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Pierre Karl Péladeau

Pierre Karl Péladeau

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'idée d'un chef qui démissionne avec fracas après moins d'un an en poste et qui voudrait revenir en politique un an et demi plus tard serait considérée comme saugrenue, voire risible, dans n'importe quelle formation politique.

Une analyse de Michel C. Auger, animateur de Midi Info

Dans les circonstances actuelles au Parti québécois (PQ), qui plus est lorsque l’ancien chef en question est Pierre Karl Péladeau, les règles normales ne s’appliquent toutefois pas.

D’abord, il y a la personnalité particulière de M. Péladeau : héritier d’un empire de presse, passionné de politique, dont la vie privée est intensément publique, et qui a récemment recommencé à se maintenir dans l’oeil du public en utilisant Twitter presque aussi souvent que le président des États-Unis, Donald Trump.

Puis, il faut considérer les circonstances toutes particulières qui règnent au Parti québécois. Pour le chef Jean-François Lisée, on dirait que les mauvaises nouvelles arrivent en grappe.

Lundi, un sondage était publié estimant que la dégringolade du PQ dans les intentions de vote s'était poursuivie pendant les Fêtes. Mardi, Pierre Karl Péladeau effectue sa sortie. Et mercredi, M. Lisée doit réunir son caucus à Shawinigan, un territoire libéral ou caquiste, mais certainement pas péquiste.

Ce qui laisse certains péquistes s'adonner à toutes les hypothèses. Même certaines qui n’ont pas vraiment de sens...

À 18 % d'intentions de vote dans le sondage de Mainstreet, et même si on peut s’interroger sur certains aspects de la méthodologie de la firme, deux choses en ressortent qui sont vraiment inquiétantes pour le PQ.

D’abord, le parti est désormais derrière les libéraux, au troisième rang dans le vote francophone. Ensuite, Jean-François Lisée est le chef auquel les Québécois font le moins confiance, au quatrième rang, derrière le tandem Manon Massé-Gabriel Nadeau-Dubois de Québec solidaire.

Avec des résultats comme ceux-ci, il y a une possibilité réelle que le PQ ne soit plus un groupe parlementaire reconnu dans la prochaine législature puisque cela demande d’obtenir 20 % des voix ou 12 députés. Deux seuils qui ne peuvent plus être considérés comme certains.

À presque exactement sept mois du début de la prochaine campagne électorale, un changement de chef au PQ reste extrêmement improbable. En fait, ce n’est pas vraiment plausible.

Il faudrait littéralement un putsch, appuyé par une quasi-unanimité du caucus péquiste, ce qui semble très difficile à obtenir. Il faudrait aussi, vu les statuts du PQ, qu’on ait l’assurance absolue que c’est un couronnement et qu’il n’y aurait aucun autre candidat. Ce qui est difficile à assurer.

On pourrait aussi penser que M. Péladeau voudra, comme lors de son entrée en politique, accepter de jouer le rôle de simple candidat sous M. Lisée à la prochaine campagne électorale. Mais ce serait mal le connaître. Tous ceux qui le connaissent savent que PKP n’a aucune envie et aucun talent pour jouer les seconds violons. S’il devait revenir en politique, ce serait pour être chef et rien d’autre.

Alors, que s’est-il donc passé pour que tout le monde en parle? M. Péladeau a tout simplement indiqué qu’il était prêt à revenir aux affaires. Mais il n’a pas dit quand. Et, très probablement, ce serait après, et pas avant, le prochain scrutin. Quand on pourra voir clairement quelle est la santé réelle du Parti québécois et du mouvement souverainiste.

Un parti en déclin

Le PQ est un parti qui décline lentement, mais inexorablement depuis son dernier mandat majoritaire, en 1998, sous Lucien Bouchard, un chef que les péquistes ont tellement aimé qu’ils ne l’invitent même plus à leurs congrès de peur qu’il soit hué.

Dans ce parti étrange, dont on dit qu’il « mange ses chefs », on peut sans doute songer à changer de leader à sept mois d’une élection déterminante. Mais il y a tout un monde qui vit à l’extérieur des cercles péquistes.

Et pour ceux-là, il y a fort à parier qu’on ne comprendrait pas vraiment ce que veulent les péquistes, qui viennent de donner un vote de confiance à la quasi-unanimité à leur chef, et qui seraient maintenant prêts à le congédier.

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