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Des goûteurs à domicile pour tester de nouveaux produits

Une casserole de riz brun, de la courgette, des carottes, des poivrons, des concombres, des pois chiches, des oeufs et de la patate douce.

Des ingrédients coupés, lavés et cuits pour faciliter la préparation de repas pendant la semaine

Photo : Radio-Canada / Jonathan Bouchard

Radio-Canada

La compétition est forte dans le monde de l'alimentation et développer de nouveaux produits n'est pas chose simple. À Québec, un projet pilote permet à des entreprises de faire tester leurs créations directement dans les foyers de « goûteurs à domicile ».

Un texte de Carl Marchand

Les entreprises participantes n'ont qu'à préparer leurs échantillons et les questions qu'elles souhaitent poser aux goûteurs. Après quoi, des boîtes sont expédiées dans les régions de Québec, de Montréal et un peu partout en province.

C'est l'entreprise Gibiers Canabec, de Saint-Augustin-de-Desmaures, qui est à l'origine du projet en quelque sorte. Elle faisait déjà goûter ses produits auprès d'un groupe test et a eu l'idée d'en étendre la portée.

« C'est comme un voyage tout inclus, on a juste le beau bout à faire », résume Sophie Desforges, responsable recherche et développement de l'entreprise.

Sophie Desforges, responsable recherche et développement chez Gibiers Canabec, tient une boite de cuisses de canard confites dans l'entrepôt de l'entreprise à Saint-Augustin-de-DesmauresAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Sophie Desforges, responsable recherche et développement chez Gibiers Canabec

Photo : Radio-Canada / Carl Marchand

Auparavant l'entreprise avait recours à un panel de dégustation qu'elle gérait elle-même : de la sélection des participants jusqu'à la réception des commentaires, en passant par l'expédition des produits. Ces opérations complexes qui sortaient de son champ de compétence sont maintenant confiées aux firmes InBe et TAQ, de Québec.

Les entreprises participantes doivent débourser jusqu'à 3500 $ pour adhérer au projet. Un montant bien mince par rapport aux dépenses envisageables si elles voulaient faire cavalier seul.

C'est encore bien moins cher que devoir essuyer un échec commercial, renchérit Sophie Desforges. « Un produit qui ne se vend, qu'on doit retirer des tablettes, c'est extrêmement coûteux. »

On ne se rend pas compte de toute l'énergie qui est derrière le développement d'un produit. Tout le temps monopolisé en recherche et développement : le marketing, le design des boîtes, les vendeurs qui approchent les chaînes. Si ça ne marche pas, c'est de l'énergie dépensée inutilement.

Sophie Desforges, responsable recherche et développement de Giviers Canabec

Au total, 1700 personnes ont manifesté leur intérêt et 220 ont été retenues pour couvrir les différents groupes cibles, selon l'âge, le sexe et les préférences alimentaires.

« C'était une expérience qui était agréable et très simple », résume Émil Grenier, l'un des goûteurs participants.

 Émil Grenier, l'un des participants au programme » Goûteurs à domicile », lors d'une entrevue dans son appartement de QuébecAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Émil Grenier, l'un des participants au programme » Goûteurs à domicile »

Photo : Radio-Canada

« Il n'y a aucune présentation de marketing. Ça présente vraiment le produit à nu. C'est ça qui est intéressant », ajoute le jeune homme de 22 ans.

Et les résultats sont probants. Les taux de satisfaction approchent 100 %, tant chez les goûteurs que chez les entreprises, indique Sandra Hardy, directrice du développement des affaires, alimentation et nutrition, chez Québec International. L'organisme chapeaute le projet financé grâce à une subvention du ministère de l'Économie, de la Science et de l'Innovation.

« Ce que les entreprises nous ont dit, c'est que ç'a permis de valider des concepts, ç'a permis de prendre des décisions s'ils allaient plus loin ou pas avec des produits et les résultats qu'ils ont eus », explique Sandra Hardy.

Sandra Hardy, responsable du projet « Goûteurs à domicile » pose devant son bureau dans les locaux de Québec InternationalAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Sandra Hardy, directrice développement des affaires – Aliments santé et nutrition, chez Québec Internationale

Photo : Radio-Canada / Carl Marchand

« Elles nous disent que c'était pertinent, que ça avait une valeur ajoutée pour eux et à 98 %, ils referont l'exercice aussi », ajoute-t-elle.

Le succès d'un produit en tablette, souvent, c'est très faible en pourcentage. Donc, pouvoir le tester dès le début, ou au moins de pouvoir se réajuster un petit peu, ç'a une très grande valeur.

Sandra Hardy, directrice du développement des affaires, alimentation et nutrition, Québec International

Les entreprises du domaine de l'alimentation de la région de Québec ont jusqu'au 31 janvier pour faire part de leur intérêt pour la prochaine phase de dégustation, qui aura lieu en mars.

Avis aux gourmands : les goûteurs sont aussi toujours les bienvenus.

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Québec

Industrie alimentaire