•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Dolores O’Riordan, une voix en quête de sérénité

La chanteuse Dolores O'Riordan donnait un concert à Barcelone en 2012.
Certaines pièces de To the Faithful Departed sont révélatrices d’une rage de vivre qui existait depuis belle lurette chez Dolores O'Riordan. Photo: AFP / Josep Lago
Philippe Rezzonico

CHRONIQUE — « La musique pop n'a pas d'importance pour moi. Elle n'en a jamais eu et n'en aura jamais. Les chansons ont toujours servi à canaliser et à exprimer mes émotions. La différence, c'est qu'en prenant de l'âge, je suis plus relaxe et il y a moins de hargne. »

Cette déclaration de Dolores O’Riordan remonte à une entrevue faite avec elle en 2009, au moment où elle lançait son deuxième album solo, No Baggage. L’image qu’elle projetait alors était forcément différente de celle révélée 16 ans plus tôt avec le disque des Cranberries Everybody Else Is Doing It, So Why Can’t We?

« Moins de hargne » était l’élément-clé de sa réponse. Dès ses débuts, l’Irlandaise à la voix immédiatement reconnaissable n’a jamais fait dans la dentelle, de la planante et galopante Dreams à la déchirante et politisée Zombie.

Avec ses cheveux courts platine et son regard dur, O’Riordan l’a joué sévère aux débuts du groupe. De son propre aveu, elle a eu du mal à gérer la popularité et l’attention universelle dont elle a fait l’objet après la parution du disque No Need to Argue (1994), qui a propulsé The Cranberries dans la stratosphère.

Deux des extraits (Salvation, Free to Decide) du troisième disque, To the Faithful Departed (1996), sont révélateurs d’une rage de vivre qui existait depuis belle lurette chez l’artiste.

Cette notion de liberté, de se débarrasser d’un poids énorme… Vous savez, en vieillissant, les blessures font plus mal, tant au plan physique que spirituel. Avec le temps, on cesse de prétendre que l’on est quelqu’un d’autre. On cesse de prétendre que l’on est parfaite.

Dolores O'Riordan

« Quand j’étais jeune, je n’étais pas… Comment dire? Complètement là? C’est dur à admettre. Mais quand tu vois tes enfants prendre de l’âge et que tu te retrouves quelque part entre eux et tes parents, ça remet drôlement les choses en perspective. »

La Dolores de la fin de la trentaine était visiblement bien dans sa peau. D’ailleurs, les retrouvailles avec ses collègues des Cranberries (Noel et Mike Hogan, Fergal Lawler) ont mené à ce qui a probablement été leur meilleure tournée vue à Montréal.

Tous ceux qui étaient à l’Olympia le 22 novembre 2009 peuvent en témoigner : un concert incendiaire avec une Dolores possédée qui exultait sur scène. Rien à voir avec le groupe sur le pilote automatique que l’on avait vu 10 ans plus tôt au Centre Molson.

Le passage en 2012 au Métropolis avait été aussi fort réussi, quoique moins émouvant. On devait même revoir le groupe le 23 septembre dernier à la Maison symphonique, mais les ennuis de santé de la chanteuse ont mené à l’annulation de la tournée.

Était-ce un signe avant-coureur de la triste nouvelle apprise aujourd’hui? L’autopsie le révélera. Mais quoi qu’il en soit, partir à cet âge (46 ans) demeure une injustice. Espérons seulement que Dolores ait trouvé le salut (Salvation) qu’elle chantait avec tant de conviction.

Musique

Arts