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Une jeune Autochtone se lance dans la fabrication de grelots pour la danse

Émilie McKinney devant appuie sur le bouton d'une presse industrielle.

Émilie McKinney démarre sa presse. Elle imprime son logo sur de petits morceaux de métal, qui sont ensuite roulés à la main pour faire des grelots.

Photo : Radio-Canada / Riley Laychuk

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Émilie McKinney ne trouvait pas de fournisseur pour fabriquer les grelots qui ornent les robes portées pour la danse traditionnelle autochtone, qu'elle pratique assidûment. L'élève de la Division scolaire franco-manitobaine a décidé de prendre elle-même les choses en main et de devenir entrepreneuse.

Jusqu'ici, Émilie McKinney était une élève de secondaire très occupée. En plus de ses cours, elle pratique la danse autochtone à un niveau élevé, ce qui l'a amenée à se produire à travers l'Amérique du Nord, à Cuba et jusqu'en Suède. Désormais, elle peut rajouter une ligne à son CV.

Après une année de planification, Émilie McKinney a récemment ouvert sa propre entreprise et a commencé à fabriquer ces petits cônes de métal que les danseuses autochtones cousent sur leur robe et qui produise un son de clochette.

« Enfin! », soupire l'adolescente qui en parle comme d'une réussite. Elle a installé son usine de production à Somerset, une communauté située à 120 kilomètres au sud-ouest de Winnipeg.

Émilie McKinney, qui est membre de la Première Nation de Swan Lake, dans le sud du Manitoba, a eu l'idée de fabriquer elle-même les grelots en se rendant à Winnipeg avec sa mère, Natalie Foidart, il y a environ un an.

Comme le fournisseur local d'Émilie avait pris sa retraite, toutes deux souhaitaient y acheter des grelots pour une robe qu'Émilie était en train de confectionner.

Mais elles sont reparties de la capitale manitobaine frustrées et les mains vides.

Des grelots fabriqués à Taïwan

« Les grelots que nous avons trouvés n'étaient pas authentiques, explique-t-elle. Ils venaient de Taiwan. »

Émilie McKinney, qui vit à Somerset et est en 12e année à l'École régionale Notre-Dame, à Notre-Dame-de-Lourdes, dit également avoir été rebutée par le prix de 40 $ pour 100 grelots. Il faut entre 300 et 400 grelots pour chaque robe.

Des sacs remplis de grelots.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Après que le logo ait été pressé, la feuille de métal est ensuite roulée à la main en forme de cônes qui sont ensuite cousus sur les robes.

Photo : Radio-Canada / Riley Leychuk

La robe à grelots et la danse sont des traditions autochtones censées apporter la guérison aux personnes malades. Les danseuses portant les robes forment un cercle autour de la personne malade et dansent autour d'elle afin de lui apporter la guérison.

Émilie McKinney, qui réalise aussi elle-même ses perlages et ses tenues, dit vouloir ramener la signification culturelle de la robe.

« C'est un objet authentique autochtone créé par les Ojibwés », explique-t-elle, ajoutant qu'elle était incapable de trouver un fabricant canadien en mesure de fabriquer ces pièces d'ornement.

C'est sa mère qui l'a encouragée à se lancer.

« Elle a dit : " Je vais faire les miennes." », se souvient Natalie Foidart. « Je l'ai mise au défi. »

Le jour suivant, raconte-t-elle, sa fille est rentrée de l'école avec un logo et toutes deux sont parties de ça.

Un an plus tard, Émilie McKinney a officiellement ouvert l'entreprise Anishinaabe Bimishimo Corporation-Ojibway for First Nations People That Dance.

Elle utilise une presse pour imprimer son logo sur les petites plaques de métal, qui sont ensuite roulées à la main et disposées dans des sacs de 100, vendus 23 $.

Le logo qu'Émilie McKinney a conçu représente plusieurs symboles autochtones sacrés.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le logo qu'Émilie McKinney a conçu revêt une signification culturelle.

Photo : Radio-Canada / Riley Laychuk

Un logo avec une signification

Le logo qu'Émilie McKinney a inventé est composé de grands symboles sacrés autochtones. On y retrouve la roue médicinale pour l'unité, un tipi pour représenter la maison et le fait qu'elle est près de chez elle, une porte pour signifier l'ouverture aux idées et des plumes pour représenter le caractère sacré des grelots.

La jeune fille loue actuellement un espace commercial dans un magasin du comté de Somerset, mais elle aimerait un jour déménager son entreprise dans la Première Nation voisine de Swan Lake et embaucher des gens de la communauté.

Ses grelots sont actuellement offert dans cinq magasins de vente au détail et en ligne. Elle espère également écouler une partie de son stock lors de ses tournées dans divers pow-wows cet été.

Elle admet qu'il a été difficile de mener sa nouvelle carrière d'entrepreneuse parallèlement à ses études, ce qui l'a obligée à rester éveillée jusqu'au petit matin pour finir ses devoirs. Mais elle n'a pas l'intention de ralentir le rythme.

« Je suis déjà rendue si loin, je suis sûre de pouvoir continuer », dit-elle. Elle espère d'ailleurs aller à l'Université de l'Alberta après avoir obtenu son diplôme dans le but d'enseigner dans les écoles autochtones un jour, tout en continuant la danse et en gérant son entreprise.

Avec des informations de Riley Laychuk.

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