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Quel sera l'héritage politique de Brad Wall?

Le premier ministre Brad Wall prononce un discours à Toronto.

Encore aujourd’hui, Brad Wall demeure le premier ministre le plus populaire au pays.

Photo : Reuters / Mark Blinch

Radio-Canada

Le 27 janvier, Brad Wall se retirera de la vie politique après avoir passé les 10 dernières années aux commandes de la province. L'annonce inattendue de son départ, en août dernier, a créé une onde de choc à l'échelle provinciale et même nationale. Alors que les Saskatchewanais s'apprêtent à voir un nouveau chef diriger leur province, qu'en est-il de l'héritage de cet homme politique qui, encore aujourd'hui, demeure le premier ministre le plus populaire au pays?

En 1999, Brad Wall, candidat du Parti saskatchewanais à Swift Current, défait John Wall, du Nouveau Parti démocratique (NPD), pour devenir le député de sa ville natale.

Cinq ans plus tard, il devient le chef du parti.

Brad Wall était un grand communicateur et nous savons maintenant, 10 ans plus tard, qu’il est le meilleur de la province.

Ken Krawetz, membre fondateur du Parti saskatchewanais

En 2007, Brad Wall a mené son parti à une victoire historique, devenant ainsi le 14e premier ministre de la province.

Sur scène, Brad Wall tend la main à ses admirateurs.

Le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, célèbre sa réélection dans sa ville natale de Swift Current en 2011.

Photo : Reuters / David Stobbe

Alors que le mandat de Brad Wall tire à sa fin, trois anciens premiers ministres de la province, des politiciens et des proches du premier ministre ont donné leur avis sur l'homme politique et son travail à la tête de la Saskatchewan.


Grant Devine, premier ministre de la Saskatchewan de 1982 à 1991

À la fin des années 1980, Brad Wall a travaillé sous le gouvernement de Grant Devine au poste d'adjoint de ministre.

« J’ai toujours aimé Brad Wall. Je le connais depuis qu’il est adolescent. Il était toujours très amical, affable, souriant, vraiment quelqu'un de gentil et d'attachant. »

Selon Grant Devine, l’un des tournants de la carrière de Brad Wall a été son opposition à la tentative d’achat de la minière PotashCorp par la compagnie BHP Billiton, en 2010.

À l’époque, Brad Wall avait fait des pressions auprès du gouvernement fédéral de Stephen Harper pour contrecarrer cette offre d’achat hostile. Ses démarches avaient porté fruit.

C’était l’une des choses dont les gens de la Saskatchewan étaient fiers.

Grant Devine, ancien premier ministre

Grant Devine affirme que Brad Wall laisse à son successeur un parti politique en pleine forme et beaucoup de membres qui sont très enthousiastes à l’idée de poursuivre son travail.

Sans affirmer que le mandat du premier ministre Wall a été blanc comme neige, Grant Devine soutient que l’erreur est humaine et que l’important, c’est la façon dont les gens se relèvent des difficultés. « Je crois qu’il s’en est très bien sorti », conclut-il.


Roy Romanow. premier ministre néo-démocrate de 1991 à 2001

Roy Romanow ne croyait pas que Brad Wall ressortirait du lot de politiciens lorsque celui-ci a été élu pour la première fois à Swift Current, mais il a rapidement réalisé son talent. « Il devenait, année après année, de plus en plus puissant », se souvient-il.

« Je pense qu'il sait utiliser son sens de l’humour dans les moments appropriés. Le côté humour a révélé une nouvelle dimension à sa personnalité et m’a fait penser que c’était une étoile potentielle », ajoute-t-il.

En ce qui concerne les récentes compressions budgétaires, qui ont largement fait réagir, Roy Romanow estime que « dans presque toutes ses décisions, Brad Wall a reculé là où il estimait que ce n’était tout simplement pas la bonne chose à faire ou [lorsque] les Saskatchewanais ne voulaient pas que ce soit fait ».

Bien qu’il ne soit pas toujours d'accord avec les programmes et les mesures du gouvernement Wall, Roy Romanow respecte Brad Wall pour l’amour qu’il porte à la Saskatchewan.

