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François Legault et l’influence de Donald Trump

François Legault présente un candidat.

Le chef de la CAQ, François Legault, au moment de présenter son futur candidat, le Dr Lionel Carmant

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La première chose qu'a faite le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) à l'ouverture de son caucus à Sainte-Adèle a été de présenter un candidat-vedette à la prochaine élection. Le neurologue Lionel Carmant, un ami de François Legault, a le profil parfait d'un ministre de la Santé. Il a d'ailleurs fait le saut en politique parce qu'il est déçu des réformes libérales du ministre Gaétan Barrette : les patients sont fâchés, les médecins sont fâchés et les infirmières sont fâchées. François Legault compte-t-il sur les électeurs fâchés pour se faire élire?

Une analyse de Martine Biron

Dans les jours qui ont suivi l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis, il y a un peu plus d’un an, le chef de la CAQ s’était laissé prendre au jeu de s’y comparer. La classe moyenne se sent étouffée par les impôts, avait dit M. Legault, et il constatait que M. Trump s’en était préoccupé.

La députée Nathalie Roy avait encore mieux exprimé la pensée caquiste en disant que la victoire de Trump était due à « une écoeurantite aiguë de la population qui ne se sent pas écoutée, qui sent une distance entre le monde politique et la réalité ». François Legault avait laissé entendre que, comme Donald Trump, il visait la même clientèle.

Le désir de changement est certainement bien présent chez les Québécois, mais encore faut-il l’incarner. Depuis des mois maintenant, le clou qu’a choisi d’enfoncer le chef de la CAQ pour stimuler le mécontentement face au gouvernement de Philippe Couillard est de démontrer que les Ontariens vivent beaucoup mieux que les Québécois.

Tout au cours de la dernière session parlementaire, le chef caquiste n’a pas manqué une occasion de rappeler que le gazon ontarien était plus vert que le gazon québécois. Et visiblement, il entend continuer d’exploiter ce filon.

En ouverture de caucus, il a répété que le taux de diplomation au Québec est largement en deçà de celui de l’Ontario. « On perd le quart de nos élèves », répète François Legault.

Il oublie toutefois de mentionner que non seulement les systèmes sont fondamentalement différents, mais aussi que le Québec est plus exigeant. La note de passage au Québec est de 60 %, alors qu’en Ontario elle n’est que de 50 %.

François Legault est revenu à la charge à la fin de son caucus en mentionnant que les Québécois ne sont pas aussi riches que les Ontariens. Si M. Legault estime qu’on peut faire mieux, son plan pour remédier à la situation n’est toutefois pas encore au point.

Il faut dire que les libéraux de Philippe Couillard, qui ont dégagé des surplus budgétaires faramineux, peuvent se payer le luxe de court-circuiter les plans de la CAQ. Et ils ne s’en gênent pas. La mission libérale, en cette année électorale, est d’abaisser le fardeau fiscal de la classe moyenne.

Dans ce contexte, la CAQ, qui table sur les électeurs fâchés, a peut-être bien fait de présenter son candidat-vedette. Le secteur de la santé reste le talon d’Achille du gouvernement Couillard.

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