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  • Simonne Monet-Chartrand, une militante d’exception dans l’histoire du Québec

    Assis dans un bureau, les deux collaborateurs sont de profil.
    Simonne Monet-Chartrand aux côtés de Gérard Lemieux, en 1956 Photo: Radio-Canada / André Le Coz
    Radio-Canada

    « Il faudrait accepter la vie avec tout son dynamisme et il faudrait accepter aussi qu'il y ait une fin temporelle. » Activiste, féministe et pacifiste, Simonne Monet-Chartrand a vécu avec intensité. Le 18 janvier 1993, elle meurt à l'âge de 73 ans. Parcours d'une femme de conviction à travers des extraits d'entrevues.

    Issue d’un milieu aisé, Simonne Monet naît à Montréal en 1919. Elle s’implique au sein de la branche féminine de la Jeunesse étudiante catholique (JEC) dès 1937. Elle y rencontre le syndicaliste Michel Chartrand en 1940 et tombe sous son charme. Contrairement à la jeune femme, ce dernier vient d’une famille nombreuse d’ouvriers qualifiés. Les parents de Simonne s’opposent à l’union de leur fille avec ce garçon à l’avenir incertain. Ils décident de l’envoyer aux États-Unis pour qu’elle oublie son fiancé. En vain.

    Gros plan sur le visage de la jeune femme. La jeune Simonne Monet-Chartrand Photo : Radio-Canada

    En se mariant avec Michel Chartrand en 1942, Simonne Monet rompt avec son milieu bourgeois et choisit une vie d’engagement à contre-courant.

    Le parcours d’une militante

    Pendant plus d’un demi-siècle, Simonne Monet-Chartrand a été de toutes les luttes au Québec : droits des femmes, pacifisme, libertés civiles, syndicalisme.

    Ce montage d’archives, qui regroupe de multiples entrevues diffusées entre 1959 et 1992, témoigne des convictions de la militante. Les extraits choisis montrent différentes facettes de sa personnalité. En interpellant le ministre Marc Lalonde lors d’un congrès sur les femmes et le changement en 1975, elle fait preuve d’audace. Lorsqu’elle réfléchit sur la vie et la mort, elle dévoile toute sa sagesse.

    Simonne Monet-Chartrand se porte à la défense des mères et souhaite les voir intégrer le marché du travail. Elle-même conjugue sa vie familiale à son engagement social. Mère de sept enfants, elle trouve le temps de s’impliquer dans plusieurs organismes alors que ses propres enfants sont en bas âge.

    Une féministe de terrain

    En 1965, à l’occasion du 25e anniversaire du droit de vote des femmes au Québec, celles-ci expriment le besoin de se regrouper. Un an plus tard, en avril 1966, près de 400 militantes se réunissent à Montréal au congrès de fondation de la Fédération des femmes du Québec (FFQ).

    Au terme de la première journée, la journaliste Paule Sainte-Marie recueille les impressions de quelques déléguées. Simonne Monet-Chartrand, qui sera membre du premier conseil d’administration de la Fédération, se montre ravie.

    Cet extrait de l’émission Femme d’aujourd’hui animé par Lizette Gervais est diffusé le 25 avril 1966.

    René Lévesque, alors ministre de la Famille et du Bien-Être social du Québec, accueille favorablement la création de ce nouveau groupe de pression.

    Le bilan d’une vie bien remplie

    Moins d’un an avant sa mort, Simonne Monet-Chartrand accorde une entrevue à la journaliste Carole Vallières pour l’émission Second regard. L’entretien est diffusé le 8 mars 1992, à l’occasion de Journée internationale des droits des femmes.

    Simonne Monet-Chartrand se montre critique envers la jeune génération de femmes qui, selon elle, ne s’impliquent pas assez dans les luttes sociales. « Je trouve qu’elles s’assoient un peu trop facilement à regarder des téléromans », dit-elle.

    Au sujet de son couple avec Michel Chartrand, elle parle de l’esprit de revendication qui l’a animé. Elle admet que l’amour et la vie en général sont difficiles. Pour elle, le vie est une lutte.

    Pour l’avenir, elle souhaite que les femmes gagnent le combat de l’équité salariale et de l’accès au congé de maternité. Un congé offert tant à la serveuse qu'à la professeure d’université.

    Moi, mes sept enfants, j’ai trouvé ça très difficile, mais c’est ce que j’ai fait de plus intéressant dans ma vie.

    Simonne Monet-Chartrand, en 1992

    Simonne avant Chartrand

    • Née à Montréal le 4 novembre 1919, Simonne Monet est fille et petite-fille de juges.
    • Elle étudie au pensionnat Marie-Rose de Montréal, collège dirigé par les Sœurs du Saint-Nom de Jésus et de Marie et fréquenté par les jeunes filles de « bonne famille ».
    • Elle passe ses étés à Belœil, dans une grande maison de bois face à la rivière Richelieu.
    • Son frère aîné, Roger, est emporté par la tuberculose à l’âge de 20 ans. De santé fragile, Simonne est elle aussi atteinte par la terrible maladie, elle passe un long séjour dans un sanatorium dans les Laurentides.

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