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Histoires de bébé et de hijab : nouveaux ratés de la police?

logo de la police de Toronto sur une veste de la police de Toronto

Deux affaires soulèvent des questions sur les communications entre la police et les médias.

Photo : Radio-Canada / Craig Chivers

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

À Toronto, deux récentes enquêtes policières qui sont maintenant closes soulèvent des questions sur les méthodes de communication entre la police et les médias. La première portait sur une fausse histoire d'une élève de 11 ans qui prétendait avoir été agressée par un inconnu qui avait découpé son hijab avec des ciseaux. La seconde concernait une histoire d'un bébé qui avait été prétendument abandonné dans le passage extérieur d'un centre commercial dans le nord de la métropole.

Un texte de Jean-Philippe Nadeau

L’Association des policiers de Toronto dit que les enquêteurs dans ces deux affaires n’ont rien à se reprocher. Dans l’affaire du hijab, elle soutient que ce n’est pas elle qui a convoqué la presse, mais bien le conseil scolaire public anglais et la famille de la fillette alors que l’enquête n’avait pas encore été complétée.

Dans l’histoire du bébé, l’Association affirme qu’il y avait danger pour la vie du nouveau-né et de la mère, peu importe si les premières informations à leur sujet étaient incorrectes. Elle refuse d’ailleurs de dire que ces deux affaires étaient de « fausses nouvelles ».

Le président de l’Association, Mike McCormack, dit qu’« il est dans l’intérêt du public que l’information soit rapidement dévoilée par l’intermédiaire des médias, lorsqu’il faut par exemple retracer des témoins pour les fins de l’enquête. »

Mike McCormack de l'Association des policiers de Toronto
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Mike McCormack de l'Association des policiers de Toronto

Photo : CBC

Mike McCormack refuse toutefois d’expliquer les raisons pour lesquelles la police a annulé une conférence de presse mardi au sujet de l’abandon présumé du bébé pour remettre les pendules à l’heure et qu’elle a préféré garder le silence. Le responsable des communications au service de police de Toronto, Mark Pugash, ne nous a pas rappelés à ce sujet.

Rappelons que la police de Toronto a clos l’enquête à ce sujet mercredi et qu’aucune accusation criminelle ne sera déposée contre quiconque dans cette affaire. La police refuse toutefois de confirmer si la personne qui avait alerté le 911 après avoir prétendument découvert le nourrisson était bien la mère de l’enfant. La femme, qui avait été retrouvée mardi après-midi, est toujours hospitalisée et son bébé prématuré est toujours dans un état critique à l’hôpital.

Transparence et imputabilité

La Coalition torontoise sur la responsabilisation de la police croit au contraire que la police n’a pas vérifié les faits avant de les révéler de façon précipitée selon elle à la presse. Elle parle d’un coup de publicité visant à redorer son blason après des ratés dans les récentes enquêtes criminelles sur la disparition de plusieurs hommes gais dans le « Village », le meurtre de Tess Richey et la mort suspecte du couple Sherman. « Ce genre d’attitude éclipse bien souvent l’idée de transmettre au public une information exacte et prudente », explique le coordonnateur de la Coalition, John Sewell.

John Sewell met également la faute sur les réseaux sociaux comme Twitter qui ont réagi beaucoup trop vite selon lui en retransmettant de fausses informations. Il ajoute que la police a intérêt à tirer des leçons au plus vite de ces deux événements qu’il qualifie de malheureux.

Un portrait du coordonnateur de la Coalition torontoise sur la responsabilisation de la police, John Sewel devant son bureau. Il porte des lunettes et est âgé de 77 ans.
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John Sewell est le coordonnateur de la Coalition torontoise sur la responsabilisation de la police. Il a également été maire de Toronto de 1978 à 1980.

Photo : Radio-Canada

M. Sewell suggère notamment à la police de se départir de son système de radio communication pour éviter que les médias n’arrivent sur les lieux d’un événement avant que la police n’ait eu le temps de recueillir des informations pertinentes à leur communiquer. Il dit comprendre que les médias n’ont pas d’autres choix que de se fier à ce que la police veut bien leur donner comme informations. Mais il propose du même souffle que les médias fassent leurs propres recherches.

La police doit ensuite complètement changer selon lui sa stratégie de communication. « La police doit devenir plus transparente, parce qu’elle n’est pas une institution privée, mais bien un service public », précise-t-il.

M. Sewell estime que les policiers ont tendance à trop travailler en vase clos, même s’ils ont recours aux médias pour faire passer leur message dans la communauté. Il n’hésite pas à dire qu’il existe maintenant un danger que les médias commencent dorénavant à mettre en doute certaines informations de la police.

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