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Une perte très limitée de neurones accompagnerait l’alzheimer

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Représentation artistique de neurones et de synapses.

Photo : iStock

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La maladie d'Alzheimer s'accompagne d'une faible diminution de marqueurs neuronaux et synaptiques, montrent des travaux menés par des scientifiques français et canadiens, dont les résultats bousculent le consensus scientifique établi depuis plusieurs années. Explications.

Un texte d'Alain Labelle

L’alzheimer est classée parmi les maladies neurodégénératives comme le parkinson, la maladie de Huntington et la sclérose latérale amyotrophique (SLA). Elle est donc associée à une perte progressive et importante de neurones et de leurs terminaisons nerveuses, les synapses.

Or, la présente recherche menée sur un groupe limité de 170 personnes atteintes, à différents stades de la maladie, montre au contraire qu’elle ne s'accompagne que d’une faible diminution de marqueurs (des protéines) neuronaux et synaptiques.

Le saviez-vous?

La maladie d'Alzheimer ou une autre forme de démence frappent actuellement 564 000 Canadiens. Pas moins de 937 000 en seront atteints dans 15 ans. À ce jour, il n'existe aucun traitement réellement efficace pour traiter la maladie d'Alzheimer. (Société Alzheimer du Canada)

Les équipes dirigées par Salah El Mestikawy, de l’Institut universitaire en santé mentale Douglas à Montréal, et Stéphanie Daumas, de l’Université Pierre et Marie Curie à Paris, ont étudié huit marqueurs neuronaux ou synaptiques situés dans le cortex préfrontal de leurs sujets, pour ne constater que de très faibles pertes de neurones et de synapses.

« Notre étude suggère donc que, contrairement à ce qu'on pensait, la perte neuronale et synaptique est relativement limitée dans la maladie d'Alzheimer. C'est un changement radical de perspective. »

— Une citation de  Pr Salah El Mestikawy, Institut universitaire en santé mentale Douglas

Les auteurs, dont les travaux sont publiés dans la revue Scientific Reports (Nouvelle fenêtre), ont aussi tenté d’associer ces baisses synaptiques limitées avec le niveau de démence des personnes étudiées, mais ont constaté que ces baisses n'ont que peu d'impact sur leurs capacités cognitives.

Le saviez-vous?

Un cerveau humain possède entre 860 et 100 milliards de neurones.

Un dysfonctionnement plutôt qu’une destruction

Cette étude laisse donc à penser que cette démence serait liée à un dysfonctionnement des synapses plutôt qu'à leur disparition du cortex des personnes atteintes. Selon les chercheurs, l'identification de ce dysfonctionnement permettra la mise au point de traitements efficaces de cette maladie.

« Jusqu'à aujourd'hui, les interventions thérapeutiques visaient à ralentir la destruction des synapses. D'après notre étude, il va falloir changer notre approche thérapeutique. »

— Une citation de  Salah El Mestikawy

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