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Allégations d'inconduite sexuelle : le chef conservateur en Ontario n'avait pas le choix de démissionner

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Patrick Brown à la tribune de la presse à Queen's Park.

Patrick Brown, chef démissionnaire du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario, rencontre les médias.

Photo : La Presse canadienne / Aaron Vincent Elkaim

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

ANALYSE - Patrick Brown a beau nier catégoriquement les allégations d'inconduite sexuelle qui ont été formulées contre lui, il n'en demeure pas moins qu'il ne pouvait rester chef du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario.

Une analyse de Julie-Anne Lamoureux

Il a tenté de contrôler le message et de sauver les meubles en répondant aux allégations avant même que CTV ne les dévoile. Mais la pression a monté si rapidement qu'il a dû jeter l'éponge et démissionner mercredi soir.

En quelques heures seulement, celui qui se voyait comme le prochain premier ministre de l'Ontario a vu son monde s'écrouler. Ce matin, il est toujours député de Simcoe-Nord, mais il ne dirigera pas son Parti durant la campagne électorale.

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La réaction de Justin Trudeau

La réaction du premier ministre Justin Trudeau

« Comme les gens le savent, je prends très au sérieux cet enjeu. Nous nous devons de comprendre qu'on doit changer notre approche en terme de société, en terme d'organisation par rapport aux enjeux de harcèlement et d'assaut sexuel. C'est pour ça que mes pensées aujourd'hui sont pour ces jeunes femmes qui se sont mises de l'avant pour raconter leurs histoires, pour partager des expériences très difficiles et je veux les assurer du soutien de, évidement de leurs amis, de leur communauté, mais aussi de tous les gens qui doivent comprendre que ce monde doit changer et que ça prend des femmes surtout et des hommes courageux pour prendre leurs responsabilités et partager leurs histoires. »

Une chute rapide et brutale

Il faut dire que les allégations d'inconduites sexuelles formulées à son égard sont très graves. Selon CTV, ce sont deux femmes qui auraient dévoilé des comportements inappropriés survenus il y a 5 et 10 ans, quand Patrick Brown était député fédéral. Ces allégations n'ont pas été prouvées.

Rapidement en soirée mercredi, de proches collaborateurs ont conseillé à Patrick Brown de démissionner pour le bien du parti.

Il a refusé, a rencontré la presse pour nier les allégations dans une déclaration d'une minute et a quitté Queen's Park sans même répondre aux questions des journalistes.

Dans les minutes qui ont suivi, des proches collaborateurs ont quitté le navire en bloc. Aucun député n'est sorti publiquement pour défendre son chef. Certains ont plutôt salué le courage des femmes qui se sont manifestées.

C'est toutefois la rencontre téléphonique des députés du caucus qui semble avoir scellé le sort de Patrick Brown. D'une voix unanime, les députés ont fait savoir qu'il ne pouvait plus tenir le rôle de chef.

Revirement de situation

C'est tout un revirement de situation pour les conservateurs qui avaient le vent dans les voiles depuis des mois.

Le parti, qui n'a pas gagné une élection générale depuis 1999, se voyait déjà naviguer vers la victoire en juin après 15 ans de règne libéral.

Les conservateurs étaient en avance dans les sondages. Ils avaient même déjà dévoilé leur plateforme électorale.

La couverture du programme électoral du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario avec une photo du chef du parti, Patrick Brown.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le Parti progressiste-conservateur a présenté son programme électoral.

Photo : Radio-Canada / Julie-Anne Lamoureux

Une plateforme qui mise sur le chef. C'est son visage souriant qui se retrouve en première page du programme.

Et la suite?

Les autorités du Parti progressiste-conservateur devront inévitablement prendre des décisions rapidement pour choisir un nouveau chef. Un député actuel? Un candidat-vedette? La machine à rumeurs s'emballe déjà....

Selon la constitution du Parti, le caucus doit choisir un nouveau chef qui agira par intérim jusqu'à la tenue d'un congrès à la direction.

Mais dans le contexte actuel, le temps presse.

Les dernières heures ont tout de même prouvé qu'une semaine en politique est une éternité. Il en reste 19 semaines avant l'élection du 7 juin. Imaginez tout ce qui peut se produire.

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