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Le grand chef cuisinier Paul Bocuse est mort

Le chef Paul Bocuse salue de la main les spectateurs et les candidats au concours de cuisine. Le chef porte une toque blanche et une médaille d'or au cou.

Le chef Paul Bocuse était présent au Bocuse d'Or, un concours de cuisine, en 2013.

Photo : Reuters / Robert Pratta

Agence France-Presse
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le chef Paul Bocuse, surnommé le « pape de la gastronomie française » et fier représentant de celle-ci durant des décennies dans le monde entier, est mort samedi à 91 ans dans sa célèbre auberge de Collonges-au-Mont-d'Or, dans le centre-est de la France.

C'est dans cette commune près de Lyon qu'il était né le 11 février 1926 dans une lignée de cuisiniers remontant à 1765. C'est le ministre de l'Intérieur de France Gérard Collomb, ancien maire de Lyon, qui a annoncé la nouvelle sur Twitter.

« Monsieur Paul, c'était la France. Simplicité et générosité. Excellence et art de vivre. Le pape des gastronomes nous quitte. Puissent nos chefs, à Lyon, comme aux quatre coins du monde, longtemps cultiver les fruits de sa passion », a écrit M. Collomb sur le réseau social où pleuvaient les hommages.

Raymonde Bocuse, la femme du défunt, leur fille Françoise Bernachon-Bocuse et Jérôme Bocuse, fils de Paul né d'une autre union, ont fait part de leur « peine immense » dans un communiqué.

« Notre capitaine s'est éteint ce 20 janvier à 10 h, à l'aube de ses 92 ans. Bien plus qu'un père et un époux, c'est un homme de cœur, un père spirituel, une figure emblématique de la gastronomie mondiale et un porte-drapeau tricolore qui s'en est allé », ont-ils dit.

Selon une source proche, Paul Bocuse, qui souffrait depuis plusieurs années de la maladie de Parkinson, « est parti paisiblement » lors de sa sieste matinale dans l'auberge.

Dans cet établissement pimpant et bondé, trois étoiles au Guide Michelin, rien ne laissait soupçonner le décès, le personnel restant souriant, appliquant une maxime du chef : « Recevoir quelqu'un, c'est se charger de son bonheur. »

Le président de la France lui rend hommage

« Aujourd'hui, la gastronomie française perd une figure mythique qui l'aura profondément transformée. Les chefs pleurent dans leurs cuisines, à l'Élysée et partout en France, mais ils poursuivront son travail », a écrit le président Emmanuel Macron dans un communiqué, en adressant ses condoléances à la famille et aux proches du défunt, ainsi qu'au monde de la gastronomie française.

La carrière du grand chef

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Le chef Paul Bocuse donne un atelier de cuisine à Collonges au Mont D'Or, à l'auberge Pont de Collonges en 2012.

Photo : AFP/Getty Images / JEFF PACHOUD

Apprenti dans le restaurant lyonnais à l'époque triplement étoilé La mère Brazier à partir de 1946, le jeune Paul se forme également à l'école de Fernand Point, son « maître à penser », à Vienne, au sud de Lyon.

Meilleur ouvrier de France en 1961, trois étoiles au Guide Michelin sans discontinuer depuis 1965, il transforme l'auberge familiale des bords de Saône en temple de la gastronomie, devenant au fil des ans et de ses voyages le patron d'un puissant groupe.

Bourreau de travail et premier chef à quitter ses fourneaux pour s'installer au Japon, au Brésil ou aux États-Unis, il joue les globe-trotteurs, entraînant dans son sillage d'autres chefs qui voient en lui leur « père spirituel ».

Le patron du Guide Gault et Millau – qui avait élu Bocuse « cuisinier du siècle » en 1989 –, Côme de Chérisey, a salué « le grand homme, mais surtout celui avec qui Henri Gault et Christian Millau ont lancé la nouvelle cuisine. Il a été à l'origine de ce big bang dans la gastronomie française et mondiale ».

« C'est un monument de la cuisine, c'est quelqu'un qui a mis en avant ce métier », a renchéri Régis Marcon, chef triplement étoilé en Haute-Loire et lauréat en 1995 du Bocuse d'Or, concours de cuisine international, créé par Bocuse en  1987 à Lyon, qui a servi de tremplin à de nombreux chefs.

« Pour moi, c'était un peu un papa, parce que j'ai perdu le mien très jeune. Il m'a donné la chance non seulement de participer, mais aussi de gagner le Bocuse d'Or et pour moi cela représente beaucoup. Mon fils, qui est né neuf mois après, on l'a appelé Paul, ce n'est pas pour rien », a ajouté celui qui préside aujourd'hui la sélection France du Bocuse d'Or.

« C'est un jour de deuil national pour la gastronomie », a résumé le chef Marc Veyrat, en hommage à un « visionnaire » attaché à la transmission, à un « homme de la terre qui magnifiait le produit », mais qui était « contre une cuisine trop moderne ».

Bocuse, cela restera la soupe aux truffes noires VGE dédiée à l'ancien président français Valéry Giscard d'Estaing, le loup en croûte feuilletée sauce choron et la volaille de Bresse en vessie « Mère Fillioux ».

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