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Les hôpitaux religieux doivent-ils être forcés à offrir l'aide médicale à mourir?

Le haut de l'hôpital Saint-Paul en brique rouge, où l'on voit une croix blanche
L'Hôpital Saint-Paul de Vancouver, géré par la régie de santé catholique Providence, refuse d'offrir l'aide médicale à mourir. Photo: Radio-Canada / Frédéric Gagnon

Le transfert bâclé d'un patient de l'Hôpital Saint-Paul à l'Hôpital général de Vancouver relance le débat sur l'accessibilité à l'aide médicale à mourir dans les établissements de dénomination religieuse. L'homme en fin de vie voulait l'aide médicale à mourir, mais l'Hôpital Saint-Paul l'interdit parce que l'établissement est catholique, même s'il est financé par le secteur public.

Un texte de Julie Landry

C'est grâce à une demande d'accès à l'information que l'organisme Mourir dans la dignité Canada a pris connaissance de cette affaire qui s'est déroulée en mai 2017. Peu de détails sont dévoilés. Un patient ayant droit à l'aide médicale à mourir, mais qui n'y avait pas accès parce qu'il se trouvait à l'Hôpital catholique Saint-Paul, a dû être transféré à l'Hôpital général de Vancouver (VGH).

Toutefois, le transfert s'est mal déroulé en raison notamment d'une mauvaise communication qui a fait que le VGH n'était pas prêt à recevoir le patient en fin de vie.

La régie de santé catholique Providence s'est excusée auprès de l'équipe de VGH au sujet de ce transfert raté, et veut tout faire pour éviter que la situation ne se reproduise, selon le vice-président à l'éthique des soins, Christopher De Bono.

Nous nous sommes améliorés depuis cette affaire

Christopher de Bono, vice-président à l'éthique des soins, Régie de la santé Providence

Un protocole de partage d'information avec une liste à suivre a été mis en place et une personne a été embauchée à l'Hôpital Saint-Paul pour s'occuper des dossiers de transferts des patients qui insistent pour recevoir l'aide médicale à mourir, mais il n'est pas question d'offrir le service.

Un homme en entrevue au coin d'une rue, devant des arbresLe vice-président à l'éthique des soins de la régie de santé Providence, Christopher De Bono. Photo : Radio-Canada / Frédéric Gagnon

« Ce serait difficile pour une organisation catholique d'offrir un service qui met intentionnellement fin à la vie d'un patient. Nous reconnaissons qu'il s'agit d'une option pour certains, mais cela ne va pas du tout avec notre mission », explique M. De Bono. L'hôpital s'engage à offrir des soins palliatifs qu'il qualifie de robustes.

Pas assez

Des excuses et une amélioration du système de transfert ne suffisent pas selon l'organisme Mourir dans la dignité Canada et sa directrice Shanaaz Gokool.

L'organisme croit que tous les hôpitaux financés par le public se doivent d'offrir l'aide médicale à mourir et que le transfert de patients en fin de vie va à l'encontre de leur dignité. Elle croit que la question doit se retrouver devant les tribunaux. « Ces hôpitaux sont-ils agents du gouvernement, comme nous le croyons, et donc soumis à la Charte canadienne des droits et liberté? C'est la question à laquelle on doit répondre le plus rapidement possible », avance la directrice.

L'organisme se préoccupe de ces transferts de patients en fin de vie et souhaite que les provinces et les territoires qui financent les hôpitaux s'assurent que les services y soient offerts.

Colombie-Britannique et Yukon

Aide médicale à mourir