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Des organismes signent les baux de la CSDM « avec un pistolet sur la tempe »

Plan moyen de Bernard Bohmert qui parle, un micro à la main.

Bernard Bohmert, directeur du Comité d'éducation aux adultes de la Petite-Bourgogne et Saint-Henri (CEDA), a pris la parole devant les commissaires de la CSDM réunis en conseil mercredi soir.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

C'est avec l'impression de n'avoir aucun autre choix que plusieurs organismes communautaires se résignent à signer les nouveaux baux que la Commission scolaire de Montréal (CSDM) leur a préparés et qui sonnent la fin des loyers modiques ou carrément gratuits.

Un changement de donne qui « menace l’existence même » de certains organismes, déplore Bernard Bohmert, directeur général du Comité d'éducation aux adultes de la Petite-Bourgogne et Saint-Henri (CEDA).

« Il va falloir cogiter, inventer de nouvelles façons de faire, mais concrètement, ça nous enlève de l’argent », soit un huitième du budget du CEDA, dit-il. Dans d’autres cas, le nouveau loyer représentera le quart du budget annuel.

M. Bohmert dit avoir dû accepter sans « aucune négociation » les nouvelles conditions, qui coûteront 160 000 $ par année au CEDA, parce qu’il avait l’impression d’avoir « un pistolet sur la tempe ».

S’ils refusent de signer les nouveaux baux avant le 31 janvier, les organismes risquent d’être expulsés à la fin mai.

Plan moyen de Nicolas Delisle-L'Heureux s'exprimant devant un micro de Radio-Canada.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Nicolas Delisle-L'Heureux, coordonnateur du Carrefour d'éducation populaire de Pointe-Saint-Charles, s'est dit « découragé ».

Photo : Radio-Canada

Nicolas Delisle-L'Heureux, coordonnateur du Carrefour d'éducation populaire de Pointe-Saint-Charles, a défendu la position des six centres d’éducation populaire de Montréal, mercredi soir, lors d’une réunion des commissaires de la CSDM, mais il a reconnu qu’ils n’auraient d’autre choix que de signer l’entente.

Il explique que le sursis de cinq ans dont bénéficieront les organismes avant de devoir délier les cordons de leur bourse n’est que théorique.

« La CSDM parle de cinq ans de gratuité […], mais à partir de juin 2019, on aura des frais d'opération à payer qui étaient couverts autrefois, indique M. Delisle-L'Heureux. Quand on parle de gratuité, c'est qu'on n'a pas de loyer, mais on a des frais qui sont inhérents au fonctionnement du bâtiment. »

Ainsi, la gratuité annoncée, « c'est un tissu de mensonges honteux », estime Bernard Bohmert.

Plan rapproché de Catherine Harel Bourdon, parlant dans un micro.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Catherine Harel Bourdon, présidente de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), lors de la réunion des commissaires, mercredi soir.

Photo : Radio-Canada

La CSDM répète qu’elle n’avait pas non plus le choix. « Le gouvernement du Québec ne reconnaît pas, dans les budgets qui nous sont octroyés, les centres d’éducation populaire et leur mission », explique sa présidente, Catherine Harel Bourdon.

« Ce n’est pas à la commission scolaire de financer les activités, la mission des centres », ajoute-t-elle.

On ne peut pas prendre de l'argent qui nous vient du gouvernement du Québec pour nos élèves, puis aller donner cet argent-là – plusieurs centaines de milliers de dollars par année, voire des millions quand on parle des rénovations à faire – à d'autres partenaires, même si on croit fondamentalement à leur mission.

Une citation de : Catherine Harel Bourdon, présidente de la CSDM

Violaine Cousineau, commissaire indépendante à la CSDM, a cependant exprimé très clairement sa dissidence, soulignant le travail « essentiel » accompli par chacun des organismes dont il est question.

« C’est une honte, la façon dont la Commission scolaire de Montréal et la présidence ont traité avec les centres d’éducation populaire », dit-elle.

« La CSDM – poussée en cela par le gouvernement, il est vrai – a vraiment restreint la définition de ce qu’elle considère être sa mission », regrette Mme Cousineau.

Avec le reportage d'Ève Couture

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