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Regina prend-elle soin de son centre-ville?

Magasins vides sur la 11e avenue à Regina.

À quelques coins de rue du centre commercial Cornwall, les locaux de la 11e Avenue restent inoccupés.

Photo : Radio-Canada / Anne-Hélène Mai

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Alors que la ville de Regina est en pleine expansion, le conseiller municipal Andrew Stevens s'inquiète de la santé du centre-ville de la capitale saskatchewanaise.

Un reportage d'Anne-Hélène Mai

Andrew Stevens est insatisfait de la façon dont la ville répartit ses ressources. Elle n'en consacre pas assez au développement du centre-ville, selon lui.

« On fait une fixation sur l’étalement urbain et les espaces verts », dit-il. « D'énormes sommes d’argent sont investies là-dedans. J’aimerais que l’on freine la croissance vers l’extérieur et qu’on accorde autant d’attention politique au noyau et aux communautés environnantes. »

Andrews Steven dans le parc Victoria à Regina.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Andrew Stevens est conseiller municipal pour le District 3 à Regina depuis 2016.

Photo : Radio-Canada / Anne-Hélène Mai

Chercheur et professeur à la faculté de gestion d’entreprise de l’Université de Regina, il se dit fier résident du quartier Cathedral. Il a été élu conseiller municipal du District 3 en 2016.

Les centres-ville, dans cette province, ont été oubliés.

Andrew Stevens, conseiller municipal du District 3 à Regina

Selon lui, les représentants politiques ne font pas assez valoir Regina et son centre-ville comme lieux à visiter dans la province et au Canada.

D’après Linely Schaefer, responsable des ventes de la société immobilière ICR, le manque d’achalandage rend la vie difficile pour les commerçants. Il explique que les rues ne sont pas assez fréquentées après 17 h en semaine pour que les boutiques prospèrent. « Les affaires des commerces sont pour la plupart, soit à peu près rentables, soit à la limite du déficit », constate-t-il.

Le problème du stationnement

Linely Schaefer gère plusieurs biens immobiliers dans le centre-ville de Regina, dont des locaux à louer, situés rue Scarth et 11e Avenue.

Structures décoratives métalliques sur la 12e avenue, devant des espaces commerciaux qui semblent laissés à l'abandon et sont recouverts de graffiti.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Pour Linely Schaefer, les locaux de la 12e avenue qui borde le parc Victoria ne se louent tout simplement pas.

Photo : Radio-Canada / Anne-Hélène Mai

« C’est clair et net, la 12e Avenue ne fonctionne pas », dit-il. Il critique notamment les coûts de stationnement : « Pourquoi aller au centre-ville si on peut trouver un grand magasin avec un immense parc de stationnement? » Il ajoute que la circulation d’autobus dans la 11e Avenue diminue les espaces où se garer.

Andrew Stevens déplore sa part de cette culture de l'automobile.

Il y a cette idée fixe, dans les villes des Prairies, où tout le monde utilise son auto, que si on ne trouve pas de place pour sa voiture, on n’y va pas. Cela doit cesser.

Andrew Stevens, conseiller municipal du District 3 à Regina

Pour Aaron A. Murray, vice-président d'un groupe chargé d'améliorer la situation des commerces du centre-ville, la gestion des places de stationnement est un vrai casse-tête : « On pourrait enlever tous les parcomètres, tout le monde serait content, mais le jour suivant, il n’y aurait plus aucune place pour se garer. »

Aaron A. Murray devant les bureaux du Regina Downtown Business Improvement DistrictAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Aaron A. Murray est co-propriétaire du bar The Fat Badger et vice-président de Regina Downtown Business Improvement District.

Photo : Radio-Canada / Anne-Hélène Mai

Un produit différent et incitatif

Pour Aaron A. Murray, le centre-ville a grandement gagné en vitalité ces quatre dernières années. « Ce qui manquait, c’était l’économie en soirée », explique-t-il. « Ceux qui passent leur journée au centre-ville au bureau ne veulent pas nécessairement rester là après leur journée de travail. »

M. Murray, qui est aussi copropriétaire du bar Fat Badger, se donne pour mission de faire vivre une expérience distincte aux visiteurs du centre-ville. « Nous sommes dans une ville où il fait froid. Il doit y avoir une sorte de récompense pour ceux qui parviennent à sortir de chez eux », suggère-t-il.

Nouveaux quartiers

Le maire de Regina, Michael Fougere, avait expliqué en octobre 2017 que son « plan de développement est à 70 % pour de l’expansion et à 30 % pour le remplissage ».

Il veut faire de Regina une ville de plus de 300 000 habitants d'ici les 30 prochaines années.

Son plan semble porter fruit : dans son enquête sur le commerce de détail de 2017, l'ICR indique que la demande pour de l’espace de vente dans les quartiers émergents est de plus en plus forte. Selon la société immobilière, le développement économique y est en pleine expansion et devrait continuer sur sa lancée encore pendant quelques années.

Tour à bureau dont les espaces sont vides. Une pancarte "à louer" est accrochée à la fenêtre.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le conseiller municipal Andrew Stevens est lassé du manque d'attention que la Ville accorde au centre-ville de Regina.

Photo : Radio-Canada / Anne-Hélène Mai

Pour Andrew Stevens, le nombre impressionnant de locaux vacants au centre-ville est le signe qu’il n’est a pas nécessaire d'ajouter plus d’espace ailleurs à Regina.

Il maintient que le centre-ville, « c’est le coeur de la ville et devrait l’être pour tout le monde ».

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