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Les liaisons régionales menacées par la pénurie de pilotes

Un avion de Pascan à l'aéroport de Sept-Îles

Un avion de Pascan à l'aéroport de Sept-Îles

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Radio-Canada

Les liaisons aériennes régionales pourraient être touchées par la pénurie de pilotes qui sévit actuellement au pays. De plus en plus, les petits transporteurs qui effectuent ces liaisons ont du mal à recruter et à retenir de nouveaux pilotes, ce qui pourrait, à moyen terme, compromettre les vols régionaux.

Un texte de Julie Tremblay

Il y aura un manque de 6000 pilotes au pays d'ici 2036, selon le Conseil canadien de l'aviation et de l'aérospatiale. Les petits transporteurs seront les premiers à en faire les frais, affirme le président de l'Association du transport aérien du Canada, John McKenna.

Les petits transporteurs sont ceux qui fournissent les plus gros transporteurs en pilotes. [...] Ils sont les formateurs des pilotes qui aboutissent dans les grandes lignes, alors plus la pression est forte sur les grandes lignes, plus elle l'est sur les petits transporteurs.

John McKenna, président de l'Association du transport aérien du Canada

Les départs à la retraite, la croissance de l'industrie et de nouvelles règles qui seront bientôt imposées par Transports Canada sont à l'origine de cette pénurie, qui touche déjà le transporteur Pascan.

Les pilotes restaient en moyenne 3 ans, 36 mois avec nous. [...] Ce qui arrive présentement avec la pénurie de pilotes, c'est qu'il n'est pas rare de voir qu'un pilote entre ici, il ne fera même pas un an et il va être recruté.

Yani Gagnon, copropriétaire de Pascan
Pilotes d'avionAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Pilotes d'avion

Photo : iStock

Coûts de formation et liaisons précaires

Cette situation entraîne des coûts de formation très élevés pour le transporteur, qui dépense en moyenne 25 % du salaire versé à ses pilotes en formation.

« C'est une formation continue [...] et le type d'appareil qu'on opère, malheureusement, il n'y a pas de simulateur au Québec, il est à Seattle. Donc, chaque fois, c'est des déplacements : avion, hôtel, dollars américains... les coûts se cumulent. »

Yani Gagnon précise que jusqu'à maintenant, aucun vol n'a dû être annulé en raison du manque de pilotes, mais il affirme que la situation pourrait changer si la pénurie se poursuit.

Un avion sur une piste de décollage Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le 23 décembre est l'une des journées les plus achalandées du temps de Fêtes à l'aéroport international d'Ottawa.

Photo : iStock

John McKenna, pour sa part, n'hésite pas à dire que certaines liaisons, comme celle de Sunwing de Mont-Joli vers la République dominicaine amorcée en décembre, pourraient être compromises.

« Si la situation continue de s'aggraver, si un transporteur doit faire un choix en raison d'un manque de pilotes, il va mettre en priorité celles où la demande est la plus forte. »

Pilotes moins expérimentés

Selon le propriétaire du Centre de formation aéronautique de Québec, Yves Labbé, la pénurie a aussi pour effet de priver les écoles de pilotage de chefs pilotes pour former la relève. Ces derniers se font recruter par les transporteurs et les pilotes qui viennent de compléter leur formation, quant à eux, se retrouvent très rapidement sur les grandes lignes :

Règle générale, il y a 5 ans, on parlait d'un 5 à 8 ans [avant de piloter sur les grandes lignes]. Maintenant, on a des gens qui se retrouvent sur des lignes comme Canada Jazz en dedans de 2 ans. C'est très vite par rapport à ce qu'on avait dans le passé.

Yves Labbé, propriétaire du Centre de formation aéronautique de Québec

M. Labbé précise cependant que la technologie s'est améliorée et que les entraînements sur simulateur sont maintenant très efficaces. Il ne croit donc pas que la sécurité des passagers soit compromise.

Bas-Saint-Laurent

Transports