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Orphelinat pour enfants noirs en N.-É. : culture du silence et traumatismes

George Gray, Pamela Williams et Tony Smith assis à une table.

À gauche, George Gray, un représentant de la communauté, assis le 12 janvier 2018 à Halifax aux côtés de la juge en chef Pamela Williams et de Tony Smith, coprésidents de l'enquête sur les orphelinats pour enfants noirs.

Photo : La Presse canadienne / Brett Bundale

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La publication vendredi d'un second rapport de l'enquête sur les orphelinats pour enfants noirs de la Nouvelle-Écosse a mis en lumière les expériences traumatisantes de plusieurs anciens pensionnaires, qui ont décrit les impacts à long terme de la culture de silence qui prévalait dans cette institution.

L'orphelinat, qui portait le nom de Nova Scotia Home for Colored Children, a existé de 1921 à 1989 à Dartmouth, dans la région d'Halifax. D'anciens résidents disent y avoir été victimes d'agressions sexuelles, physiques et psychologiques. L’enquête lancée en octobre 2015 a pour mandat d’examiner l’expérience des anciens pensionnaires, ainsi que la discrimination et le racisme systémique à travers la province.

Culture du silence et traumatismes

Au fil des travaux menant à la publication de cette mise à jour de l’enquête, d’anciens pensionnaires ont décrit la honte ressentie d’être un enfant de l’orphelinat. Plusieurs d’entre eux croient que le système censé les prendre en charge les a en fait abandonnés.

Ils ont parlé d’une culture du silence qui pour nombre d’entre eux a contribué à la fois aux abus dont ils ont été victimes à l’orphelinat, et à leurs difficultés dans leur vie d’adulte.

Ils décrivent des enseignants et éducateurs insensibles à leur santé ou à leurs problèmes comportementaux, et des policiers qui ramenaient les jeunes en fugue à l’orphelinat alors même qu’ils soupçonnaient que ce milieu ne leur était pas bénéfique.

Certains participants à l’enquête ont aussi expliqué la manière traumatisante dont ils sont entrés à l’institution. Ils racontent avoir suivi des policiers ou des travailleurs sociaux qui leur avaient proposé de « faire un tour de voiture » ou d’« aller au magasin », pour être tout bonnement déposé à l’orphelinat, sans avertissement ou explication.

Ancien édifice de l'orphelinat Nova Scotia Home for Colored Children.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'édifice, photographié en 2013, qui abritait l'orphelinat à Dartmouth, en Nouvelle-Écosse.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Des anciens pensionnaires estiment que le personnel de l’orphelinat a favorisé un sentiment d’isolation en encourageant les conflits entre les enfants, et en séparant souvent ceux-ci de leurs frères et soeurs, sans fournir de raison. Plusieurs n’ont retrouvé les membres de leur famille qu’une fois devenus adultes.

La commission entreprend ce printemps la troisième étape de ses travaux, qu’elle décrit comme une phase de planification et d’action. Elle a aussi demandé à la province de prolonger ses travaux d’un an, jusqu’en mars 2019.

Un travail de longue haleine

Un rapport initial publié en février 2017 disait que le racisme systémique continuait d’avoir un impact, plus d’un quart de siècle après la fermeture de l’orphelinat. L’enquête indiquait que de nombreux Afro-Néo-Écossais étaient réticents à faire appel aux services publics, car ils estimaient être traités comme des « citoyens de seconde classe ».

Le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Stephen McNeil, a présenté en octobre 2014 des excuses formelles aux anciens résidents de l'orphelinat. Les excuses coïncidaient avec le début du versement d'un dédommagement de 34 millions à d’anciens pensionnaires victimes de sévices.

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