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Un Néo-Écossais ne peut obtenir l'aide médicale à mourir faute de personnel

Weldon Bona, 62 ans, ne trouve personne pour l'aider à mourir, même si son dossier a été approuvé.

Weldon Bona, 62 ans, ne trouve personne pour l'aider à mourir, même si son dossier a été approuvé.

Photo : Weldon Bona

Radio-Canada

Un homme de Sydney, en Nouvelle-Écosse, qui souffre d'un cancer en phase terminale, est incapable d'obtenir une aide médicale à mourir pour mettre fin à ses jours. Le programme d'aide médicale à mourir de la Nouvelle-Écosse a pourtant approuvé le dossier de Weldon Bona l'automne dernier.

La semaine dernière, l’homme de 62 ans a averti les autorités qu’il était prêt à mourir. Mais il a constaté que personne n’était disponible pour l’aider. « Quand on pense que tout est réglé, on apprend qu’on devra attendre », dénonce Weldon Bona. « Vraiment? Je dois attendre pour mourir? »

Manque de respect

Weldon Bona a appris que son médecin était à l’extérieur de la région. Il a demandé à ce qu’un autre médecin ou une infirmière praticienne puisse lui offrir le service, en vain.

Ses amis et sa famille ont appelé la direction du programme d’aide à mourir de la Nouvelle-Écosse. « Quand Weldon m’a dit qu’il voulait mettre fin à ses jours de cette façon, ça m’a ébranlée », dit son amie Holley Grant.

« Mais il m’a fait comprendre qu’il était heureux de sa décision, en partie parce qu’il pensait garder le contrôle sur ses dernières heures. Maintenant, il a perdu ce contrôle », dit-elle. « C’est un manque de respect total pour ses dernières volontés. »

Festin avec ses proches

Weldon Bona a planifié sa dernière soirée, qui inclut un festin d’anguilles, de homards et de champagne. Il a rassemblé ses amis et les membres de sa famille et est serein face à sa décision.

« Je me connais bien et je connais bien mon corps et ses limites », indique-t-il. « Mes amis sont prêts et je suis prêt à partir. »

Un autre ami de longue date, Dave Douglas, dit que la situation est lourde pour tout le monde. « On ne pensait sûrement pas qu’à la dernière minute, on aurait toutes ces embûches », dit-il. « Il y a beaucoup de frustration et d’angoisse, ce qui est le contraire des objectifs du programme d’aide médicale à mourir. »

Un manque de professionnels

L’aide médicale à mourir est légale au Canada depuis juin 2016. La Régie de la santé de la Nouvelle-Écosse indique que moins de 20 médecins et infirmières praticiennes participent au programme provincial.

Aucun d’entre eux ne se trouve au Cap-Breton. La régie dit qu’il est donc impossible de répondre au souhait de tous les patients au moment où ils désirent mettre fin à leurs jours.

Obligation morale

L’obstétricienne Robyn MacQuarrie offre l’aide médicale à mourir. « Personne n’y participe de façon exclusive. On le fait de façon volontaire, en plus de nos autres tâches. Ça nous enlève du temps avec nos patients », dit-elle.

L'obstétricienne Robyn MacQuarrie participe au programme provincial d'aide médicale à mourir.

L'obstétricienne Robyn MacQuarrie participe au programme provincial d'aide à mourir.

Photo : Radio-Canada / CBC/Robert Short

Robyn MacQuarrie dit que la régie doit recruter plus de médecins et d’infirmières. « Pour moi, il s’agissait d’une obligation morale d’aider des gens qui en ont besoin », dit-elle. « Je ne pense pas que tout le monde comprend à quel point les besoins sont grands. »

Elle affirme que le défi est d'offrir le service à la grandeur de la province. « C’est vraiment difficile et nous demandons à nos patients d’être un peu flexibles », dit Robyn MacQuarrie.

Weldon Bona dit pour sa part qu’il a décidé de parler aux médias pour que personne d’autre n’ait à vivre la même situation que lui.

Avec les informations de CBC

Nouvelle-Écosse

Société