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Le pape craint une guerre nucléaire

Le pape François à son arrivée au Chili

Le pape François à son arrivée au Chili

Photo : Reuters / Ivan Alvarado

Agence France-Presse
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le pape François, qui est arrivé lundi soir à Santiago du Chili, pour une visite d'une semaine au Chili et au Pérou, a déclaré que le monde était « à la limite » du risque de guerre nucléaire et a expliqué que la situation le terrifiait.

Le pape argentin s'exprimait dans l'avion au surlendemain d'une alerte au missile qui s'est avérée sans objet. Cette alerte a semé la panique à Hawaï alors que la Corée du Nord laisse planer la menace d'une attaque nucléaire.

« Je pense que nous sommes à la limite. J'ai vraiment peur. Il suffirait d'un accident pour tout précipiter », a-t-il déclaré.

Jorge Bergoglio, qui a souvent évoqué les dangers d'une guerre nucléaire, a fait distribuer aux journalistes une petite carte illustrée d'une photo poignante prise en 1945 après l'explosion de la bombe atomique à Nagasaki. L'image montre un enfant japonais portant sur son dos son petit frère mort.

Au dos de la carte, déjà diffusée par le bureau de presse du Vatican à la fin de 2017, quatre mots écrits de la main du pape : « Le fruit de la guerre ».

Le pape François parle aux journalistes à bord de l'avion qui l'amène au Chili et au Pérou.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo : Reuters / Alessandro Bianchi

Un voyage spirituel, mais aussi politique

Le pape François a atterri au Chili pour sa sixième visite en Amérique latine, qui le mènera aussi au Pérou. Les Églises locales de ces deux pays sont en perte de vitesse, ayant été touchées par des scandales de pédophilie.

Le souverain pontife a été accueilli à son arrivée par la présidente chilienne, Michelle Bachelet, accompagnée de trois enfants qui lui ont offert des fleurs. Il a ensuite salué différents représentants de l'Église et des autorités.

Au moment de survoler son Argentine natale, le pape a demandé à ses concitoyens de « prier pour lui » sans annoncer une future visite, comme beaucoup l'attendaient. Depuis le début de son pontificat, il y a près de cinq ans, il ne s'est pas encore rendu dans son pays.

Ce voyage d'une semaine dans l'Amérique latine catholique restera très spirituel, mais le premier pape originaire de la région rencontrera aussi les autorités gouvernementales de deux pays en période de turbulences politiques.

Le Chili est en pleine transition, après la victoire à la présidentielle de décembre du milliardaire conservateur Sebastian Piñera. Cette élection suscite des interrogations sur les réformes sociétales de la socialiste sortante, Michelle Bachelet, dont l'avortement thérapeutique.

Le Pérou s'enfonce de son côté dans une profonde crise, depuis la grâce accordée à Noël à l'ex-président Alberto Fujimori, condamné pour corruption et crimes. Très critiqué pour cette décision, le chef de l'État, Pedro Pablo Kuczynski, ex-banquier de Wall Street, a lui-même échappé à une destitution pour ses liens avec le géant du BTP brésilien Odebrecht.

Des rencontres avec les autochtones

Les temps forts du 22e voyage de son pontificat, du 15 au 18 janvier au Chili, puis du 18 au 21 janvier au Pérou, seront indubitablement ses rencontres avec des peuples indigènes. Dans les deux pays, le pape déjeunera avec eux en petit comité.

À Temuco, à plus de 600 km au sud de Santiago du Chili, il s'adressera aux Mapuches (7 % de la population chilienne), des indigènes qui occupaient un vaste territoire à l'arrivée des conquistadors espagnols au Chili en 1541.

Cette région, Auracania, est toutefois rythmée par des actions d'une minorité radicalisée, qui incendie des entreprises forestières, mais aussi des églises. Le pape n'y est donc pas le bienvenu pour tous.

Autre source d'inquiétude pour les services de sécurité, une série d'attaques ont visé durant le week-end cinq églises de Santiago du Chili, l'oeuvre possible de groupes anarchistes.

À Puerto Maldonado, au coeur de l'Amazonie, dans le sud-est du Pérou, le pape François sera accueilli par quelque 3500 autochtones, dont certains de Bolivie et du Brésil.

Preuve de l'intérêt qu'il porte aux menaces environnementales pesant sur ce poumon vert et ses habitants, le pape a convoqué pour 2019 un synode consacré aux peuples d'Amazonie.

Des Églises touchées par des scandales de pédophilie

Selon la base de données de l'ONG américaine Bishop Accountability, des dénonciations pour abus sexuels ont concerné près de 80 religieux au Chili, où le pourcentage d'athées est passé de 12 % à 22 % de 2006 à 2014.

Des militants de divers pays, de la France aux États-Unis en passant par l'Allemagne, ont lancé lundi à Santiago une organisation mondiale contre la pédophilie au sein de l'Église, Ending Clerical Abuse (ECA), et demandé au pape des « actions » concrètes.

Le Vatican a annoncé mercredi avoir mis sous tutelle un mouvement catholique péruvien, Sodalitium Christianae Vitae, dont le fondateur, Luis Fernando Figari, réfugié à Rome, est au coeur d'une enquête pour pédophilie.

Ce voyage tambour battant, avec plus de 30 000 km parcourus, sera aussi une machine à remonter le temps pour Jorge Bergoglio, 81 ans, qui étudia au Chili lors de son noviciat jésuite et retrouvera l'un de ses anciens camarades.

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