« Il aime la province et je pense qu’il a toujours agi pour améliorer notre position, qu'on soit d'accord ou non avec son approche. »


Lorne Calvert, premier ministre néo-démocrate de 2001 à 2007

« Mes premières impressions [de Brad Wall] remontent à l’époque de son élection comme député de Swift Current à l’Assemblée législative. Nous savions tous qu’il était capable d’avoir une trajectoire qui le mènerait à la tête du Parti saskatchewanais. Je pense que c’était assez évident dès le début », se rappelle Lorne Calvert.

Selon lui, la force de Brad Wall a toujours été ses excellentes compétences oratoires. « Sa capacité à communiquer reposait avant tout sur sa capacité à lire son auditoire et, à bien des égards, à lire le public », explique-t-il.

Il a le don de la formule, de dire la bonne chose au bon moment.

Lorne Calvert, ancien premier ministre néo-démocrate

Lorne Calvert croit cependant que la gestion budgétaire et financière a fait défaut ces dernières années. « Ça nous a ramenés à une position de dette considérable », souligne-t-il.


Don McMorris, député provincial d'Indian Head-Milestone depuis 1999

Don McMorris a de vifs souvenirs du discours inaugural de Brad Wall. Il se rappelle s’être fait la réflexion qu'il était loin d'être à son niveau.

Il se souvient également d’avoir participé à plusieurs comités, dont celui portant sur les investissements des sociétés d’État, pendant lesquels Brad Wall et lui devaient se heurter à des gens qui dirigeaient depuis de nombreuses années ces sociétés.

« J’ai été étonné qu’il [Brad Wall] ait une telle capacité de communication et une telle aptitude à débattre au point où, à un certain moment, il a posé cette question à Don Ching, le président de l'époque de la société de télécommunications Sasktel : " Pourquoi est-ce que nous investissions hors de la province?" », raconte Don McMorris.

Brad Wall prononce son discours.

Le premier ministre de la Saskatchewan prend la parole lors de l'annonce de la construction d'une usine de blé dur et de légumineuses à grains en 2011 à Regina.

Photo : Reuters / David Stobbe


Christy Clark, première ministre de la Colombie-Britannique de 2011 à 2017

Selon l’ex première ministre britanno-colombienne Christy Clark, Brad Wall était un grand allié et il était efficace pour créer un espace permettant aux premiers ministres de s’opposer à la taxe carbone.

Brad Wall prend la parole alors que Christy Clark, assise à sa gauche, le regarde.

Le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, et la première ministre de la Colombie-Britannique, Christy Clark, lors de la réunion des premiers ministres à Ottawa.

Photo : Reuters / Chris Wattie

« Dès que je l’ai rencontré, j'ai su que nous aurions beaucoup de choses en commun. Brad et moi partageons les mêmes idées, soit qu’un bas taux d’imposition, une économie forte et un gouvernement de petite taille mènent tous à la création d’emplois. Brad Wall était l’une des voix les plus efficaces autour de la table des premiers ministres. Il s’est avéré qu’il était le meilleur allié qu'on puisse avoir », mentionne Christy Clark.


Heather Bear, vice-chef de la Fédération des Nations autochtones souveraines (FSIN)

Le mandat politique de Brad Wall n'aura cependant pas fait que des heureux.

Depuis les 18 derniers mois, le gouvernement s'est attiré de nombreuses critiques, notamment en ce qui à trait au dossier de la privatisation des sociétés d'État ainsi que celui portant sur les transactions douteuses liées à la Régie de la plaque tournante de transport mondial.

La vice-chef de la Fédération des Nations autochtones souveraines, Heather Bear, estime par ailleurs que les Premières Nations n’ont pas bénéficié du boom économique qui s'est produit en Saskatchewan sous la direction du premier ministre Wall.

« J’ai l’impression que les membres des Premières Nations ont été laissés pour compte. Dans l’ensemble qu’a-t-il fait pour que les membres des Premières Nations essaient de combler l’écart en matière de pauvreté », demande-t-elle.

Heather Bear aurait souhaité que Brad Wall visite davantage les communautés autochtones afin de mieux comprendre les problèmes qui touchent tout le monde.

Selon elle, les années de Brad Wall au pouvoir ont été « des années sombres pour [son] peuple ».

Avec les informations d’Adam Hunter, CBC News.

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