•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les bons coups et les défis du cinéma francophone hors Québec

Phil Comeau à côté d'une affiche du FRIC.

Le cinéaste néo-brunswickois et président du Front des réalisateurs indépendants du Canada, Phil Comeau.

Photo : Radio-Canada / Catherine Logan

Radio-Canada

Cette semaine, les intervenants de l'industrie cinématographique canadienne se sont donné rendez-vous à Winnipeg, à l'occasion du colloque All Access, qui comprenait pour la deuxième fois un volet francophone. Radio-Canada en a profité pour faire un tour d'horizon du cinéma francophone hors Québec.

Correctif
Une version précédente de ce texte indiquait que le volet francophone était organisé pour la première fois.

Au cours des dernières années, les cinéastes francophones à l’extérieur du Québec ont gagné en visibilité à l’échelle nationale et internationale.

Il n'est plus rare de voir des oeuvres canadiennes-françaises primées lors d’importantes remises de prix et à des festivals tels que le Festival international du film sur l’art (FIFA), le Festival international des films sur le sport ou même le festival Sundance.

Un appétit grandissant

Phil Comeau, président du C.A. du Front des réalisateurs indépendants du Canada (FRIC), souligne que les bailleurs de fonds favorisent maintenant la francophonie canadienne.

« Je pense qu'ils se rendent compte que les réalisateurs font de bons films maintenant. On a beaucoup plus d'expérience. Il y a des réalisateurs au Front des réalisateurs indépendants du Canada [...] ça fait 40 ans qu'il font des films. »

Ce que les réalisateurs réclament, dit Phil Comeau, c’est de se retrouver sur un pied d’égalité avec leurs homologues québécois en ce qui concerne le financement provincial. « On voudrait avoir les mêmes [occasions] que les autres Canadiens », lance-t-il.

Au Québec, la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) a déboursé environ 38 millions de dollars pour financer 329 productions cinématographiques et télévisuelles en 2016-2017, dont 32 longs métrages de fiction et 17 longs métrages documentaires.

Toutefois, dans certaines provinces, comme au Manitoba, le gouvernement fournit seulement un crédit d’impôt aux cinéastes. Les adeptes du septième art doivent donc recourir à des sources fédérales ou à d’autres fonds privés pour se financer.

Avec notre maturité, on voudrait être capables de faire des longs métrages, et souvent, on les finance nous-mêmes, ou c’est des amis qui vont participer.

Phil Comeau, réalisateur et président du FRIC

M. Comeau souligne qu’il est encore très difficile pour les réalisateurs hors Québec de s'assurer d'obtenir des fonds pour les longs métrages francophones de fiction. En 50 ans d’existence, Téléfilm Canada n’en a financé que 5 en dehors de la Belle Province, alors que l'organisme en parraine 25 chaque année au Québec.

La situation est bien pire pour les longs métrages documentaires en français : Téléfilm Canada n’en a financé aucun dans les provinces majoritairement anglophones.

Mesurer le succès autrement

Les intervenants du domaine disent qu’il faut quantifier la réussite différemment en situation francophone minoritaire, car des comparaisons de chiffres bruts ne donnent pas une bonne idée des retombées culturelles d’un film.

« Quand on réussit à atteindre une toute petite communauté qui est un îlot francophone et qu’on atteint 90 % de cette communauté-là, même s’ils ne sont que 300 personnes, ça va avoir un impact au niveau culturel », affirme Dominic Desjardins, producteur exécutif du Studio de la francophonie canadienne à l’Office national du film du Canada.

C’est un succès dans cette communauté-là.

Dominic Desjardins, producteur exécutif du Studio de la francophonie canadienne à l’Office national du film du Canada

Le scénariste et réalisateur Gabriel Tougas souligne que les mesures prises par différents organismes dans l’ouest et en Acadie pour stimuler la production hors Québec portent leurs fruits. « Maintenant, on a toutes sortes de boîtes de production indépendantes qui se montent et qui pitchent des projets », fait-il remarquer.

M. Tougas note toutefois que la compétition est d'autant plus ardue, car davantage de réalisateurs hors Québec sont maintenant en lice pour obtenir du financement.

Cinéma

Arts