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L’électricité : l’avenir des mines en Ontario

Une pelleteuse dans une mine soulève une pile de roches cassées sous terre.

Cette machine utilise une batterie plutôt qu'un moteur diesel pour fonctionner sous terre.

Photo : Courtoisie / Artisan Vehicle Systems

Radio-Canada

Alors que la minière Kirkland Lake Gold entend construire un quatrième puits entièrement électrique à sa mine Macassa, une compagnie californienne installe son siège social à Kirkland Lake pour y fabriquer des camions électriques.

Un texte de Jean-Loup Doudard

Pour les conducteurs de camion dans les galeries de mines souterraines, l’environnement de travail est assourdissant.

Toute la cabine vibre sous les vrombissements du moteur diesel.

Les ventilateurs industriels installés pour évacuer l’air vicié rendent les communications difficiles.

Tout ça pourrait disparaître, ou presque, grâce à l’électrification minière.

Les camions électriques sont moins bruyants et n’émettent aucune vibration, sans compter qu’ils ne dégagent pas d’émissions et que la cabine est entièrement isolée.

Les conditions de travail sont donc beaucoup plus supportables.

Pierre Rocque sourit, assis derrière son bureau.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Pierre Rocque, vice-président des opérations canadiennes à Kirkland Lake Gold.

Photo : Radio-Canada / Jean-Loup Doudard

« Un opérateur [...] qui va trouver plus d’agrément à travailler sur un équipement à piles va par conséquent être plus productif qu’un employé qui rechigne tout le temps parce que son équipement diesel est brisé ou son équipement diesel fait du bruit ou il fait chaud », explique Pierre Rocque, vice-président des opérations canadiennes à Kirkland Lake Gold.

La minière mise sur cette hausse de productivité pour contrebalancer le prix des camions électriques, qui sont deux à trois fois plus chers que les camions au diesel à l’achat.

Si c’était une partie de poker, on pourrait dire qu’on est all in !

Pierre Rocque, vice-président des opérations canadiennes, Kirkland Lake Gold

Kirkland Lake Gold a annoncé la semaine dernière son intention de construire un quatrième puits à la mine Macassa.

Le puits atteindra une profondeur de plus de 2000 mètres, ce qui devrait doubler la production de cette mine.

Le chevalement du puits numéro 3 de la mine Macassa, à Kirkland Lake.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le chevalement du puits numéro 3 de la mine Macassa, à Kirkland Lake.

Photo : Radio-Canada / Jean-Loup Doudard

Plus les mines sont profondes et plus la température y est élevée.

Or, les moteurs diesels génèrent six degrés de plus que les moteurs électriques, d’après ce qu’ont constaté les ingénieurs de Kirkland Lake Gold.

La minière compte donc utiliser des camions et équipements électriques pour exploiter le nouveau puits.

Une autre compagnie aurifère, Goldcorp, a également annoncé son intention de construire une mine entièrement électrique à Chapleau.

L'hôtel de ville de Kirkland Lake.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'hôtel de ville de Kirkland Lake.

Photo : Radio-Canada / Jean-Loup Doudard

Kirkland Lake, centre d’innovation

Au coeur de cette petite révolution industrielle se trouve Artisan Vehicle Systems, une entreprise californienne qui se spécialise dans la production de batteries industrielles.

Ses produits se trouvent notamment dans des mines à Timmins, à Sudbury et en Idaho, aux États-Unis.

Mais son client principal sera dorénavant Kirkland Lake Gold, qui vient d’acquérir son nouveau camion électrique, le Z40.

Celui-ci est en production à Kirkland Lake, dans un garage désaffecté.

Mike Mayhew touche une batterie aussi grande que lui, suspendue par des chaînes, dans un garage.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Mike Mayhew, de la compagnie Artisan Vehicle Systems, manipule l'une des batteries destinées à un camion sous terrain.

Photo : Radio-Canada / Jean-Loup Doudard

L'entreprise compte cependant construire un « centre d’excellence », à partir duquel les camions pourront être fabriqués, mais aussi entretenus.

De 40 à 60 emplois à temps plein seront ainsi créés.

Avec les fournisseurs, on peut appuyer le local autant que possible, parce que c’est une communauté avec de l’histoire dans le secteur minier.

Mike Mayhew, directeur minier, Artisan Vehicle Systems

C’est une nouvelle qui réjouit Kirkland Lake, une petite ville de 10 000 habitants au long passé minier.

« C’est énorme en termes d’emplois pour nos résidents, en termes de profits pour les fournisseurs locaux, mais aussi en termes de revenus pour la municipalité », dit le maire Tony Antoniazzi.

Tony Antoniazzi, le maire de Kirkland Lake, dans les bureaux d'Artisan Vehicle Systems.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Tony Antoniazzi, le maire de Kirkland Lake, dans les bureaux d'Artisan Vehicle Systems.

Photo : Radio-Canada / Jean-Loup Doudard

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