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L’industrie du drone prête pour le décollage

Un drone survole une forêt.

Une nouvelle réglementation de Transports Canada devrait permettre à l'industrie du drone de prendre de l'expansion.

Photo : iStock

Radio-Canada

Le secteur du drone bourdonne en ce moment au pays. Transports Canada s'apprête à introduire une nouvelle réglementation qui pourrait bien donner un coup de pouce à cette industrie naissante, considérée au Québec comme l'un des principaux marchés en émergence dans le domaine de l'aérospatiale.

Un reportage de Marie-France Bélanger, de Désautels le dimanche

Une cinquantaine d’entreprises seraient actives dans le secteur du drone dans la province. Au Canada, on compte 400 000 appareils destinés au loisir et 125 000 autres destinés à toutes sortes d’usages professionnels.

Un domaine en pleine expansion

Les employés s’activent dans les locaux de Microdrones, à Vaudreuil-Dorion, en Montérégie. Le manufacturier spécialisé en drones professionnels, notamment dans le domaine de l’arpentage, a le vent dans les voiles.

« En moins de quatre ans, on est passé de deux employés à au-dessus d’une quarantaine », ce qui en fait la plus importante entreprise dans le secteur au Québec, souligne Sébastien Long, responsable des ventes pour le Canada.

Les trois collègues se tiennent debout, dehors, près d'un drone.

Sébastien Long, Jocelyne Bois et Yannick Savey de Microdrones

Photo : Radio-Canada

Microdrones a aussi des bureaux aux États-Unis et en Allemagne, où elle a été fondée en 2005.

Pour Jocelyne Bois, directrice des opérations de vols, l’une des rares femmes croisées dans ce milieu dominé par les hommes, les drones font bel et bien partie de l’aviation. Un jour, dit-elle, les drones voleront aux mêmes altitudes que les avions.

Améliorer l’efficacité des travailleurs

À Laval, Drone Volt ne manque pas d’ouvrage. L’entreprise, qui compte quatre employés, conçoit, fabrique, distribue et vend plusieurs modèles de drones professionnels, dont les prix oscillent entre 2000 $ et plus de 50 000 $.

Son directeur général, Martin Laporte, est un ancien entrepreneur en construction et il se définit comme un autodidacte du drone. Passionné par la technologie et ses possibilités, il s’est lancé dans l’aventure il y a quelques années.

Martin Laporte se trouve dans sa salle de montre, et il s'affaire tout près d'un des drones.

Martin Laporte est directeur général de Drone Volt, une entreprise qui conçoit, fabrique, distribue et vend plusieurs modèles de drones professionnels.

Photo : Radio-Canada

Dans ses locaux, on peut apercevoir une dizaine d’engins aux fonctions différentes : le drone doté d’un système de pulvérisation pour nettoyer les toitures, celui qui permet de faire l’inspection de bâtiments, ou cet autre appareil que l’on peut brancher au sol et qui peut ainsi rester suspendu dans les airs pendant des heures.

« C’est certainement un outil qui va permettre aux gens de gagner du temps et aussi, éventuellement, de sauver des vies », explique Martin Laporte.

Il donne en exemple l’inspection des éoliennes. « Il faut que le travailleur monte dans la structure. Tandis que là, on va monter avec le drone, on va déterminer l’anomalie, et on va envoyer un technicien seulement s’il y a une raison valable d’y aller », dit-il.

Pour l’instant, la clientèle de l’entreprise est surtout constituée de producteurs, de caméramans et de directeurs photo. Mais Drone Volt dit répondre de plus en plus aux demandes venant d’inspecteurs en bâtiments.

Ça reste un domaine marginal. Il y a beaucoup, beaucoup de rêveurs, mais peu d’élus.

Martin Laporte, directeur général de Drone Volt

« Pour être capable de réussir dans le domaine du drone, on se doit de s’en servir comme d’un outil supplémentaire qu’on va ajouter au travail qu’on fait déjà. Donc, un arpenteur qui va ajouter un drone à son outillage va être un meilleur arpenteur. Même chose pour un agriculteur. »

Une technologie encore limitée

Elipto est une petite entreprise spécialisée en collecte de données industrielles et scientifiques par drone. Elle a notamment obtenu un contrat pour mener une opération au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) lors de laquelle elle a utilisé un drone muni d’un appareil de thermographie capable de mesurer la température grâce au rayonnement infrarouge.

« Le CHUM était en construction. La climatisation, la ventilation venaient d’être terminées. C’est un peu une façon, à cette étape-là, de vérifier l’étanchéité de l’immeuble », explique Jean Nadeau, directeur du développement des affaires chez Elipto.

Pour M. Nadeau, l’industrie du drone va continuer à prendre de l’expansion, « mais c’est loin d’être le Klondike annoncé ».

Il y a encore du travail à faire pour que les usages du drone soient connus et que les appareils soient intégrés sur une base régulière dans le secteur public comme dans les entreprises privées.

Hydro-Québec, par exemple, dispose d’une dizaine de drones. Ces dispositifs ont un fort potentiel, mais leur utilisation reste infime pour le moment, souligne Roxanne St-Louis, conseillère en transport aérien.

« La technologie a ses limites », explique-t-elle. Par exemple, l’autonomie des drones demeure assez limitée, moins de 20 minutes, illustre Mme St-Louis.

Jean Laroche, directeur de la recherche et du développement au Centre québécois de formation aéronautique, va dans le même sens. La fiabilité des drones n’est pas encore au rendez-vous. « On est très, très loin du produit aéronautique », dit-il.

Jean Laroche tient un drone tout juste sorti de son étui.

Jean Laroche est directeur de la recherche et du développement au Centre québécois de formation aéronautique.

Photo : Radio-Canada

Réglementation très attendue

La nouvelle réglementation fédérale est très attendue par les entreprises dans le secteur du drone puisqu’elle devrait probablement leur donner un coup de pouce en facilitant l’offre de service.

« Présentement, chaque fois où [un] drone [professionnel] vole, ça prend une autorisation. On parle de 20, 30, 40, 60 jours d’attente avant d’avoir l’autorisation. Ça, c’est sûr que ça ralentit énormément d’entreprises qui veulent aller dans cette direction-là », estime Martin Laporte de Drone Volt.

Des consultations publiques doivent avoir lieu au courant de l’année au sujet de cette nouvelle réglementation fédérale, qui devrait entrer en vigueur dès cet été.

Industrie aérospatiale

Économie