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Deux fois plus de patients sans médecin de famille visitent les urgences

Un homme montre à la caméra un bracelet d'hôpital portant son nom.

Al Patrick exhibe son bracelet d'hôpital.

Photo : CBC / Elizabeth Chiu

Radio-Canada

Le nombre de patients sans médecin de famille ayant visité l'urgence de l'Infirmerie d'Halifax a doublé en cinq ans.

Ce sont les chiffres donnés par le chef du Département de médecine d'urgence pour la zone centrale de la Régie de la santé de la Nouvelle-Écosse, Kirk Magee, qui indique que ces patients représentent 14 % de la clientèle de l’urgence de l’Infirmerie. Cela signifie qu’en moyenne, chaque jour, de 25 à 30 patients sans médecin de famille visitent cette salle d’urgence.

« C’est beaucoup. Nous voyons environ 200 patients par jour », précise le docteur Magee.

« Endurer » sa douleur

Plusieurs patients visitent l’urgence à la suite d’une recrudescence des symptômes d’une maladie chronique dont ils souffrent, une situation qui est exacerbée par la pénurie de médecins de famille, selon les médecins.

« Ils essaient d’endurer, ils sont de bons Néo-Écossais, mais ensuite ils aboutissent dans notre département en situation de détresse aiguë et doivent finalement être admis à l’hôpital parce qu’ils sont trop malades », dit le docteur Magee.

Plusieurs de ces personnes n’auraient jamais été contraintes de se rendre à l’hôpital si elles avaient pu bénéficier d’un suivi par un médecin de famille, insiste-t-il.

C’est le cas d’Allan Patrick, un résident d’Halifax. L’homme de 36 ans a vécu la majeure partie de son existence avec la maladie de Crohn, une maladie intestinale chronique caractérisée par des phases de crises et de rémission.

À la fin décembre, le médecin de famille de M. Patrick a pris sa retraite. Quelques jours plus tard, M. Patrick s’est retrouvé à l’hôpital, en proie à des douleurs insupportables causées par une récente poussée de sa maladie.

Tout a commencé quand la pharmacie de M. Patrick a livré ses médicaments avec une journée de retard et qu’il a commencé à ressentir des symptômes. Il a décidé de supporter ceux-ci quelque temps, mais le 7 janvier, les vomissements et la nausée étaient si intenses qu’il a été contraint de se rendre à l’hôpital, où on lui a administré des corticostéroïdes par intraveineuse et une dose de Dilaudid, un opioïde contre la douleur.

M. Patrick n’a pas eu le choix de se rendre à l’urgence, mais s’il avait eu un médecin de famille, soutient-il, il aurait pu prendre des mesures préventives pour ne jamais être rendu à cette extrémité. « Je n’aurais pas attendu quatre ou cinq jours de plus », dit-il.

Personne pour renouveler les ordonnances

D’autres patients sans médecin de famille se rendent à l’urgence pour faire renouveler leur ordonnance.

Le docteur Magee s’avoue réticent à prescrire ces médicaments, car les conditions médicales qui affligent ces personnes n’entrent pas dans son champ d’expertise. « Je ne peux pas vraiment faire ça comme urgentologue », dit-il. Les patients quittent alors l'urgence déçus ou contrariés.

Le docteur Kirk Magee au travail à l'hôpital.

Le docteur Kirk Magee est le chef du Département de médecine d'urgence pour la zone centrale de la Régie de la santé de la Nouvelle-Écosse.

Photo : CBC / Elizabeth Chiu

Pour certains médicaments, par exemple ceux pour la haute pression artérielle ou pour la dépression, il est difficile d’assurer un suivi si le patient compte sur les urgences pour renouveler son ordonnance. Si le traitement est inefficace ou entraîne des complications, cela pose un problème.

« S’ils n’ont pas de médecin de famille, je me demande toujours si leur état ne va pas empirer au point où ils devront être admis [à l’hôpital] », relève le docteur Magee.

Le médecin rapporte aussi que certains patients cherchent à investiguer sur certains ennuis de santé, par exemple une carence en minéraux ou en vitamines, qui sont certes importants, mais ne causent pas de crise aiguë justifiant une visite aux urgences.

Les médecins de famille sont l’épine dorsale du système de santé, soutient le docteur Kirk Magee. Lorsque les patients n’y ont pas accès, conclut-il, c’est tout le reste du réseau qui doit compenser et absorber le choc.

Avec les informations de CBC

Nouvelle-Écosse

Hôpitaux