

Radio-Canada

L'Association des juristes d'expression française de l'Alberta (AJEFA) offre jusqu'à vendredi une formation en médiation familiale interculturelle pour les avocats, les travailleurs sociaux et d'autres personnes intéressées à Edmonton. Il s'agit de comprendre les différences culturelles et les particularités de l'expérience migratoire pour mieux aider les familles en Alberta.

Un texte de Marie-Pier Mercier

La sociologue et formatrice Maryse Bermingham souligne qu'il n'est pas possible de « traiter une situation de divorce ou de tenter d'intervenir dans un conflit entre un parent et un enfant issu de l'immigration » de la même façon que pour la plupart des autres familles canadiennes.

Les différences, lorsqu’elles sont connues, peuvent améliorer les compétences des professionnels dans des cas de divorce, selon elle.

Un geste simple comme les genoux croisés ou un signe de la main peut ruiner les chances de succès d'une médiation.

Maryse Bermingham, formatrice et sociologue

La médiation est utilisée lorsque des conjoints en instance de divorce s’engagent à tenter de régler leurs différends avec leurs avocats, plutôt que devant les tribunaux.

Les différences culturelles, les conflits intergénérationnels, le rôle de chacun dans une famille, les étapes par lesquelles passent les nouveaux arrivants lorsqu’ils arrivent dans un nouveau pays ont été discutées lors de la formation.

« Le problème le plus épineux pour les immigrants est souvent le fossé qui se crée entre les parents et les enfants au fil de l’intégration », dit Maryse Bermingham.

L’intégration est souvent plus rapide chez les jeunes « pris entre deux cultures » que chez leurs parents, ce qui peut souvent créer des conflits au sein de la famille.

« C’est la même chose au sein du couple, parce que chaque individu vit les choses différemment », ajoute Mme Bermingham.

Elle explique d'ailleurs que l'immigration est souvent plus difficile pour les hommes que pour les femmes. Le taux de chômage est plus élevé chez les hommes que chez les femmes qui ont immigré, rapporte la sociologue, ce qui peut souvent créer des conflits, car les rôles sont inversés par rapport au pays d'origine.

« Formation utile »

Avec une clientèle qui se diversifie de plus en plus, l'avocate Shannon Prithipaul a trouvé les informations très utiles. Son cabinet se concentre sur le droit pénal, mais offre depuis peu des services de médiation en droit familial.

Elle préconise cette façon de faire, plutôt que se rendre devant les tribunaux, ce qui peut être stressant, long et très coûteux.

Il vaut mieux que ce soit résolu le plus amicalement possible.

Shannon Prithipaul, avocate

Un atelier de médiation familiale interculturelle sera également donné à Calgary en février.

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