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Cogeco souhaite prendre de l'expansion aux États-Unis

Louis Audet, PDG de Cogeco, lors d'une assemblée annuelle de ses actionnaires
Louis Audet, PDG de Cogeco, lors d'une assemblée annuelle de ses actionnaires Photo: La Presse canadienne / Paul Chiasson
La Presse canadienne

Cogeco Communications ambitionne toujours de croître aux États-Unis, où les occasions sont plus alléchantes, mais avant de procéder à d'autres acquisitions, l'entreprise s'affairera à réduire son niveau d'endettement.

« Pour l'instant, c'est l'engagement que nous avons pris auprès de nos actionnaires », a affirmé jeudi le président et chef de la direction de l'entreprise de télécommunications, Louis Audet, en marge de l'assemblée annuelle, à Montréal.

Le ratio d'endettement est actuellement d'environ 3,6 fois le bénéfice d'exploitation ajusté, alors que la « zone de confort » est plutôt autour de trois fois les bénéfices, a-t-il expliqué.

Déjà propriétaire d'Atlantic Broadband au sud de la frontière, Cogeco Communications vient de finaliser l'acquisition de MetroCast dans le cadre d'une transaction de 1,4 milliard de dollars américains annoncée l'an dernier, sa plus importante depuis sa fondation il y a 60 ans.

Cet achat a permis à la filiale de Cogeco d'étendre sa présence dans 11 États, dont la Floride, situés dans l'est des États-Unis.

Au cours des 18 prochains mois, les liquidités générées par l'entreprise seront consacrées à la réduction de sa dette, a expliqué M. Audet, qui n'a toutefois pas écarté la possibilité de réaliser des transactions de moins grande envergure si l'occasion se présente.

« Il faut quand même faire preuve d'opportunisme, parce quand quelqu'un est vendeur, il faut s'en occuper », a-t-il souligné.

Si les géants américains préfèrent se concentrer sur de grandes villes comme New York, Boston et San Francisco, l'entreprise québécoise a plutôt les yeux sur de moins grandes agglomérations où la concurrence est plus fragmentée.

Estimant que les possibilités de croissance sont très limitées au Canada, le grand patron de Cogeco souhaite continuer à prendre de l'expansion aux États-Unis, où l'entreprise génère environ 35 % de son chiffre d'affaires.

Il a également vanté la réforme fiscale récemment mise de l'avant par l'administration Trump, qui, selon l'entreprise québécoise, devrait lui permettre de repousser jusqu'à 2025 des paiements au fisc américain qui devaient débuter vers 2019.

Sans fournir de données précises, M. Audet a concédé que la diminution du taux d'imposition des entreprises aux États-Unis permettra à Cogeco et ses filiales d'économiser des millions de dollars.

« Cela ajoute plus de 5 $ à la valeur de nos actions », a-t-il affirmé, reconnaissant au passage que cette prime ne se reflétait pas dans les cours actuels des titres de Cogeco et Cogeco Communications.

Peu inquiet

Interrogé, l'homme d'affaires québécois a par ailleurs minimisé les effets d'une vente éventuelle par Rogers Communications de ses participations dans Cogeco et sa filiale.

Ce scénario avait été évoqué le mois dernier par le chef de la direction financière du conglomérat torontois, Tony Staffieri, qui avait également laissé entendre que la société pourrait se départir de son club de baseball professionnel, les Blue Jays de Toronto, afin de libérer des capitaux qu'elle pourrait ainsi destiner à ses principales activités de communications.

« Pour nous, cela ne change pas grand-chose, a dit M. Audet. C'est un gros joueur, mais il ne jouit d'aucun vote et d'aucune information privilégiée. Pour Rogers, c'est du capital dormant. Ce montant pourrait générer d'autres choses plus rentables plutôt que de seulement recevoir un dividende de notre part. »

D'après les dernières circulaires de sollicitations envoyées aux actionnaires, Rogers détient près de 5,97 millions d'actions subalternes à droit de vote de Cogeco, soit environ 40,7 % de ces titres en circulation. L'entreprise possède également 31,6 %, ou 10,69 millions des actions subalternes à droit de vote, de Cogeco Communications.

Premier trimestre

Le rendez-vous annuel de Cogeco et de sa filiale se tenait au lendemain du dévoilement des résultats du premier trimestre des deux entités.

Cogeco Communications a vu ses profits grimper de 2 %, à 76,5 millions de dollars, ou 1,55 $ par action, un résultat surtout attribuable à la progression des services Internet au pays. Ses revenus ont été de 553,6 millions, en hausse de 0,8 %. Cette performance trimestrielle s'est avérée relativement conforme aux attentes des analystes.

Du côté de la société mère, le bénéfice est demeuré essentiellement inchangé à 81,8 millions, tandis que les revenus ont affiché une croissance de 0,5 %, s'établissant à 586,1 millions.

À la Bourse de Toronto, le titre de Cogeco se négociait en après-midi à 86,50 $, en recul de 2,08 %, alors que l'action de Cogeco Communications cotait à 82,66 $, en baisse de 3,1 %.

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