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Une représentation du satellite japonais Hitomi .

Le satellite japonais Hitomi est un télescope spatial à rayons X développé par l'agence d'exploration aérospatiale japonaise (JAXA) et lancé le 17 février 2016.

Photo : Agence d'exploration aérospatiale japonaise/JAXA

Radio-Canada

Le nombre de satellites en orbite autour de la Terre a augmenté exponentiellement depuis une vingtaine d'années. Dans les années 60, moins d'une dizaine de pays en disposaient, aujourd'hui une cinquantaine d'États en ont, mais leur degré de maîtrise de la technologie est très variable.

Un texte de Ximena Sampson


Carte des pays du monde selon le nombre de satellites qu'ils possèdent.

Nombre de satellites dans le monde.

Photo : Radio-Canada / Union of Concerned Scientists

Note : 105 autres satellites non situés sur la carte sont le résultat de la collaboration entre plusieurs pays.

Source : Union of Concerned Scientists

La version originale de ce document a été modifiée. Pour des raisons techniques, la version interactive de la carte n'est plus disponible.


Puissance et prestige

Depuis la mise en orbite par l'ex-URSS de Spoutnik, le 4 octobre 1957, plus de 5500 lancements de satellites ont été effectués. Au début, la course à l’espace s’est disputée entre les Russes et les Américains, mais au fil des ans d’autres joueurs sont entrés en scène.

C'est le cas de plusieurs pays européens, mais aussi de puissances comme le Japon, la Chine, l’Inde et Israël, et, plus récemment, l’Iran, la Corée du Nord et la Corée du Sud, qui sont maintenant capables de développer leurs propres satellites et de les lancer par eux-mêmes.

Qu’est-ce qui pousse les pays à vouloir se faire une place dans l'espace?

C'est une démonstration de puissance.

Florence Gaillard-Sborowsky, chargée de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique

« Un objet spatial est un symbole de fierté nationale, un affichage de modernité, de compétence et d’ambition », soutient Florence Gaillard-Sborowsky, chargée de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique, à Paris.

« Il y a toujours une instrumentalisation politique de la technologie spatiale aux fins de reconnaissance nationale, régionale ou internationale », ajoute-t-elle.

Xi Jinping lève la main.

Le président chinois Xi Jinping au 19e congrès du Parti communiste chinois en compagnie de 2300 délégués du parti.

Photo : Reuters / Jason Lee

C’est le cas notamment pour la Chine. Lors de l’ouverture du plus récent congrès du Parti communiste, en octobre dernier, le président chinois, Xi Jinping, a clairement énoncé l'objectif de faire de son pays une puissance spatiale.

D'ici 2045, la Chine désire rivaliser avec les États-Unis dans l'espace.

D’autres États se contentent d’acquérir la technologie sans nécessairement la dominer. Ils achètent donc des satellites pour les télécommunications ou l’observation de la Terre, mais ce ne sont pas eux qui les produisent ni les lancent.

C’est ce qu’ont fait le Maroc et l’Angola, qui viennent tout récemment de lancer des satellites achetés, respectivement, aux Européens et aux Russes.

Pour leur part, l’Algérie, l’Afrique du Sud et le Brésil souhaitent coopérer avec des États qui possèdent la technologie afin d’amorcer un transfert de connaissances, souligne Mme Gaillard-Sborowsky.

Les différentes orbites

  • Certains satellites sont en orbite géostationnaire (GEO), à environ 36 000 km de la Terre. Ils se déplacent à la même vitesse que cette dernière et se maintiennent donc toujours au même endroit par rapport à un pays donné. Les satellites de communication et d'observation des conditions météorologiques sont situés sur de telles orbites.
  • D’autres, à environ 14 000 km de la Terre, en orbite moyenne (MEO), tournent plus vite que cette dernière. Ils sont surtout utilisés pour le positionnement GPS et la navigation.
  • D’autres enfin sont en orbite basse (LEO), entre 200 et 2000 km au-dessus de nos têtes. Ce sont des satellites d’observation de la Terre. Ils en font le tour environ 15 fois par jour. C’est le cas de la Station spatiale internationale.

Source : Agence spatiale canadienne

La place du privé

Outre cette relative démocratisation de l’accès à l’espace, un autre phénomène récent est l’apparition d’acteurs privés, affirme Florence Gaillard-Sborowsky. Alors que, pendant des décennies, les gouvernements investissaient dans les technologies spatiales, depuis les années 2000, des acteurs privés se positionnent eux aussi dans ce domaine.

Un des plus actifs est SpaceX, du millionnaire Elon Musk, qui est parvenu à se tailler une place importante grâce à sa fusée Falcon 9. L’entreprise a procédé à une quinzaine de lancements réussis en 2017.

C’est d’ailleurs SpaceX qui exécutera le lancement de la constellation RADARSAT, de l’Agence spatiale canadienne, dans le courant de l’année. SpaceX a également réalisé plusieurs missions de ravitaillement pour la Station spatiale internationale.

Les risques

Avec tous ces objets en orbite au-dessus de nous, faut-il craindre qu'ils nous tombent sur la tête? Pas vraiment, croit Michel Doyon, gestionnaire des opérations de vol à l’Agence spatiale canadienne. « La majeure partie des débris se désagrègent en rentrant dans l’atmosphère », explique-t-il.

Certains métaux employés dans les lanceurs, comme le titanium, qui résistent à des températures très élevées, peuvent traverser l’atmosphère, mais les risques sont infimes de les voir retomber dans des zones habitées, selon lui. « Les chances que ça tombe sur quelqu’un sont très très faibles. Habituellement, ça tombe dans la mer. »

Un autre problème plus grave est celui des débris spatiaux en orbite autour de la Terre qui risquent d’entrer en collision les uns avec les autres. « Tous les pays qui ont un rôle dans l’espace s’en préoccupent et tentent de trouver des solutions », affirme-t-il.

Des déchets en orbite autour de la Terre

Photo : La Presse canadienne

On essaie d’abord d’éviter la prolifération de ces déchets, entre autres à travers le travail collaboratif au sein du Comité des Nations unies sur l'utilisation pacifique de l'espace extra-atmosphérique (COPUOS).

On ne peut pas lancer n’importe quoi dans l’espace. Ce n’est pas le Far West.

Michel Doyon, gestionnaire des opérations de vol à l’Agence spatiale canadienne

Les opérateurs sont notamment tenus de s’assurer que leur fournisseur de satellites dispose d’un plan pour gérer ces derniers une fois qu'ils seront dans l’espace.

C’est justement la fonction du Joint Space Operations Center (Centre d'opérations spatiales conjoint) d’identifier et de suivre à la trace les 23 000 objets artificiels de plus de 10 cm qui sont en orbite autour de la Terre. S’il y a un risque de collision, une alerte prévient les opérateurs de satellites afin qu’ils puissent programmer des manœuvres d’évitement.

Il y a déjà quelque 8500 satellites opérationnels et non opérationnels en orbite dans l'espace et on prévoit le lancement de 6000 autres (dont plusieurs nanosatellites) au cours de la prochaine décennie.

Les technologies pour nettoyer l’espace sont très complexes et, pour l’instant, aucune solution miracle n'a été trouvée.

Florence Gaillard-Sborowsky, chargée de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique

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