•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Quantic Dream et David Cage, accusés de harcèlement et de discrimination

Une capture d'écran d'une bande-annonce du jeu <i>Detroit: Become Human</i> montrant un personnage humain à la mâchoire percée qui saigne du sang bleu.
Une capture d'écran d'une bande-annonce du jeu Detroit: Become Human, attendu en 2018. Photo: Quantic Dream
Radio-Canada

Quantic Dream, l'un des plus importants studios indépendants de jeux vidéo français, est ciblé par une poursuite pour harcèlement et discrimination, en plus d'être accusé de plusieurs problèmes internes par des employés et d'ex-employés, rapporte la presse française. Des allégations réfutées par l'entreprise.

Révélée dimanche par trois enquêtes indépendantes du Monde, de Mediapart et de Canard PC, cette histoire entache la réputation du studio fondé en 1997 par David Cage, un célèbre créateur de jeux vidéo qualifié de Jean-Luc Godard du pixel par le magazine français L’Express.

Quantic Dream est derrière de grands succès des dernières années, dont Heavy Rain et Beyond: Two Souls. Son prochain jeu vidéo, Detroit: Become Human, est parmi les jeux les plus attendus de l’année 2018.

Les allégations

Sexisme, racisme, homophobie, actions déplacées des dirigeants, surcharge de travail, contrats à la limite de la légalité, les accusations d’employés et d’ex-employés de Quantic Dream s’accumulent dans les articles de la presse française.

Des photomontages dégradants ayant circulé à l’interne auraient même mené cinq anciens employés à porter plainte contre l’entreprise et l’un de ses salariés. Le Monde, qui a eu accès à ces 600 photomontages, a constaté que certains montraient des salariés de Quantic Dream « dans des positions sexuelles, affublés de codes homophobes ou sexistes, ou encore grimés en nazis ».

Selon le journal, les dirigeants de l’entreprise étaient en copie de tous les courriels concernant les photomontages, bien qu’ils affirment ne pas avoir été mis au courant avant février 2017, au moment de la plainte. L’enquête policière est toujours en cours dans ce dossier.

David Cage en train de pointer un écran d'ordinateur à Dominique de Villepin, pendant qu'un employé travaille devant eux.David Cage (à l'arrière) en train de montrer le travail accompli sur l'un des jeux vidéo de Quantic Dream à Dominique de Villepin (à droite), en 2005. Photo : La Presse canadienne / Jack Guez

Aussi bien David Cage que son bras droit, Guillaume de Fondaumière, sont décrits dans des témoignages comme ayant une attitude grossière envers les femmes. David Cage affectionnerait les blagues osées envers la gent féminine et les blagues racistes et homophobes. Il aurait aussi une opinion peu reluisante des actrices participant à la conception de ses jeux. M. de Fondaumière aurait de son côté été insistant avec d’anciennes employées et aurait l’habitude de faire de longues bises.

Quantic Dream se défend

Les deux principaux intéressés se défendent d’avoir mal agi. M. Cage dit que son travail avec Ellen Page, une actrice homosexuelle militante pour les droits LGBT, ainsi que sa collaboration avec Jesse Williams, militant antiraciste, parlent d’eux-mêmes. Guillaume de Fondaumière nie en bloc toutes les accusations de comportements déplacés.

Des scènes des jeux de David Cage ont soulevé l’indignation par le passé parce qu’elles utilisaient le corps des femmes comme un objet, selon certains. Une bande-annonce de Detroit: Become Human présentée l’automne dernier avait d’ailleurs fait réagir pour une scène de violence conjugale.

Dans un autre jeu, Farenheit, il est possible d’apercevoir un personnage portant les traits de David Cage danser avec la protagoniste (Nouvelle fenêtre), qui porte seulement des sous-vêtements. Une scène d’effeuillage et une autre montrant une femme nue en train de prendre une douche complètent le tableau.

Quantic Dream a publié un court communiqué sur Twitter dimanche, en guise de défense contre les allégations relayées par les médias français.

« Les conduites ou pratiques inappropriées n’ont pas leur place chez Quantic Dream, peut-on y lire. Nous avons pris et prendrons toujours celles-ci très au sérieux. [...] Il est de la plus haute importance pour nous de maintenir un environnement de travail respectueux et propice à l’épanouissement de notre passion pour la création de jeux vidéo. »

Avec les informations de Le Monde, Mediapart, et Canard PC

Jeux vidéo

Techno