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2018 : une année d’incertitudes et d’espoirs pour les Franco-Manitobains

Drapeau franco-manitobain peinturé
2018, une année d'attente pour les Franco-Manitobains Photo: Radio-Canada

Des organismes francophones du Manitoba attendent de pied ferme le Plan d'action sur les langues officielles que prépare Ottawa. Après avoir vécu une année dans la précarité, ils espèrent que cet exercice leur permettra de mieux répondre aux besoins de la communauté.

« Ce plan d’action est critique actuellement pour notre communauté », déclare Daniel Boucher, directeur général de la Société de la francophonie manitobaine (SFM).

Prévu pour avril 2018, le financement du prochain plan d’action devra être bonifié pour répondre aux besoins de la communauté, croit toutefois M. Boucher.

Le plan d'action attendu remplacera l'actuelle Feuille de route pour la dualité linguistique, mise en place par l'ancien gouvernement de Stephen Harper. Cette Feuille de route, d'une durée de cinq ans, arrive à échéance en mars 2018. Pendant la campagne électorale qui l'a porté au pouvoir en octobre 2015, le Parti libéral de Justin Trudeau s'était engagé à mettre en place un plan d'action qui bonifierait la Feuille de route, lorsqu'elle viendrait à échéance. Une tournée de consultations dans l'ensemble des provinces et territoires a été organisée en 2016 pour alimenter le nouveau plan d'action. Depuis, les organismes attendent de voir ce que leur réservera ce plan, qui est sous la responsabilité de la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly.

Selon le directeur général de la SFM, la viabilité des francophones du Manitoba dépend de ce plan. « L’ensemble de nos organismes ont des besoins [en ce moment], que ce soit des programmes en région rurale, en immigration, petite enfance et du côté du système de santé. »

Sans plan d’action, sans financement rattaché au plan d’action, on ne fait pas d’activités. On ne peut pas rester où on est aujourd’hui.

Daniel Boucher, directeur général de la Société de la francophonie manitobaine

Santé et petite enfance en attente

Même son de cloche du côté de la Fédération des parents du Manitoba (FPM), où on espère beaucoup du prochain plan d’action du gouvernement fédéral pour assurer la survie de la petite enfance. « On devait avoir le plan en automne, mais le gouvernement ne l’a pas fait encore », indique Brigitte L’Heureux, directrice générale de la FPM.

« En 2017, on n’a pas eu vraiment de mode de financement pour les garderies et aucune augmentation de financement pour nos organismes », se désole Mme L’Heureux. Elle espère qu’un budget sera strictement réservé aux enfants d’âge préscolaire.

Du côté de l'organisme Santé en français, les attentes envers le gouvernement de Justin Trudeau sont élevées. « Il y avait eu des consultations dans le pays pour parler des besoins, rappelle la directrice générale, Annie Bédard. Est-ce qu’ils arriveront à livrer la marchandise et répondre à toutes les ententes d’ici la fin mars? On y compte bien. »

Elle croit que plus le plan d’action tarde, plus les organismes peineront à maintenir le cap et à offrir un service de qualité aux Franco-Manitobains.

Réglementation des langues officielles

Devant les changements dans la démographie des francophones au Manitoba, la SFM a déposé devant la Cour fédérale une poursuite qui remet en question la façon dont Ottawa calcule le nombre de francophones en milieu minoritaire. Cette poursuite a été suspendue après que le président du Conseil du Trésor, Scott Brisson, a annoncé que la réglementation de la Loi sur les langues officielles allait être revue.

« La réglementation [n'a pas été] revue depuis 1991. La communauté n’est plus du tout la même qu’elle l’était à ce moment-là », précise Daniel Boucher.

Pour nous, c’est le temps de faire le point et d’avoir une Loi sur les langues officielles qui est moderne et à jour.

Daniel Boucher, directeur général de la Société de la francophonie manitobaine

M. Boucher rejette cependant la possibilité de voir cette modernisation devenir réalité en 2018. « Je serais surpris que cela change cette année. Au moins, il y a des démarches qui ont commencé », dit-il.

Le directeur général de la SFM rappelle que plus le gouvernement tarde à effectuer une révision de la réglementation, plus le Manitoba risque de perdre des services pour les francophones, puisque ces derniers sont livrés sur la base des nombres.

Médias communautaires

« Comme tout le monde, on attend avec impatience le Plan d'action sur les langues officielles », insiste Yaya Doumbia, directeur général de la radio communautaire Envol 91.

Selon lui, l’initiative du gouvernement permettra de déterminer l'avenir des radios communautaires. « Sans l’appui d’Ottawa, notre année sera boiteuse. Le gouvernement doit aussi revoir sa politique sur les publicités puisque ce sont des sources de revenus importantes pour nous », explique-t-il.

Marc Marion, président de Presse Ouest Itée qui publie La Liberté, va dans le même sens. « La Liberté a subi de légères pertes, [de près de] 30 000 dollars, l’année dernière. Si les choses continuent d’aller de pire en pire, éventuellement ce ne sera plus possible de joindre les deux bouts », dit-il.

Il prévient que des décisions difficiles pourraient être prises, comme la diminution des effectifs.

« On s'attendait, au Manitoba, à ce que le gouvernement prenne ses obligations au sérieux, dit-il. Au contraire, il prend des mesures pour que le seul journal francophone au Manitoba ne puisse pas continuer. »

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