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ALENA : les alliés du Canada peuvent-ils aider à sauver l'accord?

Francois-Philippe Champagne et Dominique Anglade parlent aux journalistes.

Le ministre fédéral du Commerce international, Francois-Philippe Champagne, et la ministre québécoise de l'Économie, Dominique Anglade, lors de l'ouverture de la sixième ronde de négociations de l'ALENA, à Montréal

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des représentants de 25 chambres de commerce de partout en Amérique du Nord ont signé lundi, à Montréal, une déclaration commune en faveur de l'ALENA. C'est le genre d'initiative qu'encourage le gouvernement Trudeau, lui qui depuis des mois est à la recherche d'alliés prêts à défendre l'accord. Cette stratégie permettra-t-elle de sauver l'ALENA?

Un texte de Raphaël Bouvier-Auclair

Ottawa n'a pas attendu le début de la renégociation avant de lancer son offensive aux États-Unis. Dès l'assermentation de Donald Trump, le 20 janvier 2017, le gouvernement a commencé à envoyer des émissaires au sud de la frontière.

Depuis, les ministres ainsi que les députés fédéraux et provinciaux ont rencontré à plus de 245 reprises des élus américains, que ce soit aux États-Unis, au Canada, ou ailleurs dans le monde.

Le but est toujours le même : convaincre des politiciens ou des gens d'affaires influents de faire la promotion de l'ALENA et de la relation commerciale canado-américaine. Ottawa espère que ces voix finiront par résonner à la Maison-Blanche.

Richard Perez, président-directeur général de la Chambre de commerce de San Antonio, au Texas, croit que malgré l'imprévisibilité de la Maison-Blanche dans ce dossier, l'approche canadienne peut fonctionner.

« Il faut convaincre nos constituants, qui sont également les électeurs du président, que cela fonctionne. Ce n'est pas parfait, c'est la raison pour laquelle il faut moderniser l'accord. Mais c'est un enjeu politique et les intentions en politique peuvent changer lorsqu'il y a de la pression. »

— Une citation de  Richard Perez, PDG de la Chambre de commerce de San Antonio

Profiter du contexte politique américain

Le négociateur en chef du Québec dans le dossier de l'ALENA, Raymond Bachand, défend aussi cette stratégie aux États-Unis.

Il croit qu'à l'approche des élections de mi-mandat, les Canadiens devront cibler stratégiquement les États où l'importance de l'ALENA pour l'économie pourrait devenir un enjeu électoral.

En novembre, tous les sièges de la Chambre des représentants et le tiers de ceux du Sénat seront en jeu.

« Ce calendrier-là est déjà commencé, il y a des États que le président pourrait perdre au niveau du Congrès et qu'il ne veut pas perdre. Ça, c'est des États sur lesquels il faut travailler plus. »

— Une citation de  Raymond Bachand, négociateur en chef du Québec

Que veut le président?

Ces alliés pourront-ils réellement influencer l'administration? En ce moment, la Maison-Blanche envoie des signaux contradictoires sur l'avenir de l'Accord de libre-échange.

Il y a environ deux semaines, le président déclarait au Wall Street Journal qu'il était ouvert à une certaine flexibilité sur la période de négociations, parce que le Mexique tiendra des élections présidentielles l'été prochain.

Quelques jours plus tard, il qualifiait l'ALENA de « mauvaise blague » dans une publication sur Twitter.

Malgré l'incertitude, après plus de cinq mois, les négociations sont toujours en cours.

Richard Perez, de la Chambre de commerce de San Antonio, y voit un signe encourageant.

« Souvenez-vous, pendant la campagne, il [Donald Trump] disait vouloir régler cette question rapidement. Le temps n'est pas notre ennemi, le temps est notre allié dans ce dossier », dit-il.

En chiffres :

Les représentants canadiens ont rencontré...

  • 265 membres du Congrès;
  • 16 membres du Cabinet;
  • 60 gouverneurs et lieutenants-gouverneurs.

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