•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Leila Slimani, Prix Goncourt 2016, s’en prend à la « liberté d’importuner »

L'écrivaine franco-marocaine Leila Slimani pose pour une photo

L'écrivaine franco-marocaine Leila Slimani

Photo : AFP / Lionel Bonaventure

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'écrivaine Leila Slimani a répondu vendredi dans le journal Libération à la tribune polémique signée par 100 femmes qui défendent la « liberté d'importuner » des hommes. La lauréate du Goncourt 2016 fait notamment valoir ses « droits à la sécurité et au respect ».

Dans ce texte intitulé « Un porc, tu nais?  (Nouvelle fenêtre) », Leila Slimani fait dans un premier temps la liste des différentes activités qu’elle souhaite pouvoir faire sans craindre d’être dérangée. De marcher dans la rue à boire seule un verre en terrasse, en passant par prendre le métro le soir et porter une minijupe, l’écrivaine « réclame le droit de ne pas être importunée », allusion claire à la tribune du Monde signée notamment par l’actrice Catherine Deneuve.

Je ne suis pas une victime. Mais des millions de femmes le sont. C’est un fait et non un jugement moral ou une essentialisation des femmes. Et en moi, palpite la peur de toutes celles qui, dans les rues de milliers de villes du monde, marchent la tête baissée.

Leila Slimani

Tout en montrant du doigt les difficultés rencontrées au quotidien par de nombreuses femmes, Leila Slimani rappelle également que « les hommes ne sont pas, loin [de là], tous des porcs ». L'écrivaine franco-marocaine s’en prend surtout à la « vision terriblement déterministe du masculin : "Un porc, tu nais" », idée qui se cache, selon elle, derrière la tribune des 100 femmes.

L’auteure de Chanson douce espère ainsi que son fils sera un homme « libre, non pas d’importuner, mais libre de se définir autrement que comme un prédateur habité par des pulsions incontrôlables ».

Publié mardi matin en France, le texte « Nous défendons une liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle » est au centre du débat médiatique depuis plusieurs jours en France. Les interventions de certaines signataires ont gonflé la polémique. Interrogée jeudi dans l’émission télé Quotidien, l’écrivaine Catherine Millet a ainsi déclaré éprouver « une certaine compassion pour les frotteurs du métro ».

L'auteure française Catherine MilletAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'auteure française Catherine Millet

Photo : AFP / Joel Saget

De son côté, Brigitte Lahaie, ancienne actrice porno, aujourd’hui animatrice radio, a indiqué mercredi sur la chaîne BFM-TV qu’« on peut jouir lors d’un viol ». Devant le tollé provoqué par cette déclaration, elle s’est excusée le lendemain, regrettant que « cela ait été sorti de son contexte ».

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !