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Mélikah Abdelmoumen : « Traduire la réalité en mots la trahit forcément »

L'auteure Mélikah Abdelmoumen
L'auteure Mélikah Abdelmoumen Photo: Mathieu Rivard

Lorsqu'il s'agit de raconter un fait vécu, on joue, parfois involontairement, sur la limite entre le vrai et le faux. « Écrire infléchit la réalité », explique l'auteure Mélikah Abdelmoumen, qui a sélectionné l'an passé les meilleurs textes soumis au Prix du récit Radio-Canada.

Selon l'auteure d'origine tunisienne et saguenéenne, qui a consacré sa thèse de doctorat au père de l'autofiction, Serge Doubrovsky, « traduire la réalité en mots la trahit forcément ».  Ce jeu littéraire et esthétique, le lecteur peut aimer ou... détester s'y faire piéger!

La passion de découvrir

Mélikah Abdelmoumen est revenue récemment vivre au Québec, après un long séjour en France dont elle a tiré un récit à paraître en mars 2018 chez vlb éditeur, Douze ans en France (Nouvelle fenêtre).

Aujourd'hui, elle partage son temps entre l'écriture, la recherche, l'enseignement et l'édition. Tous ces métiers ont en commun « le travail qui [la] rend le plus heureuse, à côté de l’écriture : la lecture, l’évaluation, la découverte, l’annotation, l’étude de textes. »

Au cours de son travail de sélection pour les Prix de la création Radio-Canada, elle a été frappée par le fait que dans tous ces textes, même ceux qu'elle ne retenait pas, « quelqu’un avait pris la peine, s’était donné le mal de tenter de mettre en mots, de donner à voir, à lire, un moment marquant, souvent douloureux, terrible, choquant de son histoire. »

Chacun des participants que je lisais avait eu ce courage. Respect et humilité.

Mélikah Abdelmoumen

De l'anecdote au texte littéraire

Qu'est-ce qui fait un bon récit? Pour Mélikah Abdelmoumen, il est difficile de répondre sans pontifier. « Il est important, lorsqu’on participe à un concours littéraire, de savoir la différence entre pure confidence, pur épanchement par écrit (qui sont tout à fait légitimes et ont absolument leur raison d’être) et texte littéraire. »

Dans le premier cas, il s’agit de se décharger d’un poids et de vouloir le partager avec d’autres. Dans le second, il peut y avoir bien sûr le désir de se décharger d’un poids et de le partager avec d'autres, mais il faut que cela passe par « les mécanismes qui transformeront la confidence pure en œuvre : un travail sur la langue et la forme, un travail esthétique ».

Des récits inoubliables

Pour Mélikah Abdelmoumen, les textes qui se démarquent sont « des tranches de vie transfigurées », transformées en œuvres littéraires sous la plume des auteurs, et qui se terminent sur « un moment, une phrase, une ouverture qui fait que moi, lectrice, je serai incapable de les oublier ».


Vous aussi avez une histoire vécue à raconter? C'est votre chance d'être découvert, reconnu et publié!

Prix du récit : Inscrivez-vous du 1er janvier au 28 février.

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