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Agrile du frêne : l'Agence canadienne d'inspection des aliments ajoute Winnipeg à la zone réglementée

Des trous laissées par l'agrile du frêne dans un arbre du quartier de Saint-Boniface à Winnipeg.

L'agrile du frêne, ce coléoptère originaire d'Asie a creusé des trous dans cet arbre du quartier de Saint-Boniface à Winnipeg.

Photo : Radio-Canada / Holly Caruk

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La Ville de Winnipeg et plusieurs zones du Québec ont été ajoutées à la zone réglementée établie par l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) à l'égard de l'agrile du frêne. Ce changement s'explique par la détection de nouveaux cas d'infestation et vise à ralentir la propagation de l'insecte.

Un texte de Pierre Verrière

Dans les régions touchées par cette directive, il est désormais interdit de déplacer tout produit du frêne, comme les bûches, les branches et les copeaux de bois ainsi que les essences de bois de chauffage provenant des lieux touchés.

Les premiers signes d'infestation de l'agrile du frêne ont été découverts à Winnipeg à l'automne dernier. Depuis, les équipes de forestiers de la Ville de Winnipeg ont décelé la présence d'une larve de cet insecte foreur sous l'écorce d'un arbre du quartier de Saint-Boniface.

La responsable de la gestion des arbres à la Ville de Winnipeg, Martha Barwinsky, a reconnu que la présence de cet insecte nuisible aura des répercussions sur le couvert forestier urbain, mais indique aussi que la Ville se prépare depuis plus de 10 ans à l’arrivée de l’insecte sur son territoire.

Avant Winnipeg, d'autres villes canadiennes ont déjà eu affaire à l'insecte foreur. C'est notamment le cas des villes de Montréal depuis 2011 et plus récemment de Québec depuis l'été dernier.

La présence de l'agrile du frêne signe l'arrêt de mort de nombreux arbres. En une décennie, Winnipeg pourrait ainsi perdre quelque 350 000 frênes, dont 202 000 se trouvent le long des boulevards et des rues de la ville.

La Ville de Montréal prévoit de son côté d'abattre 4000 frênes infestés par l'agrile du frêne sur le mont Royal au cours des deux prochaines années.

Un coût pour la santé humaine

Reste que la disparition de ces arbres a un coût non seulement financier pour les villes touchées.

En 2013, une étude américaine publiée dans le American Journal of Preventive Medicine conduite par Geoffrey H. Donovan traitant des relations entre les humains et la santé humaine, s'est concentrée sur les conséquences de l'infestation de l'agrile du frêne sur les humains.

Un frêne photographié à Winnipeg.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les insectent foreurs peuvent vivre sous l'écorce des frênes pendant plus de deux ans avant que des signes évidents d'infection commencent à apparaître.

Photo : Radio-Canada / Holy Caruk

Les résultats des chercheurs suggèrent que la perte d'arbres causée par l'agrile du frêne augmente la mortalité liée aux maladies cardio-vasculaires et des voies respiratoires inférieures.

Les frênes font partie de la canopée des villes qui jouent à la fois le rôle de poumon et de régulateur de température.

L'étude a montré que la perte de la canopée entraînait une hausse de la température dans les villes en période de canicule et représentait un risque pour la santé.

Le temps, le nerf de la guerre

Au Québec, le Conseil québécois des espèces exotiques envahissantes (CQEEE) a mis en place une stratégie de lutte contre l'agrile du frêne. Il s'agit d'une organisation sans but lucratif dont la mission est de favoriser la coordination des activités de nombreuses organisations engagées dans la lutte aux espèces exotiques envahissantes.

« Nous serions ravis d'accompagner les équipes de Winnipeg pour qu'elles gagnent du temps, car le temps est le nerf de la guerre dans cette lutte, explique la directrice du CQEEE, Hélène Godmaire. Nous avons créé une stratégie efficace et beaucoup d'outils qui peuvent être transférés. »

Abattage d'un frêne à MontréalAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Abattage d'un frêne à Montréal

Photo : Radio-Canada / Jean-Sébastien Cloutier

À Winnipeg, les études de terrains portent pour l'instant sur les frênes qui bordent les rues et les avenues. Mais la ville compte également de vastes zones boisées qui pourraient également être à risque à terme.

« L'agrile fini de toute façon par toucher tous les frênes et il faut s'y préparer à l’avance, prévient Jim Routier, conseiller en recherche en environnement à la Communauté métropolitaine de Montréal. Quand on voit les signes de présence de l'agrile du frêne, il faut savoir que l'agrile est là depuis trois ans à peu près ».

Selon lui il n'est pas possible d'éradiquer l'agrile du frêne, mais il est possible de gagner du temps pour gérer les impacts de l'infestation et freiner son développement.

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