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L’eau « crue », une nouvelle tendance de la Silicon Valley

Une personne buvant de l'eau dans un verre à l'aide d'une paille.
Les défenseurs de l'eau « crue » évitent l'eau du robinet et l'eau embouteillée au profit d'une eau non traitée. Photo: iStock / manop1984

Seriez-vous prêt à payer pour de l'eau... crue? Oui, vous avez bien lu! Un nouvel engouement pour l'eau non traitée, non filtrée et non stérilisée a fait son apparition aux États-Unis. Un marché lucratif pour certaines entreprises. Une tendance inquiétante pour les spécialistes de la santé.

Cet intérêt pour l’eau crue aux États-Unis a été révélé récemment dans un reportage du New York Times. Selon ses adeptes, elle contiendrait une variété de minéraux qui ont été retirés lors du traitement des eaux. Ils évitent ainsi d’utiliser de l’eau du robinet et de l’eau embouteillée.

Plusieurs voix s’élèvent toutefois pour mettre en garde la population sur les risques que représente la consommation d’eau non traitée.

« Des adultes consentants sont autorisés à être stupides, mais on doit s’assurer que les personnes plus vulnérables n’en paient pas les frais comme les enfants, les personnes âgées ou celles atteintes d’un cancer », souligne Bill Marler, un expert en santé alimentaire.

Il est important de prendre un pas de recul pour réaliser que les experts de la santé publique considèrent que l’eau traitée est l’une des avancées les plus importantes en santé publique au 20e siècle.

Mary Margaret, une médecin épidémiologiste spécialisée dans les maladies d’origine hydrique

Si les sources d’approvisionnement en eau potable sont généralement d’excellente qualité au Canada, « l’eau dans la nature n’est jamais ‘’pure’’ », précise Santé Canada sur son site Internet.

L’institution fédérale consacre d’ailleurs une section entière de son site à expliquer l’approche à barrières multiples qu’elle utilise afin d’assurer « la salubrité, la qualité et la fiabilité de l’eau potable ».

La fascination pour les produits « purs »

L’intérêt pour l’eau crue s’insère dans un mouvement plus large qui valorise tout ce qui est « pur » et « cru » comme étant bénéfique pour la santé, notamment l’alimentation crudivore et le régime paléolithique.

Ce qui aurait pu demeurer un phénomène marginal a toutefois pris de l’ampleur grâce au marketing sophistiqué et aux millions de dollars de la Silicon Valley. Plusieurs entreprises commercialisant l’eau crue ont vu le jour au cours des derniers mois, selon l’enquête du New York Times.

L’une d’elles, Zero Mass Water, a amassé 24 millions $ US en capital de risque pour la commercialisation d’un système permettant aux individus de recueillir l’eau autour de leur maison.

Le produit a son prix. Pour un contenant en verre de 9,5 litres de Live Water, il vous faudra payer 37 $ US, soit environ 46 $ CAN. La recharge est facturée entre 12 et 15 $ US.

Cette contre-culture de l’eau potable a fait beaucoup jaser sur les réseaux sociaux. Plusieurs internautes n’ont pas manqué de la tourner en dérision, en soulignant ses aspects élitiste, capitaliste et dangereux pour la santé publique.

Sur Twitter, Lorenzo Humberto Garcia a ironisé en photographiant cinq blocs de glace, qu’il dit vendre comme des Popsicles à l’eau crue.

Avec les informations de New York Times, et NBC

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