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Des infirmières du CHUM retournent dans leur ancien hôpital

L'arrière de l'immeuble du nouveau CHUM, noir et gris.
Le nouveau CHUM, derrière l'entrée de la station de métro Champ-de-Mars. Photo: Radio-Canada / Benoît Chapdelaine
Radio-Canada

Le président du Syndicat des professionnels en soins de santé du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM), Guy Brochu, estime que le départ de près d'une trentaine d'infirmières, rapporté par La Presse, s'explique par les problèmes d'accès au matériel médical et par un manque de stationnements dans le secteur.

Selon La Presse, ces infirmières retournent travailler à l'hôpital Notre-Dame, qui a maintenant une vocation communautaire.

De nombreuses infirmières dénoncent vivement l’absence de stationnement dans ce secteur situé en plein centre-ville de Montréal.

Le fait qu’il n’y ait pas de stationnement près de l’hôpital ou que ceux qui existent soient trop chers oblige les employés à prendre les transports en commun pour se rendre au travail. Or, ceux qui habitent en banlieue et qui doivent aller reconduire de jeunes enfants à la garderie ou à l’école avant d’aller au travail auraient beaucoup de difficulté à être au travail à l’heure.

« L’accessibilité du site, ça on l’avait déjà prévu, c’est un problème », souligne Guy Brochu.

Pour les jeunes infirmières [...] qui ont de jeunes enfants et qui restent sur la Rive-Sud, aller porter le petit à la garderie pour 7 h et prendre le métro ensuite parce qu’il n’y a pas de stationnement au CHUM... Elles ne peuvent arriver à 7 h 45 sur l’étage.

Guy Brochu, président du Syndicat des professionnels en soins de santé du CHUM

Selon Guy Brochu, cette situation difficile devrait s’améliorer lorsque tous les travaux seront terminés et que l'ensemble des stationnements du sous-sol deviendront accessibles.

Plus de réserve de matériel dans chaque unité

L’organisation de la logistique, notamment des stocks de matériel dans les unités, serait une autre raison pour laquelle des infirmières désertent le nouveau CHUM, qui est pourtant l’un des hôpitaux les plus modernes en Amérique du Nord.

Auparavant, chaque unité de soins possédait sa propre réserve de matériel disposée dans des chariots sur les étages. Or, dans le nouveau CHUM, ces chariots ont disparu au profit d’entrepôts plus centraux.

Des infirmières dans une unité de soin.Archive : infirmières de l'hôpital de Maria Photo : Radio-Canada

On n’a plus de réserves [de matériel médical] sur les étages comme à l’époque. Donc s’il y a beaucoup d’imprévus dans la même journée, à un moment donné on n’a plus de matériel pour soigner les patients. Le matériel est dans un entrepôt, j’ignore où.

Guy Brochu, président du Syndicat des professionnels en soins de santé du CHUM

« C’est le processus qui est différent, poursuit-il. Avant, tout le matériel était dans l’unité, on pigeait et ils remplaçaient [le matériel] au fur et à mesure. Mais là, les quantités sont limitées sur l’unité ».

Or, pour Guy Brochu, la question du matériel peut être résolue rapidement à l’interne. « Le matériel, on a le contrôle là-dessus, il faut accélérer pour corriger cette situation-là », dit-il.

Des corridors trop longs?

Un autre irritant évoqué par les infirmières qui quittent le CHUM est la distance plus grande qu’elles doivent parcourir chaque jour, ce qui rogne, selon elles, le temps qu’elles peuvent passer avec les patients.

« Ce n’est pas un problème de riche, c’est un problème de coupures que nous avons eues l’an passé », précise d’entrée de jeu Guy Brochu.

« On a augmenté le nombre de patients par infirmière avec le temps et, en déménageant, on ajoute la notion de distance », souligne le président du syndicat.

Une civière dans un couloir d'hôpital.La distance plus grande entre les locaux diminuerait le temps consacré chaque jour aux patients, selon des infirmières. Photo : Radio-Canada

Si je vais faire un traitement à un patient X et que je dois ensuite aller voir un autre patient, les distances sont plus grandes. Ça prend plus de temps et ajoutez à ça le manque de matériel… je cherche plus.

Guy Brochu, président du Syndicat des professionnels en soins de santé du CHUM

Selon Guy Brochu, la direction n’est pas à blâmer en cette période de rodage du CHUM. Il indique que les gestionnaires et même les membres de la haute direction sont présents sur le terrain pour s'occuper des problèmes, il explique que le nouveau centre hospitalier est tellement grand qu’il faudra encore du temps pour tout arrimer et corriger tous ces irritants.

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