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Vague de départs au PQ : même avec les circonstances atténuantes...

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, et la députée  Agnès Maltais lors d’un point de presse dans le bureau de la circonscription de Taschereau.

Le chef du PQ, Jean-François Lisée, et la députée Agnès Maltais

Photo : Radio-Canada / Cathy Senay

Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Même en tenant compte de toutes les circonstances atténuantes, qui sont bien réelles et importantes, l'annonce du départ, le même jour, de cinq des membres du caucus péquiste, déjà émacié par la cruelle défaite de 2014, ne peut pas être vue autrement que comme un sérieux signal d'alarme.

On peut invoquer toutes sortes d’explications. D’abord, ces départs sont, à une exception près, ceux de vétérans qui avaient bien servi leur parti, mais qui avaient leur avenir politique derrière eux.

Ensuite, il s’agit d’un sous-produit de notre première élection à date fixe : il n’y a plus de raison de demeurer silencieux « sur son départ » au cas où le gouvernement déciderait de prolonger son mandat d’une saison ou deux.

Mais il y a plus. L’automne s’annonçait radieux pour le Parti québécois. Le congrès du début de septembre a donné un vote de confiance historique au chef, Jean-François Lisée. La proposition principale – l’essentiel de la plateforme du parti en vue des prochaines élections – a été adoptée pratiquement sans dissensions.

Les députés avaient toutefois à peine quitté le Palais des congrès qu’un automne catastrophique commençait pour le Parti québécois qui s'est soldé par une troisième place dans les sondages. Avec des intentions de vote oscillant entre 19 % et 24 %, la possibilité de ne plus être un groupe parlementaire reconnu à l’Assemblée nationale est bien réelle.

Le chef péquiste est devenu pratiquement invisible. Il a même été rabroué par des membres influents de son caucus quand il a voulu présenter une plateforme électorale fortement identitaire et qui aurait fait en sorte d’interdire la présence de certains vêtements d’inspiration religieuse dans l’espace public.

On notera que, des six députés qui ont, officiellement ou officieusement, annoncé leur départ, mardi, aucun n’avait appuyé M. Lisée lors de la course au leadership. En fait, on y trouvait l’essentiel de l’aile du PQ qui croyait à un nationalisme plus inclusif.

M. Lisée a, en grande partie, gagné son poste de chef en faisant appel au courant plus identitaire du PQ. Mais l’échec de la Charte des valeurs qui, quoiqu’en disent ceux qui la défendent encore, a fortement contribué à la défaite du gouvernement Marois en 2014, a montré que le PQ ne pouvait gagner en se basant sur une telle plateforme.

Malaise évident

Il y a un malaise évident au sein du PQ devant le fait que le chef puisse toujours être tenté de choisir cette voie, qui est loin de faire l’unanimité dans le parti. Cette ligne de fracture est majeure et le conflit qu’elle met en lumière est loin d’être réglé.

Dans les circonstances, il est difficile de penser que le départ d’Alexandre Cloutier, à 40 ans seulement, ne peut être lié à cette fracture.

Il y a cependant un problème encore plus grand pour le PQ. En politique, des départs signifient nécessairement des arrivées. Le PQ doit montrer que ces départs seront compensés par des recrues prestigieuses. Des gens qu’on identifiera d’emblée à des membres d’une équipe de gouvernement.

Actuellement, le nom qui revient le plus souvent est celui de l’ancien chef d’Option nationale, Jean-Martin Aussant. Mais, malgré les qualités bien réelles de M. Aussant, il s’agirait d’une candidature qui, pour l’essentiel, permettrait de rallier la base souverainiste, mais qui ne permettrait guère d’élargir cette base.

Et il n’est pas encore certain que celui qui a quitté le PQ parce que Pauline Marois ne voulait pas s’engager à tenir un référendum trouvera un terrain d’entente avec un chef qui s’est fait élire – une première dans l’histoire du PQ – sans promettre un échéancier référendaire, quel qu'il soit.

Jean-François Lisée a beau dire qu’il ne s’agit pas d’une crise, mais d’une situation normale en fin de mandat… On ne le croira que s’il est capable de remplacer la qualité et l’expérience, tout comme si les candidats en question arrivent à insuffler les mêmes espoirs d’un avenir prometteur que ceux qui ont choisi de partir.

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