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  • Judo, hockey, curling, jogging, le sport au féminin dans nos archives

    Femme qui tient son balai, accroupie, prête à lancer sa pierre.

    Joueuse de curling au Club de Ville Mont-Royal, en 1966

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    La Journée mondiale du sport féminin, célébrée le 24 janvier, souligne l'apport des femmes dans le sport. Une occasion de réfléchir à la présence d'athlètes féminines dans cet univers souvent associé aux hommes. Dans les années 1950 et 1960, Radio-Canada s'intéresse à des femmes qui pratiquent des activités physiques considérées comme typiquement masculines.

    Le patinage artistique, la nage synchronisée, la gymnastique ou la danse ont longtemps été privilégiés par la gent féminine. Perçue comme un être fragile, la femme envisage mal la possibilité d’entreprendre des disciplines « d’homme ». Jusque dans les années 1970, les médias n’hésitent d’ailleurs pas à la désigner comme « le sexe faible ».

    Les mythes associés à cette croyance vont considérablement freiner son évolution dans le sport. La Seconde Guerre donne un nouveau souffle à la pratique de l’activité physique féminine et à la création de clubs sportifs.

    Une femme hors de l’ordinaire dans les années 1950

    Les années 1950 voient naître le triomphe de la « reine au foyer » et de la féminité. En novembre 1957, la journaliste Andréanne Lafond rencontre mademoiselle Trudel pour l’émission Carrefour, une femme qui va à l’encontre de ce stéréotype. La judoka s’apprête à affronter quatre hommes lors d’un combat amateur.

    Carrefour, 15 novembre 1957

    Andréanne Lafond se montre très étonnée par le défi que relèvera l’athlète et en profite pour s’entretenir avec son partenaire d’entraînement. Selon lui, les femmes aussi devraient pouvoir combattre dans des championnats internationaux.

    Mademoiselle Trudel propose même à la journaliste de la soumettre à une prise de judo, faisant rire l’assemblée réunie pour le tournage.

    Des femmes sur la glace

    De jeunes femmes se lancent sur la patinoire extérieure d’un parc montréalais. En voix hors champ, elles expliquent ce qui les a menées vers ce sport typiquement masculin. Bien qu’elles fassent preuve d’audace, certaines se qualifient de « garçons manqués ».

    Le 9 février 1963, l’émission 20 ans express présente un reportage sur une équipe de hockeyeuses de la Ville de Montréal.

    20 ans express, 9 février 1963

    « J’aime ça jouer au hockey, mais j’aimerais mieux faire du patin de fantaisie, c’est plus beau, c’est plus féminin. »

    Elles déplorent le peu de ressources offert par la Ville pour apprendre le patinage artistique. Selon l’une d’entre elles, cette discipline leur permettrait d’améliorer leur coup de patin, un atout pour la bonne épouse. « Notre mari va nous demander quelques fois d'aller patiner. »

    La conciliation curling-famille

    À l’émission Femme d’aujourd’hui du 12 janvier 1966, une journaliste visite le club de curling de Ville Mont-Royal. À l’époque, environ 11 000 femmes pratiquent ce sport au Québec.

    Mme Claude, une fervente joueuse, affirme que ce loisir est parfait pour la femme mariée. Après s’être réveillée pour les enfants, après avoir lavé la vaisselle, la mère de famille peut s’adonner à ce sport de précision. Elle a même le temps de boire une tasse de café avec ses coéquipières avant d’aller préparer le repas pour sa famille.

    Femme d’aujourd’hui, 12 janvier 1966

    C’est aussi « un sport très élégant » qui permet de conserver sa taille de jeune fille puisqu’il nécessite de se pencher constamment. Mme Claude tente de convaincre la journaliste qui se montre sceptique. « Ça n’a vraiment pas l’air passionnant », dit-elle.

    Aline Desjardins se met au jogging en 1970

    À l’émission Femme d’aujourd’hui du 19 janvier 1970, Aline Desjardins rencontre deux mères de famille qui s’adonnent à un loisir original : le jogging! Une activité physique peu pratiquée par les sportifs amateurs à l’époque. Pour suivre les deux coureuses, la journaliste se réfugie au chaud, à l’intérieur d’un camion, avec son caméraman.

    Au cours des années 1970, l’intérêt des femmes pour l’entraînement d’endurance croît. La société craint cependant de les voir effectuer des activités exigeantes pour le corps. Cette crainte transparaît lorsqu’Aline Desjardins demande si le jogging peut s’avérer dangereux d’un point de vue médical.

    Il est pourtant prouvé que la physiologie des femmes ne les empêche d’exercer aucun sport.

    Femme d’aujourd’hui, 19 janvier 1970

    Le jogging apporte de nombreux bienfaits : énergie, rigueur, bonheur de vivre et calme. Et comme l’explique l’une des sportives, cette activité est peu coûteuse. Si bien qu’Aline Desjardins, chaussée de talons hauts, se met elle aussi au pas de course à la fin du reportage.

    Reste à savoir si cette expérience aura convaincu l’élégante journaliste.

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