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La moitié des expulsions aux frais du gouvernement canadien

Un employé de l'Agence des services frontaliers du Canada.

Une grande partie des gens expulsés du Canada chaque année sont des migrants à qui l'on a refusé l'asile.

Photo : Reuters / Chris Helgren

Radio-Canada

Moins de la moitié des personnes expulsées du Canada en 2017 ont payé pour rentrer à la maison, selon des informations de l'Agence des services frontaliers obtenues par CBC. Les autres expulsions se sont donc faites aux frais du gouvernement.

L’an dernier, plus de 8200 personnes ont dû être expulsées du pays. Ce sont des migrants à qui l’asile a été refusé, mais aussi des travailleurs ou des étudiants étrangers dont le visa est arrivé à expiration ou encore des individus représentant un danger public.

De ce nombre, 3639 ont quitté volontairement le pays, alors que les autres ont été expulsés en laissant la facture au gouvernement fédéral, qui a payé pour leur transport.

Bien que les coûts varient selon le pays de retour, une expulsion coûte environ 1500 $. Ce montant grimpe cependant à 15 000 $ lorsqu’une personne doit aussi être escortée à sa sortie du pays.

Ces données ne sont toutefois pas une anomalie et concordent avec les résultats des six dernières années, selon l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC).

Plus de fonds pour les demandeurs d'asile refusés

Mais comment se fait-il qu’autant de gens refusent de quitter le pays, même sous ordre du gouvernement?

Selon la spécialiste en droit à l’immigration, Sharry Aiken, ce ne sont pas tous les expulsés qui refusent systématiquement d’être expulsés. Plusieurs n’ont tout simplement pas l'argent pour financer leur retour à la maison.

C’est le cas notamment des demandeurs d’asile qui arrivent au Canada avec peu de moyens. D’autant plus que de se reconstruire une vie dans son pays d’origine coûte souvent cher et apporte son lot d’épreuves.

Je crois qu’un programme qui permet aux individus de partir et de se réinstaller avec dignité dans leur pays natal est approprié, particulièrement lorsqu’il est question des demandes rejetées.

Sharry Aiken, spécialiste en droit à l'immigration de l'Université Queen's

Sharry Aiken croit d’ailleurs que le gouvernement devrait avant tout permettre à davantage de gens de rester en sol canadien pour des raisons humanitaires.

Le Canada et les demandeurs d’asile

Avec l'affluence à la frontière, Ottawa tente tant bien que mal de rappeler que seulement une fraction des migrants voit leur demande retenue. En novembre dernier, 10 % des demandeurs d’asile haïtiens en provenance des États-Unis ont obtenu un statut officiel de réfugié.

Le ministre canadien de l’Immigration, Ahmed Hussen, a d’ailleurs à plusieurs reprises précisé que traverser la frontière illégalement était dangereux et qu’il ne s’agissait surtout pas d’un « billet gratuit » pour une résidence permanente.

Un processus plus efficace

En 2012, l’Agence des services frontaliers du Canada a mis sur pied un projet pilote pour adapter le programme d’expulsion déjà en place. Mais les méthodes testées ne se sont pas montrées plus efficaces ni abordables.

Depuis, l’Agence explique qu’elle continue de faire des efforts pour améliorer le processus d'expulsion.

L’ASFC est engagée à travailler avec les gouvernements étrangers pour extraire les ressortissants étrangers d’une manière rapide et efficace.

Jayden Robertson, porte-parole de l'Agence des services frontaliers du Canada

Selon Janet Dench du Conseil canadien pour les réfugiés, la solution n’est pas dans la mise en oeuvre pure et dure des lois, mais plutôt dans la compréhension et l’empathie. Elle suggère par exemple de donner davantage de temps aux migrants qui ont vu leur demande refusée pour mettre de l’ordre dans leurs affaires.

« Avoir une meilleure approche qui fonctionne avec les gens et qui répond à leurs besoins légitimes pourrait être beaucoup plus efficace que de simplement utiliser la force de la loi », explique-t-elle.

Avec les informations de Kathleen Harris

Avec les informations de CBC

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