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Des aînés dans des chambres improvisées faute de places

Le reportage de Michel-Félix Tremblay

À Grande-Vallée, c'est plus de 80 personnes qui attendent d'avoir leur place à la Maison des Aînés afin de demeurer enracinées dans leur milieu, près de leur famille. L'établissement de 20 unités est déjà bondé, il accueille 23 résidents, dont trois qui doivent vivre dans des chambres improvisées.

Un texte de Adrianne Gauvin-Sasseville

Pourtant, un projet d’agrandissement d'une dizaine d'unités a été accepté dans le cadre du programme AccèsLogis Québec, mais une exigence du gouvernement nuit à sa réalisation. Québec demande au milieu de débourser 700 000 dollars sur le total de 2,7 millions de dollars.

Quand on regarde le politique qui embarque dans des grosses compagnies comme Bombardier, il leur manque des sous et il les finance. C'est quoi investir pour nos aînés qui ont été nos fondateurs de nos villages, ils méritent cela.

Diane Bélanger, directrice de la Maison des Aînés

Ce montant représente 25 % des coûts du projet, pour l'une des municipalités les plus pauvres du Québec.

Bricoler des murs à l'aide de rideaux

Depuis six mois, Jeanne d’Arc Lebreux habite le sous-sol de la Maison des Aînés, avec comme seuls murs des rideaux. Sa fille, Jocelyne Côté, lui rend visite tous les jours. « Si tu veux jaser avec maman en privé, faut quasiment que j’y aille quand les autres sont couchés ou pas levés », explique-t-elle.

La dame âgée de 94 ans partage une salle de bain et un salon improvisé avec deux autres résidents. En attendant de retrouver son intimité, Mme Lebreux patiente et demeure positive. Pour cette femme originaire de Grande-Vallée, pas question de quitter pour Gaspé ou Sainte-Anne-des-Monts.

C’est sûr qu’une chambre, ce serait bien plus commode, franchement, mais ce qui a de facile ici en bas, on n’entend pas le vent.

Jeanne d'Arc Lebreux, résidente de la Maison des Aînés

Finir ses jours devant la mer

Marcelle Lamy, l'une des fondatrices de la Maison des Aînés, a sa place dans la résidence depuis quatre ans.

Elle se désole d'apprendre que pour d'autres, la situation n'est pas aussi simple. Certains doivent quitter leur milieu pour aller vivre à Gaspé ou à Sainte-Anne-des-Monts.

Une femme âgée est assise dans un fauteuil et lit un livre, Elle se trouve dans une chambre d'une résidence pour personnes âgées. Marcelle Lamy cofondatrice de la Maison des Aînés Photo : Radio-Canada

Je vais sur la côte pis je vois la mer, tu ne peux pas m’enlever ça. Tu m’enlèveras jamais ça. J’aimerais vivre, mourir et avoir la mer en avant de moi.

Marcelle Lamy, cofondatrice de la Maison des Aînés
Point de vue sur le village de Grande-Vallée en hiver, situé en Gaspésie. Les maisons bordent le fleuve Saint-Laurent. La municipalité de Grande-Vallée en hiver Photo : Radio-Canada

La solution au bout des doigts

La part de 700 000 dollars demandée bloque les travaux d'agrandissement à la Maison des Aînés. Au Québec, 10 000 unités ne peuvent pas être concrétisées en raison de ces parts du milieu dont le montant est irréaliste.

Le directeur général du Groupe ressource en logements collectifs pour la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Ambroise Henry, affirme qu'un fond de 38,5 millions de dollars est disponible à la Société d'habitation du Québec (SHQ) pour ce type de projet.

Dans les régions éloignées, c’est particulièrement criant le besoin parce que les milieux n’ont pas la capacité d’assumer ces parts de milieu.

Ambroise Henry, directeur général du GRLCGIM

Ce fond pourrait débloquer des projets comme celui de l'agrandissement de la Maison des Aînés. Les municipalités du secteur de l'Estran réclament du gouvernement Couillard qu'il rehausse l'aide financière versée aux régions éloignées, mise à mal par les compressions en début de mandat.

Le nouveau programme d'AccèsLogis devrait être lancé en avril.

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