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Prêt-à-cuisiner : la course vers la rentabilité

Sacs de nourriture et fiches de recettes

Les paquets d'aliments de la compagnie Chefs Plate avec les recettes qui les accompagnent.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Lacelle

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les boîtes de prêt-à-cuisiner, de plus en plus populaires, bouleversent l'industrie de l'alimentation. Mais même après quelques années sur le marché canadien, évalué à 150 millions de dollars, les compagnies qui offrent ce nouveau service ne sont toujours pas rentables.

Un texte de Philippe de Montigny

L’entreprise torontoise Chefs Plate, qui a dépassé 50 millions de dollars en revenus l’an dernier, avait évoqué la possibilité d’entrer en bourse cette année, mais attend toujours d’être rentable.

Son compétiteur montréalais Marché Goodfood a vu ses revenus atteindre 19,8 millions en 2017, sept fois plus que l’année précédente. Les revenus de la compagnie Fresh Prep de Vancouver ont aussi septuplé sur cette même période. Mais malgré cette forte croissance, ces entreprises fonctionnent elles aussi à perte.

C’est très facile d’attirer des nouveaux clients avec des publicités et des repas gratuits. Ce qui est plus difficile, c’est de les garder.

Une citation de : Jamie Shea, pdg de Chefs Plate
Trois personnes mangent autour d'un comptoir de cuisine.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'équipe de cuisiniers de Chefs Plate goûte les repas qu'elle compte proposer aux abonnés de la compagnie.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Lacelle

La rentabilité sera possible lorsque les clients existants passeront des commandes régulièrement, affirme le pdg de Chefs Plate, Jamie Shea. « Nous évitons de donner des rabais trop élevés », ajoute-t-il.

Le cofondateur du Marché Goodfood, Jonathan Ferrari, abonde dans le même sens. Selon lui, la rentabilité viendra prochainement. Il anticipe une forte croissance du marché et investit d’importantes sommes pour s’y préparer, notamment avec l’expansion de l’entreprise dans l’Ouest canadien.

« Dans les cinq prochaines années, on s'attend à dépasser les 2 milliards de chiffre d'affaires pour le marché du prêt-à-cuisiner au Canada », dit-il.

L’affaire n’est pas dans le sac, croit un expert

Sylvain Charlebois, professeur en politique alimentaire à l’Université Dalhousie, trouve « inhabituel » que plusieurs entreprises dépensent près du quart de leurs revenus en marketing pour attirer de nouveaux clients.

Il souligne la décevante entrée en bourse en juin dernier de Blue Apron aux États-Unis, qui a dû faire des mises à pied deux mois plus tard.

portrait d'un hommeAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Sylvain Charlebois, professeur en politique alimentaire à l’Université Dalhousie

Photo : Radio-Canada

Il croit que peu d’entreprises survivront dans le marché canadien et que certaines d’entre elles pourraient même se faire acquérir par des épiciers, qui cherchent à diversifier leur offre.

Ce qu’on a vu avec Metro, par exemple, qui a acheté MissFresh en 2017, on pourrait voir d’autres entreprises être achetées par les grands détaillants de l’alimentation pour créer des synergies.

Une citation de : Sylvain Charlebois, expert en politique alimentaire

Bon pour l’environnement?

Bien que ces boîtes promettent de réduire le gaspillage alimentaire, des clients s'inquiètent d’ailleurs de la quantité de déchets qu'elles génèrent.

« Chaque ingrédient est emballé séparément. Même une petite gousse d'ail est emballée en plastique. On a un grand bac de recyclage et il débordait tout le temps », affirme Vincent Hachey, qui a décidé d’annuler son abonnement le mois dernier.

Une femme en train de couper des légumesAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une abonnée de Chefs Plate cuisine une des recettes de la compagnie.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Lacelle

Les compagnies de l’industrie répondent que la plupart des matériaux utilisés sont recyclables. Dans le cas de Chefs Plate et de Marché Goodfood, la solution à base d’eau du sachet réfrigérant est biodégradable.

« Pour continuer à améliorer notre impact environnemental, on verrait dans un avenir avoir des emballages qui peuvent se réutiliser », explique Jonathan Ferrari, pdg de Marché Goodfood.

L’entreprise montréalaise Cook It propose déjà de récupérer les boîtes de ses clients du Grand Montréal.

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