•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La chasse aux fausses nouvelles est en plein essor

Photo : Radio-Canada / Frédéric Arnould

Radio-Canada

Elles ont toujours fait partie de notre quotidien, mais depuis quelques années, elles sont plus que jamais présentes et colorent la perception de bien du monde. Mais comment dénicher ces fausses nouvelles, ces faussetés, mensonges et autres vérités déformées et s'en prémunir?

Un texte de Frédéric Arnould

Ceux qui ont déjà visité la capitale américaine savent que c’est la ville des musées. Les prestigieux musées du Smithsonian sur le Mall de Washington demeurent d’ailleurs des incontournables. Depuis 2008, le Newseum s’est ajouté à la longue liste. Il s’agit d’un musée dédié au premier amendement de la constitution américaine qui défend entre autres la liberté d’expression et de la presse. On y revisite 500 ans d’histoire du journalisme aux États-Unis.

Des unes provenant de différents médias sont affichés dans le Newseum.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo : Radio-Canada / Frédéric Arnould

Dans ce musée ultramoderne, on organise de petits cours qui s’adressent aux élèves du secondaire et qui tournent autour du phénomène des fausses nouvelles. Plusieurs fois par semaine, Jessi McCarthy, une formatrice du Newseum, enseigne les façons de détecter les fausses nouvelles, les conspirations et autres faussetés du même acabit. L’objectif du cours : démythifier les fausses nouvelles, savoir comment les reconnaître et, surtout, pour quelles raisons il faut s’en méfier.

La ligne est parfois mince, tellement certaines semblent si réelles. Pour Jessi McCarthy, si vous ne pouvez pas vérifier les faits énoncés dans la « nouvelle » et que des sources fiables disent le contraire, c’est une information montée de toutes pièces pour tromper le lecteur. C’est clairement un mensonge, selon elle.

Sur les réseaux sociaux

Ceux qui aiment propager de fausses nouvelles, pour du profit politique, économique ou autres, ont trouvé dans les réseaux sociaux un véritable pipeline pour déverser leurs faussetés et autres théories du complot.

Interrogés par la formatrice, les jeunes du secondaire présents dans la classe ce jour-là affirment ne pas être dupes de ces supercheries. Toutefois, la jeune Avital, ravie du cours, pense que ce sera de plus en plus difficile de discerner le faux du vrai.

Vérification des faits par Politifact

À quelques coins de rue du Newseum se trouve un petit bureau qui ne paie pas de mine, mais qui pourtant abrite une véritable petite fourmilière de détecteurs de faussetés et de mensonges.

L’organisme, qui se dit non partisan, est financé par des dons d'entreprises médiatiques, des bourses de fondations et des revenus publicitaires.

Angie Holan est assise à son bureau, devant son ordinateur.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo : Radio-Canada / Frédéric Arnould

Menée par Angie Holan, la petite équipe de Politifact analyse la moindre des déclarations des politiciens américains, Donald Trump en tête. Le président américain, dit-elle, a tendance à répéter des choses sans fondements. Quand il dit que les Américains sont les plus taxés du monde, ce n’est pas vrai. Ou encore quand il dit que l’enquête sur la Russie est inventée, c’est tout aussi faux.

La force de Politifact, qui a obtenu le prix Pulitzer en 2009, c’est la vérification des faits et de la provenance de la source d'information.

Pas question ici de faire de l’opinion, mais plutôt de prendre le parti de la vérité et de la précision des faits. Ainsi, ils ont créé une échelle de vérification qui va de « vrai » jusqu'à « pantalons en feu », cette dernière catégorie étant destinée aux mensonges qui n'ont aucun sens. Au milieu de l'échelle, on retrouve aussi les catégories « à moitié vrai » ou « à moitié faux ».

Le verdict est le résultat d’un processus minutieux. Un panel se réunit, analyse la position du journaliste et prend une décision. Le président Trump donne évidemment beaucoup de travail à l’équipe de Politifact, surtout que depuis son accession au pouvoir, il y a un an, il a, selon le Washington Post, énoncé environ 2000 faussetés, mensonges et autres vérités transformées.

La vérification des faits a encore de beaux jours devant elle.

Chasser le faux du vrai

Dans la classe de Jessi McCarthy, les jeunes tentent de repérer les fausses nouvelles en utilisant justement la vérification de faits. Ce n’est pas toujours facile, car leur outil principal, Internet, est autant une source de faits que de mensonges propagés.

Il n’en reste pas moins que la tâche, aussi colossale soit-elle, est essentielle, de l’aveu d'Angie Holan.

Selon elle, les fausses nouvelles ne sont pas simplement un problème pour les journalistes, les politiciens ou les enseignants. « C'est un problème de société. Nous devons travailler tous ensemble pour les enrailler de façon à nous assurer de vivre dans un environnement où l'information est crédible et juste. »

Dans les musées, en général, on expose ce qui a existé et même ce qui n'existe plus. Par conséquent, le journalisme sera-t-il rangé un jour aux côtés des dinosaures? Pas du tout, estime Jessi McCarthy.

« L'être humain a un désir inné de s'informer. Quand on manque de nouvelles, on veut en avoir plus, c'est peut-être pour cela que les fausses nouvelles sont si envahissantes. Mais je ne pense pas que l'information telle que présentée dans ce musée va disparaître. »

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Médias

International